Cannes 2012 – Dans la brume…du sommeil

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Autant il y a des films pour lesquels on piaffait d’impatience, autant ce film Ukrainien de Sergei Loznitsa ne nous faisait vraiment pas envie. Il faut dire que le réalisateur ne met pas tout les atouts de son côté puisqu’il nous propose une histoire de résistants pendant la seconde guerre mondiale. Pour un polonais on en attendait pas moins. Restait à voir si le film malgré un sujet très lourd il parviendrait à nous intéresser. Nous répondrons en déclinant une citation du grand Woody Allen « Quand on voit ce film, on envie de ré envahir la Pologne ! ». Récit embrumé (et peut être légèrement inexact) d’une séance soporifique.

Synopsis : Une forêt. Deux résistants. Un homme à abattre, accusé à tort de collaboration. Comment faire un choix moral dans des circonstances où la morale n’existe plus ? Durant la Seconde Guerre mondiale, personne n’est innocent.

Le film commence et dés les premières minutes on comprend ce qui nous attend. Deux hommes armés approchent dans la nuit d’une cabane isolée pour capturer un homme et le fusiller. Là où n’importe quel réalisateur qui pense à son public. mettrait 7 minutes maximum, Loznitsa en met quinze pour faire arriver les bonhommes à la cabane. Une fois à l’intérieur, tous se regardent longuement et se dévisagent. Parmi les répliques espacées d’environ 3 minutes chacune (ça fait longuet la conversation) on entendra de grandes vérités sur la vie telles que « Tout va bien avec le lard…surtout les oignons ! » Et ben mon vieux nous v’la bien tient ! Un proverbe ukrainien sur le lard ! 
Pour le coup on comprend mieux la vanne de La cité de la peur sur le film « Cafard d’Automne » du moldave Mevatlavé Kraspeck, la nuance c’est qu’on est pris au piège dans la salle !

Dans de telles conditions, comme pendant les froids extrême où le corps se met en hypothermie, notre organisme s’est défendu comme il a pu, et nous nous sommes endormis…
Réveillés en sursaut par une explosion de voiture dans le film, nous voila la bave au coin des lèvres en train de réaliser qu’on est toujours coincés dans cette enfer cinématographique. On cherche de l’aide auprès de notre voisine de droite mais celle-ci ronfle, affolé on essaie à gauche mais le pauvre homme s’est évanoui, le chanceux !

Résignés on s’y recolle. Souchénia (si, si c’est un prénom) a échappé à la mort mais s’est fait capturé par des allemands (pas doué le gars). Ceux-ci lui laissent la vie sauve on ne sait pas trop pourquoi. En tout cas pendant qu’on dormait il y en a un des deux du début qui s’est fait descendre et qui agonise au pied d’un arbre. Tandis que le bougre re-pénètre dans la forêt, étant donné le rythme toujours aussi effréné du film ,(on comprend mieux pourquoi il dure 2h10), nos paupières se referment.

Lui, il s’en prend plein la gueule et il n’en veut à personne…le bon gars quoi

 On imagine un monde meilleur peuplé de films divertissants et un minimum rythmés, ö joie ! Mais nous sommes tirés de notre léthargie par un bruit sourd. Ça y est l’inévitable est arrivé, un homme vient de se jeter du balcon pour mettre fin à ses souffrances ! Quelques instants plus tard un hurlement. Une spectatrice vient de s’arracher les yeux pour ne plus voir l’écran. La malheureuse est sortie en urgence par des pompiers équipés de masques anti ennuis profond.

“Salut mec ça va ?”
“Bof pas trop j’suis en train de mourir je crois”
“Ah ok…On peut papoter cinq minutes sinon ?”

Traumatisés on referme les yeux et on essaie de se rendormir. Victoire, nos sens se mettent de nouveau en hibernation. Ce seront des coups de feux du film qui nous réveillerons cette fois ci. A l’écran Souchénia se coltine le mec au pied de l’arbre d’avant, celui là même qui au début du film voulait le buter, et qui maintenant a clamsé.
Mais il refuse de le laisser en proie aux corbeaux (pas rancunier le gars !). Et apparemment en Pologne il ya des corbeaux partout parce qu’il se le trimballe un bon moment le macchabé. Et puis là, le second gars qui voulait le fusiller au début et qui s’apprête à le buter pour de bon se fait descendre par des allemands.

