Cabaret New Burlesque, La tournée. It’s Showtime !

A priori, rien ne laissait prévoir jusque-là que votre canapé préféré s’intéresserait à un spectacle de music-hall, qui plus est de strip-tease.
Il faut dire que les clichés en la matière sont légions. En France, quand on pense cabaret, effeuillage, les images du Moulin Rouge et des Folies Bergères viennent immédiatement en tête, avec leur lot de hauts talons/perruques rouges, barre de poll-dance, sur des types de musique entendus des milliers de fois.

En octobre 2010, la troupe qui faisait l’objet du film Tournée de Mathieu Amalric lança sa tournée sur notre territoire, et votre dévoué Professeur Wicked, invité par une amie, s’est retrouvé assis dans la salle. Depuis je les ai vus quatre fois.
Comme à leur habitude quand les lieux le permettent, la troupe avait demandé à ce que la salle soit aménagée de coussins, de petites lampes sur les tables, également garnies d’olives et de quelques verres de vins.
La lumière s’éteint alors, et une voix virile vous annonce que voici venir la maîtresse de cérémonie, Mademoiselle Kitten on the Keys.
Et là, il n’est pas exagéré de dire que ma vision du monde du spectacle a basculé à jamais.

Adieu les bimbos anorexiques insupportables qui vomissent en coulisses le toast qu’elles ont mangé à midi. Kitten on the keys, pétillante quadra délirante mène tambour (plutôt piano et ukulélé) battant cette revue d’effeuillage de femmes pulpeuses, comme vous n’en n’avez jamais vu aucune autre. 

Glam & Fun & Rock n’ Roll :
Les performers, ce sont : Mimi Le Meaux, Evie Lovelle, Julie Atlas Muz, Dirty Martini, et Roky Roulette, seul homme de la troupe.

A des années lumières de ce qu’on s’attend à voir en matière de strip-tease, cette joyeuse bande nous donne ici une leçon en matière de spectacle. De l’entertainment pur à l’américaine. Le genre de show qu’on s’attend à voir à Las Vegas, et qui vous laisse la mâchoire pendante.
Les morceaux qui accompagnent les numéros vont de Purple Haze d’Hendrix, à Dream On d’Aerosmith, en passant par Black night de Deep Purple, ou encore Have love will travel des Sonics.
Ce qui fait l’intérêt de cette revue, c’est la diversité absolue des membres qui la constituent. Chacune de ses femmes couvre dans son univers respectif un aspect de ce qui peut définir la féminité.
Kitten on the keys est la fille barrée, loufoque et coquine, qui s’assoit sur la Tour Eiffel pour jouer du piano, et fait miauler son entre jambe (véridique). Son répertoire va de la ballade poignante à des chansons coquines, vous invitant à venir goûter sa « sucette ». Une de mes préférée est l’hilarante « Geriatric punk rock boyfriend » sur son petit ami punk très âgé et sénile. Évidemment, pour profiter pleinement de la drôlerie des textes, il est préférable d’avoir un bon niveau d’anglais, mais les mélodies et les rythmes de l’artiste suffiront largement à vous donner envie de vous lever de votre siège pour danser.

Mimi Le Meaux, elle, est la rockeuse du groupe.
Bardée de tatouages destroy à base soucoupes volantes et chats noirs, la bad girl de San Diego, aussi classe qu’elle est rock, n’a pas raté un seul Comic-Con depuis sa plus tendre enfance (oui, les gars vous pouvez tomber amoureux). Qu’elle se dénude derrière des éventails de plumes, ou qu’elle effectue un numéro hawaïen aux coups de hanches saccadés dévastateurs, Mimi vous séduira d’emblée par sa classe et sa rock attitude.

