Halloween de John Carpenter- Critique Film et DVD/Blu-ray

Chers passagers du Canapé, le Blu-ray d’un de nos films préférés, Halloween, est enfin sorti en haute définition. Le Prosseur Wicked et le captain Mac Aaron se sont calés la galette dans le lecteur intergalactique et s’en viennent vous donner leurs avis… Partagés.

Synopsis :
Haddonfield, Illinois, la nuit d’Halloween en 1963. Le petit Michael Myers, 8 ans, entre dans la chambre de sa soeur aînée, un masque de clown sur le visage, et la poignarde sauvagement. Interné dans un asile psychiatrique peu après, il attend sa majorité pour être jugé. Quinze ans plus tard, lors de son transfert vers le tribunal, il s’échappe de l’institut et retourne sur les lieux de son crime. C’est à présent aux adolescents de la ville qu’il va s’en prendre. Son médecin, Sam Loomis part à sa recherche.

Le mal à l’état pur :
Dire que Halloween, la nuit des masques (1978) est un film culte est un pléonasme. Désigné peu de temps après sa sortie comme étant le film le plus effrayant de tous les temps, il propulsa son jeune et talentueux réalisateur, John  Carpenter,  dans la cour des grands.(voir notre dossier)
Son inspiration, Carpenter l’évoque sans complexe : « Je voulais depuis longtemps faire un film effrayant, et c’est Psychose qui m’a donné envie de faire Halloween. J’ai simplement ajouté au film d’Hitchcock une dimension surnaturelle en masquant le tueur pour en faire une incarnation du Mal. »

De Norman Bates à Michael Myers, du psychopathe à l'incarnation du Mal.

Fidèle à son modèle, la famille est là aussi au centre de l’intrigue. Ce n’est plus un fils psychopathe qui vit avec sa mère qu’il a empaillée, mais un jeune garçon qui trucide sa soeur dès la première scène. Carpenter, pour appuyer son hommage au chef d’oeuvre d’Hitchcock, choisira pour le rôle principal Jamie lee Curtis, la fille de l’héroïne de Psychose, Janet Leigh.

Naissance d’un Croquemitaine :
Muni du même couteau de boucher que Norman Bates, Michael Myers s’en prendra à un symbole lié à la famille : les baby-sitters de sa ville d’origine. Par extension, il menace donc les enfants que celles-ci sont supposées protéger.

Cette incarnation du mal frappe exclusivement la nuit, pas un meurtre ne se fait pendant la journée dans Halloween. Pour couronner le tout, Michael Myers est immortel. Qu’il soit transpercé à coup de cintres, qu’il reçoive 6 balles de revolver dans le buffet, ou qu’il parte à la renverse par-dessus le balcon, rien n’arrête le tueur.

Un être qui vient tuer les jeunes la nuit et qui est immortel, cela porte un nom : un croquemitaine (boogeyman en V.O). Cet axe de développement du scénario sera abandonné dans les (trop) nombreuses suites du film, mais  l’ingéniosité de l’histoire marquera les esprits. Il engendrera même la naissance du phénomène des Slashers movies des années 80.

Les plus illustres descendants cinématographiques de Michael Myers s’appelleront Jason (dans la série des Vendredi 13) pour le côté mutique et masqué, et Freddy Krueger (dans Les Griffes de la nuit), pour son penchant à décimer les jeunes adultes.

Boogey nights: de 1978 à 1996 les masques du mal.

Le genre, s’étant auto sabordé à force de suites inutiles et médiocres, finit par s’éteindre à la fin des années 80… Jusqu’à ce que le papa de Freddy Krueger, Wes Craven, invente un nouveau tueur masqué friand de jeunes : Ghostface, dans la série des Scream.
Avec Scream 4 sorti cette année (voir notre article), le concept prouve son efficacité plus de trente après. Bien vu Mr Carpenter.

Critique Image :
Faute d’une édition haute définition française (le blu-ray américain chez Anchor Bay était sorti en 2007), nous, pauvres fans gaulois, devions jusque là nous contenter d’éditions DVD aussi multiples que décevantes.
Hallelujah, sonnez coutelas et résonnez machettes! Pathé nous offre cette édition Blu ray tant attendue, sur notre territoire. Et là, que dire sans avoir l’air d’en faire des tonnes… OH MY GOD ! (Quoi c’est trop ?). Dieu sait que sur le canapé, ce film on l’a vu des dizaines de fois, mais là on l’a tout simplement redécouvert.

Un changement de définition qui change tout.

Une qualité d'image idéale pour apprécier enfin pleinement ce grand film.

