R.E.M – 1979/2011- Rideau, et Merci

« A nos Fans et Amis : en tant que REM, et en tant que amis et co-conspirateurs de toute une vie, nous avons décidé de mettre fin au groupe. Nous partons avec un grand sentiment de gratitude, d’aboutissement, et d’étonnement face à tout ce que nous avons accompli.
A quiconque a été un jour touché par notre musique, nos plus profonds remerciements pour votre écoute. R.E.M »
Tel était le message diffusé ce mercredi 21 septembre 2011 sur le site officiel du groupe, peu avant minuit, heure française. Les membres du groupe nous rassure :
Mike (bassiste): « Il n’y a pas de tension, pas de procès, de rancœurs. C’est une décision commune, et amicale. C’est juste que c’est l’heure. »
Michael Stipe (chanteur) : « Le talent dans une soirée c’est de savoir quand partir […] Nous espérons que nos fans réalisent que ça n’a pas été une décision facile à prendre, mais tout a une fin et nous voulions le faire bien. »

La nouvelle n’a pas fait l’effet d’une bombe. Elle s’est répandue silencieusement dans la nuit, simplement, calmement. Mais sûrement. Comme la musique que ce groupe de rock alternatif américain nous distille dans les oreilles depuis 1979. Ils nous accompagnent depuis si longtemps sans jamais trop en faire…

La voix de Michael Stipe, tellement familière. Le typique du groupe, caractérisé par la guitare électro-acoustique tantôt très rock à vous en faire secouer la tête, tantôt mélodieuse, calme et chaude, comme une bonne couette qui vient vous recouvrir un soir de neige.

R.E.M est, à n’en pas douter, le plus discret des groupes planétaires.
Si discret, qu’on peut même se dire si l’on n’est pas particulièrement fan « Ah, ils arrêtent ? Mais ça fait un moment qu’ils ne faisaient plus rien, non ? » Que nenni ! Un de leurs meilleurs albums, et donc le dernier, Collapse into now est sorti en ce début d’année 2011. Une sortie de scène toute en discrétion, comme l’aura été finalement l’ensemble de leur carrière.

Rapid Eye Movement

Ce mouvement rapide des yeux qui caractérise le sommeil paradoxal, le groupe ne s’est pas trompé en le choisissant comme nom.
Il résume parfaitement leur style, si calme et pourtant si vivant.
Oui, mais alors en dehors des ultra connus Shiny happy people, Everybody hurts et Losing my religion, R.E.M ils ont fait quoi ?
C’est en 1987 que le groupe perce réellement, après 8 ans d’existence. Signé chez la  Warner, ils sortent du carcan underground des radios branchés de campus, pour arriver sur les ondes nationales avec le single The one i love. Commencera alors une période faste d’albums fabuleux, parus entre 1988 et 1997 :

Green sorti en 1988


On retiendra surtout de cet album le single Stand, qui donne envie de marcher avec entrain dans la rue,  en souriant béatement.

Puis Out of time très acoustique, qui reçu 3 Grammy Awards en 1991

Avec les incontournables Losing my religion et Shiny happy people, qui ont marqué toute une génération.

Vint ensuite Automatic for the people en 1992, énorme succès

On y trouve les magnifiques Everybody hurts, Man on the moon, Drive, et Nightswimming

 

L’album suivant sera Monster  en 1994  beaucoup plus électrique.

Le réjouissant What’s the frequency, Kenneth  en donne le ton dès la première chanson

New Adventures in hi-fi, 1996, est leur album le plus salué par la critique, à juste titre.

Cet album aux morceaux de styles très variés peut sonner comme un mélange des différents tons des précédents albums, tous réunis sur celui ci.
L’exemple le plus évident est le riff dévastateur de Leave, ultra rock, pourtant accompagné par une mélodie douce et un chant tout en délicatesse de la voix cassée de Michael Stipe. Un petit bijou.

Up, paru en 1997, marque l’arrivée d’un son plus symphonique, avec des violons et un ton tant aérien que lumineux.

Avec des singles tels que Lotus, Daysleeper,  At my most beautiful, Up est aussi indispensable que New Adventures in Hi-fi.

 Les albums suivants (Reveal-2001, Around the sun-2004, et Accelerate– 2008) seront moins marquants.

Si vous manquez de temps, et que vous ne voulez que l’essentiel de R.E.M, pas de panique, le best of  In time-1988/2003 est là pour vous, presque tous les morceaux précités y sont présents .

 

Collapse into now /2011. Le chant du cygne

Absolument rien à jeter sur cette pépite. On attaque avec les morceaux très pêchus que sont Discoverer, et le détonnant All the best qui ne laisse même pas une seconde d’introduction à l’auditeur. La guitare attaque direct et le rythme reste soutenu jusqu’à la dernière seconde de cette chanson qui se termine 2min 45 plus tard, aussi nette qu’elle a commencé, nous laissant étourdis de joie dans les oreilles.

Pas seulement parfaits sur les morceaux rock, ils passent à une session de morceaux entre folk et pop.
Tout d’abord Überlin, écrite à Berlin donc, comme le reste de l’album. Idéale à avoir dans son casque, la tête appuyée sur une vitre de train, en regardant le paysage défiler, transporté par cette mélodie contemplative. Vient ensuite ma préférée : Oh my heart. La guitare électro-acoustique habituelle de REM à laquelle viennent s’ajouter des mandolines, un accordéon. On pense à Everybody hurts mais en moins 80’s, en plus mûr. Un travail d’orfèvre poignant qui colle des frissons. Hasard ou coïncidence (ou malice…), le groupe enchaîne avecIt happened today, plus rythmée que la précédente, et qui rappelle Losing my religion en plus abouti également. On sent l’expérience. Et on savoure. Petits plaisantins qu’ils sont, Michael et ses potes nous réveillent de cette rêverie avec un bon coup de guitare qu’ouvre Mine smell like honey.
Ils alterneront alors chanson calme et rapide jusqu’au final, Blue, morceau un peu expérimental qui se termine avec les accords qui débutaient Discoverer, le premier morceau,
bouclant ce petit trésor par là où il avait débuté. Pas grave on a envie de le réécouter de toute façon, encore et encore.
R.E.M nous avait réservé leur meilleur album pour la fin. En 2011. Nous donnant la même année deux raisons de leur dire merci :
Pour cet album bilan, qui résume tellement bien par le son et les ambiances l’ensemble de leur carrière.
Et pour nous avoir accompagné quand nous grandissions, à toujours être là, dans la radio, l’air de rien.
Rideau. Et Merci.

Pr Wicked

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