Souchénia il a un hobby rigolo, c’est transporter les morts sur son dos. Pourquoi pas…

 Souchénia s’échappe avec le cadavre sur le dos (ne riez pas, c’est vrai !) puis s’assoit et sort son revolver, la brume envahit l’écran et paf ! Ce con qui a survécu à tout se tire une balle ! Ah ben c’était bien la peine de montrer comment il s’en sort pendant des plombes tiens !

Le film se termine, la lumière se rallume, un homme en flamme passe à coté de nous en courant, tandis qu’un autre se cogne la tête contre un mur en pleurant. L’équipe du film elle se lève et pleure. Nous aussi..Mais pas pour les mêmes raisons !

DANS LA BRUME une épreuve filmée par Sergueï Loznitsa avec Vladimir Svirski, VladAbashin, Sergueï Kolesov, Vlad Ivanov…
Au cinéma le 31 Octobre 2012 

Pr Wicked

Cannes 2012 – La part des anges de ken Loach – Kilts, whisky et petites combines

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Le cinéma de Ken Loach est de ceux que l’on reconnait rien qu’en en lisant le sujet. Des familles du Royaume Uni en proie à des difficultés financières qui arrivent à garder la tête hors de l’eau grâce à l’entraidedes amis et au système D. Le cinéma de Loach c’est celui de l’amitié contre le capitalisme. A ce titre, on peut lui reprocher de « faire du Loach », mais jamais de manquer de sincérité. Et c’est cette foi inébranlable en ces sujets qui font la force de ses films. La part des Anges non seulement s’inscrit parfaitement dans sa filmographie mais en plus nous fait rire énormément, dénué du pathos de certain de ses films. Un excellent divertissement sur fond social.

Synopsis: A Glasgow, Robbie, tout jeune père de famille, est constamment rattrapé par son passé de délinquant. Echappant de justesse à la prison il écope d’une peine de travaux d’intérêts généraux. Henri, l’éducateur qu’on lui a assignélui fait découvrir l’art du whisky.
De distilleries en séances de dégustation huppées, Robbie se découvre un réel talent de dégustateur. Avec trois de ses compères, Robbie va tenter de sortir de sa condition en montant un plan audacieux.

Ca commence comme un Loach classique. Un petit malfrat qui vivote avec sa compagne enceinte, lasse de cette vie médiocre, un beau père menaçant, des beaux frères violents. Bref la vie ne sourit pas à Robbie.
Ce qui est très appréciable c’est que contrairement à ces films précédents (My name is Joe, Sweet sixteen ), Loach utilise ici le ton de la comédie, plus proche par exemple de son génial de Raining stones. C’est d’ailleurs à vrai dire son premier film aussi drôle. Là où il s’attardait sur les moments pénibles des vies des jeunes anglais au chomage, Loach montre ici qu’il y a aussi des moments où ils s’amusent.
Ces quatre bras cassés qui organisent un casse improbable sont si drôles que leurs péripéties en sont d’autant plus attachantes. Un choix scénaristique futé qui désamorce la tension installée au début du film décrivant la persécution de Robbie par sa belle famille. Car Robbie a à ses côté son éducateur Henri, un gros moustachu sympathique à la bienveillance paternelle. Henri c’est la part d’ange que réserve la vie à Robbie. Un ange gardien qui le sort de la panade à plusieurs reprises et à qui il devra beaucoup. Encore une fois l’entraide est au cœur du cinéma de Ken Loach. Et en ces temps de crise cela procure un optimisme et un bien être fou.