De la nuit noire profonde, où le fourmillement de pixels a disparu, aux lumières bleues/jaunes éclairant le visage du Dr Loomis, en passant par le piqué de l’image dans les séquences de jour, nos mirettes ont redécouvert l’excellent travail de photographie fait sur ce film. Et il était temps ! Parce qu’avec les indigents masters qu’on nous servait à chaque réédition, on n’y croyait plus. Au fur et à mesure des éditions, les défauts de pellicules disparaissaient doucement, mais c’était la luminosité qui avait été augmentée, et on avait l’impression que le film se passait de jour.
Exit tout ces non sens. Ici, Halloween retrouve sa splendeur CinémaScope d’antan, et c’est magnifique à voir.

Critique son :

Comme bien souvent dans la galaxie des éditions vidéos en France, la V.F a été bâclée.
Les voix sont mises en avant au détriment de la musique, ce qui, quand on est fan du film, est un crime de lèse majesté, vu l’importance de la B.O dans ce film. Fort heureusement la V.O est intacte niveau balance du son. Les puristes pourront regretter l’absence du mono d’origine, mais après tout la musique de Carpenter et les cris de Jamie lee en DTS 5.1, ça le fait quand même vachement bien !

Bonus, ou comment faire rimer Pathé avec pâté :
Le visionnage des bonus de ce Blu-ray tient de l’expérience surréaliste.

Comment dire… Vous vous rappelez la tête que vous avez faite devant la soucoupe volante à la fin d’Indiana Jones 4 ? Et bien c’est à peu près la même consternation qui nous a saisi ici, sur le canapé, quand on a pressé lecture sur ces bonus. Un grand silence, puis des rires nerveux entrecoupés de salves d’énervements que la décence m’oblige à censurer.
Anchor Bay, l’éditeur américain avait réunis pour un commentaire audio : John carpenter, Debra Hill (productrice) et Jamie Lee Curtis… Rien que ça !
Pathé n’ayant pas accès à ces bonus, le commentaire audio est tout bonnement absent du disque. Qu’a cela ne tienne, chez Pathé, on a des idées !
On ouvre les tiroirs et on ramasse tout ce qu’on trouve et zou, copier coller dans la section bonus ! Royal non ?!
Voila donc une sélection de ce devant quoi vous pourrez rester consternés ou rire :

25 ans de terreur :

Un documentaire de 1h30 sur la saga Halloween. 10 minutes consacrées au premier film (sans une seule apparition de Carpenter), et le reste en interview de ceux qui ont participé aux suites, que personnellement nous n’aimons pas… C’est dire si on s’est ennuyé ! Ce serait bien de parler du film qui est sur le blu-ray non ?

Retour sur les lieux du tournage :

Cela aurait put être un intéressant documentaire sur le tournage, des photos d’époque, etc. A la place nous avons un programme télé U.S consacré aux lieux de tournages, présenté par un skater « woohoo ultra-fun-tendance wesh gros style »  qui se tient sur les anciens lieux de tournages et nous dit : « là, le type faisait ça… ».

Consternant d’inutilité et en plus le gars est horripilant.

Dieu merci Sam Loomis n'a pas été aux toilettes...

Convention 25 d’halloween :

Si vous aviez un pote qui était à cette convention et qui a tout filmé de la soirée,  alors vous avez déjà vu ce bonus.
Si voire des images caméscope des différentes tables où les gens mangent vous intéresse,  cela vous passionnera; pour les autres, peu de chances que cela vous émeuvent.
Idem pour les séances de dédicaces du gars qui mourrait hors champs avec une pioche dans le crâne dans « Halloween 5 », de l’auteur qui a fait les novellisations des films ou de la gagnante d’un concours … Passionnant !

"Oh my Goood ! ". Un bonus qui nous aide à mieux comprendre Le film de Carpenter... Si,si, vraiment !

Les fans d’Halloween :

On vous a gardé le meilleur pour la fin. Avec un titre pareil, et aux vues du contenu de ce bonus, on se sent limite honteux d’être associé à ces fans.
Voici donc, sur un blu ray, en haute définition donc, les films caméscopes aux pixels immondes de parfaits lambdas qui s’amusent à Halloween…

...et nous on est consternés.

Absolument essentiel si vous avez 7minutes 40 de votre vie à passer la tête dans les mains en vous disant « c’est pas possible… »

Pour conclure :

Cette édition haute définition du chef d’œuvre de Carpenter est incontournable, ne serait ce que par les calamiteuses qualités d’images des éditions DVD qui l’ont précédé.
L’image est sublime et le son parfaitement englobant en 5.1.
Par contre un conseil à Pathé édition pour les bonus : parfois un grand vide vaut mieux qu’un gros n’importe quoi. Nous on a préféré en rire, mais un jour vous tomberez sur un fan fortuné qui vous fera un procès pour « foutage de gueule aggravé » et vous risquez de perdre…
On vous aura prévenu.

Halloween, Disponible en Blu-ray chez Pathé

Professeur Wicked

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