Evie Lovelle, quant à elle, est LA femme fatale.
Sublimée par des robes voluptueuses (qu’elle confectionne elle-même) elle évolue comme au milieu d’un nuage de sensualité. Vaporeux et irréel. Evie Lovelle, c’est la séduction de Lana Turner dans Le facteur sonne toujours deux fois ; c’est le sex-appeal de Rita Hayworth dans Gilda quand elle enlève son gant ; c’est aussi la fragilité d’ Ingrid Bergman quand elle est dans les bras de Bogart dans Casablanca. Semblée toute droit sortie d’un film noir des années 40, Evie Lovelle incarne, vous l’aurez compris, le Glamour à l’état pur  de la troupe. Un pur moment de grâce.

Dirty Martini incarne le côté grande gueule de la femme.
Celle qui ne se laisse pas faire. Elle arrive tout talons dehors, désarmante de confiance en elle, malgré une silhouette qui la bannie pourtant d’office des magasines de modes pour anorexiques photoshopées. Son numéro où, enveloppée dans un drapeau américain et tenant la balance de la justice, elle ingurgite des billets pour finalement les ressortir de ses fesses sur une B.O qui scande « God bless the USA» est clairement un des moments forts du spectacle. Un engagement rare du corps de la femme pour manifester un point de vue clairement politique.

Julie Atlas Muz enfin est elle la femme enfant.
Petite et menue, délurée et joueuse, elle alterne numéro où une main possédée se ballade partout sur son corps, avec un numéro féerique où elle évolue dans une bulle nacrée. L’irrévérence de l’adolescence avec la candeur de l’enfance, elle nous offre de réels moments de rires et de grâce.

A ce spectre complet de la nature féminine, vient s’ajouter l’inénarrable Roky Roulette.Seul homme de la troupe, ce barjot auto proclamé « world’s only pogo striptease artist », force le respect tant il est classe, malgré ses pitreries. En colonel Sanders (iconique barbu de KFC) ou en cowboy sur cheval à ressort, Roky c’est une bombe !

Quand la lumière se rallume on ne veut plus en partir, on voudrait être subjugués et amusés par ces beautés encore pendant des heures. Le cabaret New burlesque, ce n’est pas un spectacle qui se regarde à la télé, c’est un show qui se vit. De l’entertainment, du vrai.

Le Cabaret sur le Canapé , l’interview !
Faisant jouer de nos relations les plus inavouables et de notre charme naturel, l’équipage du canapé intergalactique est parvenu à obtenir une interview des membres de la troupe du Cabaret New burlesque. Il fut question de super héros, des motivations à faire ce métier, mais aussi de crevettes qui voyagent dans le temps…


La Rencontre Cabaret/ Canapé c’est tout de suite !

Chroniques du Canapé Intergalactique :
C’est la productrice Kitty Hartl qui, vous ayant découvert séparément aux États-Unis, vous a réuni sur la scène du cabaret du Lieu Unique, à Nantes. Lieu où vous a ensuite découvert Mathieu Amalric, et qui lui a donné l’impulsion pour faire Tournée.
Vous étiez vous déjà croisés sur scène les uns, les autres auparavant ?

Cabaret  New Burlesque :
Oui. Kitten on the keys, Mimi le Meaux et Dirty Martini faisaient déjà parti d’un même spectacle. C’est d’abord eux que Kitty Hartl a recrutés pour sa scène de Nantes. Julie Atlas Muz et Roky Roulette faisaient également partis d’une même revue et ont rejoint la troupe par la suite.

C.C.I : Le monde du Burlesque me fait penser à celui des super héros. Vous avez vos pseudonymes, vos costumes, une identité secrète qui est votre vrai nom, et parfois des réunions, comme une justice league, où vous mettez vos pouvoirs en communs pour être plus efficaces.
Comment avez vous choisis ces noms, ces costumes ?
Roky Roulette : Il y a un site web. Ça s’appelle « Trouve ton nom de burlesque.com »
C.C.I : Vraiment ? Et c’est tout ?
Roky Roulette : Oui, oui, sérieusement ! Il y a un quizz, vous répondez à des questions et le site vous donne votre nom de scène burlesque.
Dirty Martini : Et nous sommes effectivement réunis pour combattre le crime, merci d’avoir foutu en l’air notre couverture !
Kitten on the keys : Moi j’ai pris mon nom d’après une chanson du Ragtime de 1922, qui racontait l’histoire d’un chaton qui déambulait sur un clavier de piano, et ça me rappelait mon cerveau.