La révolte typique des jeunes chez Loach, ici canalisée par un ange gardien amateur de Whisky

Ce qui est très agréable aussi c’est que La part des anges est à moitié un road movie. Et les voir prendre la route en kilts direction les distilleries de Whisky au son de LA chanson écossaise « I would walk 500 miles » par les Proclaimers, ça donne vraiment envie d’enfiler un kilt comme eux et de les suivre.
On pourra reprocher au film d’être trop convenu dans sa réalisation, et d’être trop classique, trop plat. Il est vrai que l’intrigue est très linéaire uniquement centré sur l’odyssée sociale de Robbie, sans s’interesser à ce qu’il ya autour.
Il n’empêche que La part des anges est un Feel good movie imparable qui vous fera taper du pied en rythme alors que le générique de fin reprendra joyeusement la chanson des Proclaimers.
Le grand théatre du palais des festivals lui retentissait des mains qui tapaient en rythme suivis d’une standing ovation pour un Ken Loach très ému.

Ken Loach lors de la projection du film au festival de Cannes

Au milieu d’une sélection officielle vraiment sombre, cette bluette optimiste et enjouée est très rafraichissante et devrait se démarquer du lot on l’espère lors de la cérémonie de clôture.

LA PART DES ANGES un film de Ken Loach Avec Roger Allam, Daniel Portman, John Henshaw, William Ruane
Au cinéma le 27 Juin 2012

Pr Wicked

Cannes 2012 – Cosmopolis – Les stats, et le vampire

Ce festival de Cannes a été une vraie débâcle pour la jeune génération d’acteurs qui tentait de changer son image proprette de stars pour ados. Kristen Stewart qui tente de s’encanailler Sur la route loin de Twilight a un rôle de potiche; Zac Effron, dans le calamiteux Paperboy, fait dans l’urophilie vulgaire pour s’éloigner de High School Musical. Quand au jeune Cronenberg fils, « Antiviral » n’a pas tenu ses promesses. Restait à voir le dernier de la liste, Robert «qui brille au soleil» Pattinson, dans Cosmopolis de Cronenberg père. En dehors de toute réalité, ce film est la vision dystopique du cinéaste de la crise financière mondiale. Bavard et lent, mais fascinant et hypnotique.

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Cannnes 2012 – Holy Motors de Leos Carax – Je joue donc je ne suis plus

 Au milieu d’une sélection parfois un peu molle du genou, Leos Carax avec son Holy Motors a fait trembler les murs du palais des festivals. Ce film concept, métaphore du métier d’acteur et des masques qu’il porte, tient un discours incroyable sur toute la schizophrénie et la perte d’identité que cet abandon de soi entraîne. Puissant, surréaliste, sensoriel plus que narratif: un coup de poing dingue dans cette sélection officielle.

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Cannes 2012 : Le grand soir – Anarchy in The Groland

Amis Grolandais réjouissez-vous ! Groland le film est arrivé. Car s’il ne s’appelle pas comme ça, Le grand soir n’est ni plus ni moins que le portage en long métrage de l’univers des gentils losers barrés mis en scène depuis vingt ans sur Canal+.  Benoît « Michael Kael » Delépine et Gustave « c’est à vous mon bon » Kervern mettent en scène deux frères complétement paumés, qui veulent changer la société. Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel forment un duo formidable qui dynamite le film, malgré un scénario un peu trop faible.

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Cannes 2012 – Sur la route- La panne d’essence

Le roman cultissime de Jack Kerouac  « Sur la route », bible des beatniks et œuvre fondatrice de la beat génération narre de manière romancée ses voyages à travers les États-Unis. Walter Salles réalisateur de Carnets de voyage traitant des voyages de Che Guevara semblait tout indiquer pour un road movie à fleur de peau, plein de fureur de vivre et de mal être juvénile. Entre une mise en scène anecdotique, des acteurs transparents et un manque évidents d’enjeux, ce film ôte à Sur la Route toute son essence et reste en rade.

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Cannes 2012 : Killing them softly- Requiem pour le film de gangsters

Si le nom d’Andrew Dominik vous est inconnu, il ne devrait pas le rester bien longtemps. Après un premier film magnifique (L’assassinat de jesse James par le lâche Robert Ford ) ce surdoué du cinéma revient avec une autre histoire de hors la loi, cette fois ci à notre époque. Plus précisément à l’air de la transition Bush/Obama s’offrant ainsi la déconstruction d’un autre mythe : la pègre, en prise ici à la recession économique. Une mise en scéne incroyablement stylisée, des séquences au lyrisme fou, Dominik prouve avec maitrîse et classe qu’il fait partie des grands.

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