FRINGE – Saison 1 & 2

A l’occasion de la sortie aujourd’hui en DVD/Blu-ray de la saison 3, Le canapé Intergalactique reviens sur les 2 premières saison de Fringe

Synopsis
Olivia Dunham, agent spécial du FBI, enquête sur des événements mystérieux dont l’origine serait scientifique. Elle est aidé en cela par un savant qui a été enfermé durant 15 ans en hôpital psychiatrique, le docteur Walter Bishop. Il semble être le seul à pouvoir élaborer des théories assez imaginatives pour résoudre chaque énigme. Le fils de ce dernier, Peter Bishop, jeune homme aussi brillant qu’impulsif, est le seul à savoir comment permettre à son père de se concentrer.

Au sein de la « division fringe », ils découvrent que ces incidents étranges les mènent systématiquement à une multinationale High Tech : Massive Dynamics.

Préparer la fin d’une série à succès ou comment harponner les fans :

Souvenez-vous. En 2008, le secteur audiovisuel américain tremblait à cause de la grève des scénaristes. Différentes séries avaient dû raccourcir leur nombre d’épisodes, Lost de J.J. Abrams en tête. Cette série, au même titre que 24 heures chrono, a totalement modifié les codes télévisuels en matière de série. La grève, elle, apporta une nouvelle façon de concevoir l’écriture des séries : expérimenter plus ouvertement qu’auparavant les procédés narratifs.

Détournement qui rend bien compte de la colère des fans à l'issue du final de Lost

Lost reprenait du poil de la bête. Malgré une nette tendance à délayer son intrigue artificiellement et une impression d’écriture « à l’aveugle », qui se confirmera avec un final grotesque et larmoyant, la série commença tout de même à dynamiter la narration classique en insérant les fameux « flash-forward » (des scènes présentant des événements postérieurs à l’intrigue principale). On saluera d’autant la création de personnages complexes et ambigus, plus intéressant encore que les héros, devenus étrangement fades et agaçants : je vous invite à voir les forums anti-Jack Sheppard et pro-Benjamin Linus.

Durant ce subtil changement, on apprenait le lancement prochain d’une nouvelle série du petit prodige Abrams, j’ai nommé Fringe.
Un budget équivalent à Lost (10 millions de dollars pour le pilote puis 4 millions pour les suivants), ce devait être une diffusion en septembre 2008 mais le pilote fut disponible trois mois en avance en peer-to-peer dans une qualité irréprochable. Publicité inespérée ou plan de communication habile, la question reste en suspens mais le capital sympathie de ce nouveau rendez-vous venait de s’installer.

Lost devant se conclure un peu plus d’une année après le lancement de Fringe, cette dernière série prit son temps pour installer l’ambiance.

En une année, entre deux épisodes de Lost, beaucoup regardait Fringe. Cette première saison semblait n’être constituer que de « standalone », épisodes dont l’intrigue se suffit à elle-même. On percevait un lointain « arc scénaristique », une intrigue que l’on imaginait couvrir les trois premières saisons de la série comme ce fut le cas pour Lost .

Soigner ses personnages

Fringe fait heureusement un gros appel du pied à X-Files tant esthétiquement et structurellement que dans sa mythologie (« y a-t-il une conspiration ? »).
Au final, malgré sa volonté de ne pas amorcer tout de go son « arc scénaristique », c’est à dire une intrigue qui court sur tous les épisodes d’une saison, la série a permis d’installer les personnages et d’imposer des caractères étonnants et habités :

  • John Noble, dans le rôle de Walter Bishop, compose un personnage fascinant et plein d’humour bien que légèrement inquiétant.
  • Anna Torv, incarnant Olivia Dunham, est une beauté froide, solitaire et taciturne dont le passé ne se dévoile qu’au compte goutte.
  • Joshua Jackson, passé les premiers épisodes, arrive à faire oublier son passé de jeune premier dans Dawson pour imposer une force tranquille à son personnage que l’on découvre bien plus torturé qu’il ne semblait de prime abord.

Anna Torv, John Noble et Joshua Jackson

Le génie des scénaristes de cette série a été de placer ses personnages au centre de l’attention et c’est d’eux que naissent l’  « arc scénaristique » tant attendu. En fin de saison, l’intrigue dévoile une bonne partie de ses cartes avec un panache indéniable. Les errements de Lost sont désormais un cas d’école.

