The Prodigies- critique film/ DVD blu-ray

Nous l’avions manqué au cinéma et nous le regrettions amèrement. A l’occasion de la sortie en DVD/Blu-ray, de The Prodigies, film fantastique Français (cocorico),  les fêlés du canapé se sont offert une séance de rattrapage. Voici ce que nous en avons pensé.

Synopsis :
Jimbo Farrar est un jeune garçon à l intelligence surhumaine. Il possède un don si puissant qu’il lui  permet de contrôler les autres par la force de l’esprit, de les transformer en marionnettes.
Après la mort « mystérieuse » de ses parents,  Jimbo est recueilli par Mr Killian, directeur d’une Fondation pour enfants surdoués et possesseur de ce même don.
Devenu adulte, Jimbo est un brillant chercheur à la tête de la Fondation Killian et il n’a qu’un but : trouver d’autres prodiges comme lui..
Son destin bascule lorsque 5 de ces surdoués se manifestent au même moment. Par une sombre nuit dans central park,  ces enfants hors normes réunis par Jimbo, se font agresser. Ils cèdent alors à la rage qui les anime envers le monde des  adultes qui ne les comprend pas et déchaînent leurs pouvoirs avec une intelligence diabolique.

Promesses graphiques et déceptions esthétiques :
Le film de Antoine Charreyron est l’adaptation de La nuit des enfants rois, de Bernard Lenteric, roman noir et nihiliste à la tendance « no futur ».

Tout, absolument tout est alléchant à la lecture du projet : une ambiance sombre, une métaphore fantastique du malaise adolescent face au monde des adultes, et une réalisation française qui nous laisse croire qu’aucune concession ne sera faîtes sur le coté trash du roman contrairement à la tendance lisse du hollywood actuel.
En plus, des enfants aux super pouvoirs repérés  par une fondation pour jeunes surdoués, ça nous rappelle tellement X-Men qu’on en bave d’avance en imaginant un traitement plus sombre et radical du thème.

Notre attente est alors comblée lorsqu’on découvre l’affiche : un mélange d’esthétique années 80 et  super héros récents à la Watchmen, sur le canapé on commençait à éponger la bave qui coulait de nos lévres !

Une pincée de films d'actions des années 80, un clin d'oeil à l'affiche de Watchmen...on en frémit d'avance !

Certes nos attentes étaient grandes, et la communication autour du film avait émoustillé plus d’un geek. On pouvait s’attendre à ce que le résultat soit en deçà de nos attentes.
Mais pas autant.
Ce qui ponctue notre visionnage de The Prodigies sont de trop nombreux « pourquoi ? ».

– Pourquoi avoir fait de ce film un film d’animation plutôt qu’un film live, à l’heure où les effets spéciaux nécessités auraient put être réalisés sans aucun problème ?

« Une esthétique trop proche d’un univers de jeu vidéo nous empêche de rentrer vraiment dans l’histoire. »

– Pourquoi avoir choisit cette esthétique de jeux vidéo cheap alors qu’en matière d’image de synthèse on peut faire 1000 fois mieux ?

On peut essayer de se dire que c’est normal, que c’est un choix artistique, un pari esthétique audacieux.
Au final même en se répétant façon méthode coué « c’est voulu, c’est voulu, c’est voulu… » , cet aspect visuel ultra simpliste nous empêche de rentrer dans l’histoire.On a l’impression d’être devant  des graphismes et une animation des personnages dignes des Sims ou des Podcats. En jeu vidéo ça passe en série télé c’est normal, au cinéma, c’est dur à avaler.Surtout si on considère la qualité actuelle des images des films Pixar ou Dreamworks.

Colonne de gauche "The Prodigies", colonne de droite "les Podcats" et "les Sims"

Une explication plus cynique et terre à terre, et c’est notre avis sur le canapé, serait qu’il s’agit plus d’un problème de moyens que d’un vrai choix artistique. Le côté cheap est trop visible et c’est dommage.

On peut aussi comprendre cette esthétique 100% jeu vidéo par le fait que ce soit Viktor Antonov qui ait été en charge de la direction artistique du film.
Antonov c’est Mr Half-Life 2, une sommité du jeu vidéo. Ceci explique cela. Ses concepts arts sont certes magnifiques, mais la transposition à l’écran relève trop du jeu Wii que d’un objet cinématographique (non parce que les graphismes PS3 ou Xbox360 sont bien meilleurs que ça !).

