Autant il y a des films pour lesquels on piaffait d’impatience, autant ce film Ukrainien de Sergei Loznitsa ne nous faisait vraiment pas envie. Il faut dire que le réalisateur ne met pas tout les atouts de son côté puisqu’il nous propose une histoire de résistants pendant la seconde guerre mondiale. Pour un polonais on en attendait pas moins. Restait à voir si le film malgré un sujet très lourd il parviendrait à nous intéresser. Nous répondrons en déclinant une citation du grand Woody Allen « Quand on voit ce film, on envie de ré envahir la Pologne ! ». Récit embrumé (et peut être légèrement inexact) d’une séance soporifique.
Synopsis : Une forêt. Deux résistants. Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ? Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.
Le film commence et dés les premières minutes on comprend ce qui nous attend. Deux hommes armés approchent dans la nuit d’une cabane isolée pour capturer un homme et le fusiller. Là où n’importe quel réalisateur qui pense à son public. mettrait 7 minutes maximum, Loznitsa en met quinze pour faire arriver les bonhommes à la cabane. Une fois à l’intérieur, tous se regardent longuement et se dévisagent. Parmi les répliques espacées d’environ 3 minutes chacune (ça fait longuet la conversation) on entendra de grandes vérités sur la vie telles que « Tout va bien avec le lard…surtout les oignons ! » Et ben mon vieux nous v’la bien tient ! Un proverbe ukrainien sur le lard !
Pour le coup on comprend mieux la vanne de La cité de la peur sur le film « Cafard d’Automne » du moldave Mevatlavé Kraspeck, la nuance c’est qu’on est pris au piège dans la salle !
Dans de telles conditions, comme pendant les froids extrême où le corps se met en hypothermie, notre organisme s’est défendu comme il a pu, et nous nous sommes endormis…
Réveillés en sursaut par une explosion de voiture dans le film, nous voila la bave au coin des lèvres en train de réaliser qu’on est toujours coincés dans cette enfer cinématographique. On cherche de l’aide auprès de notre voisine de droite mais celle-ci ronfle, affolé on essaie à gauche mais le pauvre homme s’est évanoui, le chanceux !
Résignés on s’y recolle. Souchénia (si, si c’est un prénom) a échappé à la mort mais s’est fait capturé par des allemands (pas doué le gars). Ceux-ci lui laissent la vie sauve on ne sait pas trop pourquoi. En tout cas pendant qu’on dormait il y en a un des deux du début qui s’est fait descendre et qui agonise au pied d’un arbre. Tandis que le bougre re-pénètre dans la forêt, étant donné le rythme toujours aussi effréné du film ,(on comprend mieux pourquoi il dure 2h10), nos paupières se referment.
On imagine un monde meilleur peuplé de films divertissants et un minimum rythmés, ö joie ! Mais nous sommes tirés de notre léthargie par un bruit sourd. Ça y est l’inévitable est arrivé, un homme vient de se jeter du balcon pour mettre fin à ses souffrances ! Quelques instants plus tard un hurlement. Une spectatrice vient de s’arracher les yeux pour ne plus voir l’écran. La malheureuse est sortie en urgence par des pompiers équipés de masques anti ennuis profond.

“Salut mec ça va ?”
“Bof pas trop j’suis en train de mourir je crois”
“Ah ok…On peut papoter cinq minutes sinon ?”
Traumatisés on referme les yeux et on essaie de se rendormir. Victoire, nos sens se mettent de nouveau en hibernation. Ce seront des coups de feux du film qui nous réveillerons cette fois ci. A l’écran Souchénia se coltine le mec au pied de l’arbre d’avant, celui là même qui au début du film voulait le buter, et qui maintenant a clamsé.
Mais il refuse de le laisser en proie aux corbeaux (pas rancunier le gars !). Et apparemment en Pologne il ya des corbeaux partout parce qu’il se le trimballe un bon moment le macchabé. Et puis là, le second gars qui voulait le fusiller au début et qui s’apprête à le buter pour de bon se fait descendre par des allemands.
Souchénia s’échappe avec le cadavre sur le dos (ne riez pas, c’est vrai !) puis s’assoit et sort son revolver, la brume envahit l’écran et paf ! Ce con qui a survécu à tout se tire une balle ! Ah ben c’était bien la peine de montrer comment il s’en sort pendant des plombes tiens !
Le film se termine, la lumière se rallume, un homme en flamme passe à coté de nous en courant, tandis qu’un autre se cogne la tête contre un mur en pleurant. L’équipe du film elle se lève et pleure. Nous aussi..Mais pas pour les mêmes raisons !
DANS LA BRUME une épreuve filmée par Sergueï Loznitsa avec Vladimir Svirski, VladAbashin, Sergueï Kolesov, Vlad Ivanov…
Au cinéma le 31 Octobre 2012
Pr Wicked