Série ou feuilleton ?

Abrams avait connaissance du fait qu’il était difficile pour un non-initié de pénétrer dans l’univers de Lost si il n’avait pas été présent dès les premiers épisodes.
Pour Fringe, l’avancée rapide de l’intrigue principale ne nuit pas aux néophytes. La majorité des épisodes se concentre sur un mystère qui doit être résolu en fin d’épisode tout en consolidant une intrigue plus vaste.

La série 24 heures chrono, rappelez-vous, avait mis en avant le côté feuilleton, soit un récit fonctionnant principalement sur les rebondissements. Lost en avait hérité et n’avait parfois pas su en éviter les écueils: vraisemblance ignorée, cohérence douteuse ou abandon d’intrigues en cours de route.
Fringe se montre plus raisonnable en essayant de lier l’amplitude de l’univers à la sobriété du récit. Cela est plus clair et jouissif sur la saison 2.

Saison 2 : Amorcer la complexité (Attention, spoilers) :

Alors que la saison 1 pouvait se regarder en dilettante, sa conclusion nous apprenait l’existence d’un monde parallèle et éclairait les événements que nous avions suivi auparavant. La saison 2 étoffe sa mythologie et fait directement allusion à X-Files dès le premier épisode (observer les télés en second plan).

Le lien entre les deux mondes étant de plus en plus poreux, le danger devient imminent. En effet, les univers sont sur le point d’entrer en collision. Nombre de mystères sont résolus. Heureusement, tandis qu’une intrigue s’éclaircie, une autre se densifie : la présence d’hommes en noir qui semblent tout connaître du passé, du présent, du futur et de l’ailleurs. Peu présent sur l’ensemble du show, leur apparition est toujours un grand instant d’excitation et d’étonnement.

Les hommes en noir, un mystère élègant

Les personnages eux-aussi prennent corps, leur liens deviennent beaucoup plus complexes car la plupart des événements sont liés au passé de chacun. Loin d’être artificiel, le procédé tient la route surtout grâce au personnage de Walter Bishop, rongé par la culpabilité. Olivia Dunham, elle, trouve une véritable identité qui permet enfin au spectateur de l’apprécier tandis que Peter Bishop quitte son rôle de faire-valoir pour être le véritable moteur de la série.

Peter Weller fait du Body Art

L’épisode 16, « L’Histoire de Peter » est un moment charnière puisque sont dévoilés une grande partie des mystères de Fringe. Cet épisode se déroulant en 1985 en reprend les codes jusqu’à son générique (orgue Bontempi et lettrage eighties). C’est un épisode émouvant qui contient tous les enjeux de la série à venir tant narratifs qu’expérimentaux.

Mention spécial à l’épisode 18, « Une Tulipe Blanche », où Peter Weller (l’acteur qui incarnait RoboCop) incarne un homme qui a modifié son corps pour voyager dans le temps. Hommage au Vidéodrome de  Cronenberg et au cynisme de Philip K Dick : cet épisode est le bijou à ne pas manquer.

Cette série ne se perd pas comme cela avait pu l’être pour les précédentes productions Abrams (Alias et Lost en tête). Enlevée, bien écrite, personnages creusés : même si quelques épisodes sont anecdotiques, Anna Torv et ses acolytes campent des personnages si complexes qu’il est difficile de ne pas s’y attacher. La narration expérimente doucement et prépare la claque structurelle de la troisième saison. Revoir ces deux saisons est donc indispensable pour apprécier à leur juste valeur la suite d’une série qui ose ne pas prendre le spectateur pour un imbécile.

FRINGE – Saison 1 & 2

Disponible en DVD et Blu-Ray, la saison 3 sort aujourd’hui en dvd/blu-ray

PS: Il est a noter que l’épisode 11 de la seconde saison est en réalité un inédit de la saison 1. Il est regrettable que les éditeurs n’en ai pas tenu compte lors de l’édification des coffrets Dvd et Blu-Ray au vu de l’aberrante incohérence que cela occasionne.

Capitaine Mac Aaron

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