La mort aux trousses – Un rêve américain

Amis de la dernière séance intergalactique, bonjour. Après la science fiction ( Le jour où la terre s’arrêta), et la cape et épée (Les trois mousquetaires) nous vous emmenons vers le thriller. Et pas n’importe lequel ! L’un des meilleurs films d’Alfred Hitchcock, ce qui n’est pas peu dire ! "La mort aux trousses" (1959) contient tous les ingrédients fétiches du maitre : humour, blonde fatale, héros embarqué malgré lui dans une intrigue folle et bien sûr suspens. Le film qui a lui seul résume la carrière américaine de Hitchcock. Taisez-vous ! Ça commence…

Synopsis : Le publiciste Roger Tornhill se retrouve par erreur pris pour un certain Georges Kaplan , espion pour le FBI . Entre une mystérieuse organisation qui cherche à le supprimer et la police qui le poursuit, Tornhill est dans une situation bien inconfortable. Il fuit à travers les Etats-Unis et part à la recherche d’une vérité qui se révèlera très surprenante.

La mort aux trousses est LE film emblématique de la carrière américaine d’Alfred Hitchcock. Plus que Psychose ou même Les oiseaux tournés successivement après ce film. Il est en effet le seul à couvrir autant de registres à la fois, chacun évoquant un pan de sa filmographie. On y trouve de l’espionnage (L’homme qui en savait trop), de la romance (Sueurs froides) , de la comédie (La main au collet) , du suspens (Le crime était presque parfait, et tous les autres) ) et y aborde même pour la première fois le thème de l’aventure. Une aventure qu’il n’envisage qu’a grande échelle à travers le territoire américain, d’où son titre original « North by Northwest ». rejoindre le nord (Rapid City) en empruntant le nord-est au départ de New York.

Romance, espionnage, humour, aventure. Le Hitchcock ultime

Et s’il y a bien quelque chose que maitrise Hitchcock c’est l’espace. Le cadre plus précisément. Profondeur de champ, plans séquences, gros plans, plans subjectifs, rien n’échappe à sa préparation titanesque du tournage dont il dessinait tout le storyboard avec minutie. Hitch démarrait toujours ses films de la même façon : avec une idée de scène. Une idée assez mystérieuse pour piquer la curiosité, ou surprendre. Il le confessait à François Truffaut lors de leurs célèbres entretiens, La mort aux trousses est partie de 2 envie de scènes : celle du héros poursuivi par un avion dans un champ, et un grand final sur les têtes du Mont Rushmore. Quitte à ce que ce que le ré"cit s’y adapte et soit gratuit. Preuve que la puissance visuelle de ces idées étaient pertinentes, ces deux scènes comptent parmi les plus célèbres de l’histoire du cinéma.

Final épique et sous tension dans un décor immense. Classique

Ce qui est fascinant dans La mort aux trousses c’est aussi sa ressemblance à un rêve, qui découle justement de la gratuité du récit. Si l’on n’y fait bien attention, rien ne fait vraiment sens. Pourquoi diable un homme pris pour un autre et qui échappe de justesse à la mort irait à a la recherche de celui pourquoi on l’a pris, plutôt que de rentrer chez lui ? D’autant plus que comme dans un rêve ce personnage existe, mais n’est en fait qu’une chimère. Il n’y a pas de Kaplan. Occupé à chassé un fantôme, Mr Thornill n’est lui non plus personne. Un lambda qui n’a rien a faire là. Observez bien le O au milieu de ses initiales de sa boite d’allumettes. Lui-même le dit « Ca ne signifie rien. » cet homme dont on méprend le nom, ne se préoccupe même pas de son identité véritable. Un fantôme qui chasse un autre fantôme dans un rêve qui ne fait aucun sens.

Exemple typique du style hitchockien, .Un O qui ne veux rien dire, mais épelle le mot ROT (pourrir en anglais) . Truculent jeu de mot gratuit d’un Hitchcock plaisantin

Hitchcock ne s’embrassera ici de son sacro saint Mc Guffin (le prétexte à l’aventure, l’élément déclencheur) qu’en toute fin avec une vague histoire de micro film expédiée en deux temps trois mouvements. Ce qui intéresse Hitchcock ce sont ses personnages, ses cadres, ses scènes, et le rythme du suspens. Ses cadres où il décide de mettre en scène l’opposé exact du meurtre crapuleux la nuit en ville un homme tirant sur autre. Lui trouve amusant de mettre Thornhill seul en rase campagne, en plein midi, attaqué par un avion. La scène est là encore totalement gratuite. Pourquoi donc l’attaquer par avion ? " Parce que ça donne une scène extraordinaire, j’ai la religion de la gratuité » répondait-il à cette question. Une scéne là encore surréaliste mais à l’efficacité redoutable. Cary Grant alla voir un jour Hitchcock pour se plaindre : « je fais des choses, mais elles n’ont pas de sens ! ». Tout est dit.

Simplement culte, et pourtant complétement surréaliste. L’art de manipuler le spectateur.

Il ne serait pas juste de ne pas évoquer le talent comique de Cary Grant, chouchou des comédies d’Howard hawks, qui insuffle au personnage tout son côté lunaire, et rêveur, en complet décalage avec l’intrigue d’espionnage à grande échelle dans laquelle il se retrouve malgré lui. Même sur le point de se faire descendre il trouve le moyen de se moquer de ses ravisseurs. Quand à James Mason, que voulez qu’on vous dise. Ce type est simplement l’un des acteurs les plus géniaux qu’on ait eu le privilége de voir au cinéma (Lolita, Jules César). Son Mr Van damme est le nec plus ultra en matière de méchant classieux et bien éduqué qui en inspireront bien d’autres ( Blofeld dans les James Bond, ou encore Hans Gruber dans Piège de Cristal)

L’humour de cary Grant, la classe de James mason, le bonheur du cinéma.

Rythmé, drôle, impressionant et se finissant sur la plus belle métaphore sexuelle de l’histoire du cinéma ( Aaah le train entrant dans le tunnel) , La mort aux trousses est tout simplement le meilleur film d’Alfred Hitchcock car le plus complet. Très peu de films peuvent mettre en place une intrigue si complexe et une fois le dénouement venu ne rien en résoudre, mais laissé malgré tout le spectateur complétement satisfait. Un classique qui fut d’une influence énorme et dont Truffaut disait que « les James Bond était des copies vulgaires et puériles ».

La mort aux trousses un film de Alfred Hitchcock Avec Cary Grant, Eva Marie Saint, James Mason

Pr Wicked

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