C.C.I : Ceci est une question pour le seul homme de cette troupe. Roky, comment avez-vous commencé dans ce milieu qui est presque exclusivement féminin et mis au point vos numéros ?
Roky Roulette : Il y a 12 ou 13 ans j’ai été voir un show classique burlesque, avec maître de cérémonie, numéros, etc. Kitten on the keys était sur scène il me semble. Ce fut une expérience incroyable. Tout le monde s’amusait, chantait… Et j’ai regardé autour de moi : il y avait autant d’hommes que de femmes dans le public. Puis j’ai regardé sur scène, et je me suis demandé « Mais où est le numéro masculin là-dedans ? Je pourrais faire ça».
Je suis donc rentré chez moi, j’y ai vraiment beaucoup réfléchi. Puis j’ai été voir le producteur de ce spectacle, Brian Fisherman, et je lui ai demandé si je pouvais faire parti du spectacle. Il a dit « Non, jamais de la vie, rentre chez toi ». Puis il a déménagé à New York, mais la troupe est restée en place. Je suis retourné les voir en leur disant « Les gars, je pense pouvoir enlever mes fringues sur un bâton sauteur, ça vous dit ? » et ils ont dit « Ok , vas-y, essaye ». En résumé, ça s’est passé comme ça. Et ça va faire dix ans que ça dure. Mon inspiration me vient de ces femmes incroyables, et je me considère très chanceux de pouvoir évoluer parmi elles.

C.C.I : Evie Lovelle, vous avez une formation universitaire en science biologique, vous avez votre société de couture « Gimme more couture », et vous semblez être la plus réservée de la troupe. Comment vivez-vous ce succès, et qu’est-ce qui vous a poussé à embrasser cette carrière d’effeuilleuse ?
Evie Lovelle : Si je paraîs réservée, c’est que je ne suis pas spécialement carriériste et je ne sais pas trop quoi répondre quand on me demande « Quelles sont vos motivations, quel est votre plan de carrière ? »… Je n’ai rien de tout ça et ça ne m’intéresse pas. Pour ce qui est de ce qui m’a poussé sur scène, je pense que c’est parce que j’aime les défis. Si je me lance dans quelque chose, je n’aime pas l’idée que je puisse échouer. Alors je recommence inlassablement jusqu’à y arriver.
C.C.I : Puisque vous êtes la scientifique du groupe, je dois vous poser une question importante : pensez-vous qu’un jour le voyage dans le temps des crevettes sera possible ?
Evie Lovelle : Oui bien sûr !
C.C.I : Étant donné votre entêtement à réussir ce que vous entreprenez, pensez-vous y parvenir un jour ?
Evie Lovelle : Je ne pense pas que j’y parviendrai mais il est certain que j’essaierai d’y arriver !

C.C.I : Merci à tous, et bonne tournée !

Le cabaret New burlesque entame sa tournée française 2012 en ce moment.
Pour les dates, vous pouvez vous rendre sur ce site .
Le DVD du spectacle est disponible ici, mais encore une fois, Ils sont à voir en LIVE !
Les morceaux de Melle Kitten on the keys sont tous disponibles sur son site Myspace

Professeur Wicked

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3 réflexions au sujet de « Cabaret New Burlesque, La tournée. It’s Showtime ! »

  1. Bon il est temps que mercredi arrive!! De vrais modèles pour toutes les femmes….Des destinées incroyables et leur réponses se savourent.. Merci professeur Wicked ^^

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