CARS 2, de la suite sans les idées – Critique Film et DVD/Bluray

 Synopsis:

Après 4 piston cups remportées en 4 ans, Flash McQueen, est devenu une star internationale des circuits automobiles. Lord Miles Axlerod, riche industriel pétrolier, entend promouvoir un nouveau biocarburant  en organisant une compétition mondiale qui mettra en concurrence les plus grands pilotes. Par une suite d’événements inattendus, Martin, qui accompagne Flash dans cette compétition autour du monde, est confondu par des agents secrets britanniques avec un de leur contact américain.

Les recettes du succès Pixar :

John Lasseter, fondateur de Pixar et réalisteur de Cars 2,  a du talent c’est absolument incontestable. Beaucoup de talent même. Le succès de cet empire de l’animation est avant tout basé sur des scénarios audacieux, mais en béton armé. En tant que spectateur, chaque fois qu’on entend parler d’un nouveau projet Pixar, on est d’abord désarçonné par leurs idées. « Comment un dessin animé avec des monstres ? »,  « Quoi un film, sur les courses automobiles pour les enfants ? ». Mais ils sont devenus fous ! Et pourtant, à chaque fois la magie opère.

Personnages attachants, clins d’œil savoureux, gags hilarants, avec toujours ce petit plus de réflexion sur nous-mêmes. Comment nous oublions que nous avons été enfants et jetons nos jouets, comment nous arrachons des poissons à leur habitat pour notre distraction, comment nous polluons la terre, comment les personnes âgées sont laissées à l’abandon… Les films Pixar ont ainsi tous une double lecture. Des références cinématographiques, des pics à notre société de consommation. Pixar associe avec talent pur divertissement et messages plus profonds.

Que ce soit avec Cars, et son message sur la simplicité de la vie rurale, ou Wall.E et son discours écologique, Pixar délivre toujours plus qu'un simple divertissement.

Là où Pixar fait encore plus fort, c’est qu’ils apportent à leurs films des suites encore meilleures que les originaux. Leur méthode est de ne pas en faire de simples suites, mais des prolongements du film précédent. C’est de cette manière que la trilogie Toy story nous touche autant, nous faisant grandir aux côtés d’Andy et de ses jouets. A la fin de Toy story 3, Andy passe le relais: le jeune adulte donne ses jouets à une petite fille. C’est simplement magnifique de simplicité, et donne à la trilogie une profondeur encore plus émouvante.

De Toy Story à Toy Story 3, Pixar nous a offert plus que des suites. Ils nous ont fait grandir avec Andy, donnant une puissance et une émotion folle au dernier chapitre de la trilogie.


Dérapage et sortie de piste :

Quand Pixar a annoncé Cars 2, le premier réflexe sur le canapé fut de nous dire : « Quoi, les voitures de Radiator Spring partent autour du monde ? Houlaaa que c’est bizarre, qu’est ce qu’ils vont leur faire faire ? ». Puis les affiches sont apparues au fur et à mesure. Dévoilant de plus en plus de protagonistes, nous faisant nous demander comment ils allaient s’en sortir pour ne négliger aucun des personnages dans cette course autour du monde. Puis est apparu cette histoire d’espionnage. Là, on a complètement perdu pieds, tant tout cela laissait craindre un syndrome « folie des grandeurs ». Mais bon, c’est Pixar et devant un talent si constant, notre confiance de spectateur leur est acquise.

Enfin… Leur était acquise.

Car ce Cars 2 est bel et bien une déception. Pas un mauvais film, attention ! Mais le moins bon des films Pixar, ça c’est une certitude. Là où Cars était malin, c’est qu’il opposait à notre attente d’un film à 100 à l’heure une plongée  dans le calme d’une petite ville du fond des États-Unis. Flash McQueen, bolide de son état, symbole de notre vie de citadins pressés, y apprend  à goûter une vie plus calme. Joli contre pied, typique de l’ingéniosité du studio.