Quelques concept arts de Viktor Antonov pour le film

Confusion narrative :
L’esthétique n’est malheureusement pas le seul point faible du film.

Le roman la nuit des enfants rois était vraiment sombre, trash et difficilement transposable à l’écran sans avoir un « interdit au moins de 16 ans » imposé au réalisateur.
Ne pouvant pas traiter de l’ultra violence de jeunes adolescents à l’écran, Antoine Charreyron  décide de compenser par la mise en scène.

Des séquences oniriques ultra stylisées mais confuses

Les scènes ultra violentes passent alors en mode onirique et on ne sait plus où on est, les couleurs changent les personnages et les lieux se mêlent…si bien qu’on y comprend plus grand-chose.

Autre tentative du réalisateur à illustrer la violence et le coté « plus grand que nature » de ces jeunes, il effectue de longs plans séquences avec mouvements de caméras spectaculaires.Virevoltante elle passe entre les rails d’un train pour tourner autour d’un personnage et passé en mode «  vue depuis le ciel » , pour revenir sur le personnage, puis filmer l’action au ralenti façon bullet time.

What time is it ? It is Bullet- time of course !

Fait intéressant il doit y avoir dans The Prodigies plus de scènes en bullet time que dans Matrix (mais mois que dans 300 quand même !).
Ceci se fait au détriment du développement des personnages.

« Des mouvements de caméra spectaculaires ne suffisent pas à masquer le manque de travail sur les personnages ».

Alors que Jimbo, le personnage principal est assez longuement présenté, on zappe très vite d’un petit prodige à l’autre sans jamais vraiment s’attarder dessus. Ils arrivent, se font agressés et deviennent super méchants…point barre.

Un ado trés méchants ça a les yeux tout noirs (ça aide aussi le spectateur à comprendre)

Dommage car avec un peu plus de développement, on aurait pu s’attacher d’avantage à eux et être pris dans ce conflit interne qui peut être le leur.
Mais point de conflit ici. Ils viennent de familles tréééés idiotes (une mère qui fait des combats de chiens, une autre inculte qui veut que sa fille soit mannequin) et sont tous tréééés énervés (kill, kill, kill).
Le retournement de situation final est tout aussi radical et soudain, si bien qu’on y croit plus une seconde.
Vraiment dommage.

Critique image :
Rien a dire de ce côté, The prodigies passe le transfert sur Blu-ray haut la main.L’ambiance claire, desaturée et pastelle du film est parfaitement rendue.
De plus, une excellente compression nous épargne la présence de pixels indésirables
Bref, du grand spectacle surtout lors des séquences oniriques dont le contraste fort rend le tout sublime.
La HD amène grâce à sa précision, beaucoup visuellement à l’ensemble du film.

Critique son :
Le mix son en DTS 5.1 envoie du ptit bois, c’est le moins qu’on puisse dire. Forcément avec les nombreuses scènes d’actions, explosions, collisions (et autres trucs en « ons »).
C’est tout à fait appréciable d’autant que la répartition du surround est bluffante.
Gros bémol : Ce Blu-ray n’offre pas la V.O. alors que les personnages bougent leurs lèvres en anglais…encore un dommage…

Bonus :
– Commentaire du réalisateur français
– Making of (34 mn) : interview du réalisateur, scènes de motion capture, story-boards, etc…
– Vidéo clip musical

Des bonus intéressants et complets présentés à travers des menus plutôt bien pensés, ce qui est tout de même bien agréables si on envie d’en savoir d’avantage sur ce film qui quoi qu’on en pense est un beau travail technique.

L’avis du Canapé Intergalactique :
Nous avons là un fort beau Blu-ray et DVD qui rend justice au travail d’image et de son effectué lors de la conception du film.
On apprécie aussi la présence de bonus qui ne se résument pas à des featurettes comme c’est trop souvent le cas. Les fans pourront apprendre de nombreux secrets de tournage.
Pour le film en lui-même, c’est au final trop de « dommage » qui s’empilent sur la liste de nos regrets: dommage que ce n’ai pas été un film en live, qu’il n’y ai pas eu assez de moyens mis en oeuvre pour un meilleur rendu visuel, et dommage que les personnages n’aient pas été plus travaillés.

On regrette que le projet n’ai pas été dans les mains d’un Alex Proyas (Dark City, The Crow) ou d’un robert Rodriguez (Sin City).

The Prodigies, disponible en Blu-ray et DVD

Professeur Wicked

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