Alors pourquoi ce revirement à 180° ? Pourquoi choisir un traitement en totale opposition avec le premier film plutôt que, comme dans les Toy Story, offrir un prolongement du film précédent ? Nos craintes, plutôt que d’être démenties par un scénario malin comme on en a l’habitude, sont ici toutes confirmées. Trop de personnages et trop de lieux handicapent ce film. On a le sentiment que les scénaristes ne savent pas trop quelle histoire raconter, pour réussir à caser tant d’endroits et de personnages.

Un peu trop de lieux et de personnages? meuuu noooon !

Conséquence : un gros problème de rythme. La première séquence est bluffante, digne d’un James Bond mais à la sauce Pixar. Des gadgets à gogo, une voiture espion sous marins, bref un petit régal. Puis, comme dans le premier Cars, après une ouverture musclée (la course dans le premier film ), on plonge dans la placidité de Radiator Spring.

Problème: alors qu’on est heureux de retrouver les personnages du premier film, on nous arrache du lieu illico. Sally fait 4 minutes d’apparition chrono pour faire le lien avec Cars, et on embraye sur la suite, beaucoup plus brouillonne. Rapidement, l’impression d’être devant une galerie de lieux et de personnages, plutôt que face à une histoire, nous saisi.

On a beau essayer, on ne parvient pas à rentrer dans le film. Les scènes sont sympathiques, mais ne font que diluer une intrigue déjà bien mince. On sort des méandres de cette intrigue plaisante, mais un peu soporifique, pour arriver sur les 30 dernières minutes hautes en couleur et très bien rythmées, avec retournements de situation et une bonne dose d’humour.

En résumé: on a vraiment l’impression qu’ils avaient un début, une fin et que l’intrigue de 45 minutes au milieu tente en vain de maintenir notre attention, pour joindre ces deux très bonnes parties. 45 minutes à somnoler sur 1h45 c’est dommage.

De l’importance du personnage principal

Avec Cars, Pixar avait créé un monde où la  population humaine était remplacée par des véhicules. Idées très ingénieuses, et on imagine bien les créatifs se dirent que ce serait chouette de parcourir ce monde de véhicule. Comme dit précédemment, on est contents de retrouver les personnages du premier film et l’énorme capital sympathie qu’ils possèdent. Malheureusement ils sont très vite oubliés. Ce Cars 2 est définitivement le « Martin show ».

Les 45 minutes pas folichonnes du milieu sont celles où l’on s’ennuie devant les quiproquos qui mèneront à ce que Martin soit pris pour un espion, puis  à sa dispute avec Flash, et aux (trop nombreuses et trop longues) courses de voitures.

Le côté « Martin le débile qui met les pieds dans le plat tout le temps » s’essouffle vite. D’autant que le message du premier film était que la simplicité qu’il incarnait était une qualité.

Martin passe son temps à se ridiculiser, ce qui nous embarrasse plus que cela nous fait rire.

Avant, Martin était l’acolyte, l’idiot du village au grand cœur. Au lieu d’en devenir plus attachant, il en devient plus agaçant, à force de dévier l’intrigue vers ses bouffonneries involontaires. En faire le personnage principal était risqué et n’est pas payant.
Le film joue sur le comique d’embarras social. Martin ne se rend pas compte des règles sociales ou de la réalité de la situation, et passe pour un empoté.

Martin réalise qu'il passe pour un abruti depuis le début... Nous on s'en est aperçu depuis un moment et on est fatigués.

Ce qui peut être amusant sur quelques scènes ne suffit pas à tenir ces 45 minutes du milieu. Du coup, lorsqu’à la fin il devient d’un seul coup miraculeusement plus malin que les agents secrets et déjoue le plan machiavélique, on lève carrément les yeux au ciel tant cela paraît improbable après toutes ces pitreries.

 Références et clin d’œil

Cela étant dit, John Lasseter sait toujours choisir son casting vocal comme personne et nous placer des clins d’œil cinéphiles bien agréables.
Commençons par les clins d’œil.

Bien sûr, le choix de faire de Cars 2 un film d’espionnage est un hommage évident aux James Bond. Finn Mc Missile, l’espion anglais (quel hasard !), est bardé des gadgets habituels des Bond mobiles. Qu’il s’agisse des mitraillettes sortants des enjoliveurs, ou de sa transformation en sous-marin (comme dans « L’espion qui m’aimait »), tout est là pour nous évoquer 007.

De l'espion qui m'aimait à Cars 2.

On reconnaîtra aussi le pastiche du méchant des James bond: accent allemand à la Goldfinger, monocle rappelant Blofeld, chef balafré du SPECTRE dans On ne vit que deux fois et laser tueur comme dans de nombreux James Bond.

Mix de Blofeld et de Goldfinger, un vrai méchant quoi !

Le casting des voix n’est pas en reste, niveau clins d’oeil. Evidemment, afin de goûter ce travail le film est à voir en V.O. Ennuyeux pour les enfants me direz vous, mais là on vous parle de ce qui est indispensable à un adulte pour ne pas s’ennuyer pendant la moitié du film.

Un bel hommage est rendu tout d’abord à Paul Newman, qui prêtait sa voix à Doc Hudson dans CarsDécédé en 2008, on nous fait comprendre que Doc Hudson également n’est plus. Ce n’est pas grand-chose, mais cela montre qu’il n’a pas été oublié, et c’est une jolie attention.

Finn Mc Missile est interprété par l’immense Michael Caine. Ce dernier jouait le père d’Austin Powers dans Goldmember, qui était déjà une parodie de James bond. Le charme et la familiarité de sa voix so classy et so british apportent énormément au personnage de Finn.

Michael Caine reprend son rôle parodique d'espion internationale.

John Turturro campe Francesco Bernoulli, voiture de F1 italienne dont il fait un personnage hilarant.

The Big Lebowsky/ Cars 2. Après "Nobody fucks with the Jesus", son "Frrrragilé?!" restera mémorable.

On a du mal à ne pas avoir en tête l’autre film où Mr Turturro nous avait montré comme il caricaturait avec talent les accents latins : The Big Lebowsky des frères Cohen.

Critique Blu ray/ DVD

 Image
Cars 2
est clairement le moins bon de tous les films Pixar sortis à ce jour, il n’empêche, c’est celui dont l’image est la plus extraordinaire en Blu ray/DVD.

La technologie en matière d’image de synthèse étant en perpétuelle amélioration, chaque Blu ray surpasse le précédent. Si vous avez vu Cars ou Raiponce en Blu- ray, et que je vous dis que l’image est encore meilleure, vous voyez ce que nous voulons dire par « extraordinaire ». Des textures de folies, des paysages plus vrais que nature, une définition incroyable…

Bref c’est garanti: les vendeurs d’écrans HD utiliseront le blu ray de Cars 2 en démo à Noël, au même titre qu’ils utilisaient celui d’Avatar l’année dernière.

Bonus :
Histoire de bien finir de fâcher les fans, Pixar nous propose une myriade de bonus, mais uniquement sur l’édition 3D et non 2D du film. Pas de 3D, pas de chocolat …  Ca fait plaisir !

Les lister ici serait interminable et ce n’est pas le propos, mais pour résumer le principe, vous pourrez parcourir un globe terrestre, et à chaque pays utilisé dans le film correspondront bonus, commentaires, scènes coupées, courts métrages…

Pour conclure :
Ce film a beaucoup déçu les fans, notamment par la profusion de personnages (vive le marketing des produits dérivés qui vont encore cartonner !) et la minceur de son scénario.

Cela dit, les petits sont déjà sur les dents en attendant la sortie du dvd (mon fils en tête, vient de créer le groupe « CARS 2 katchaaw super viteeesse ! » ) et les plus grands , amateurs de belles images HD, eux craqueront encore…parce que c’est vraiment trop beau.
Mais attention Mr Lasseter, La Princesse et la Grenouille et Raiponce nous prouvaient que votre inventivité est intacte, pensez à ne pas trop priver Pixar de celle ci…
La suite de Monstres et compagnie est sur les rails, attention qu’elle ne suive pas la même trajectoire que cette suite de Cars.

Car on peut tromper 1 fois 1000 personnes, mais on ne peut pas tromper 1000 fois 1000 personnes… Non. On peut tromper 1000 fois 1000… Ah zut !

 Professeur Wicked

Cars 2  de John Lasseter, sortie en DVD et Blu Ray le 30 Novembre 2011

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