SUPER – Super-héros 2.0 (Sortie DVD/Blu-ray le 1er décembre)

On en a connu ces derniers temps des super-héros, hein ? Super pouvoirs, gadgets high-tech, grosse motivation (très grosse, même!), réflexes surhumains, la classe dans tous ce qu’il font. Ouais, ça doit vraiment être cool d’être un Super-héros !

Kick-Ass avait timidement amorcer le virage avec le personnage d’ado boutonneux qui s’essaye à l’héroïsme sans grande réussite, mais qui, grâce à de vrais Super-héros, réussit à combattre le Crime (la majuscule se prononce, bien évidemment).

Alors quand on m’a parlé de Super, le film de James Gunn, sorti quelques mois après Kick-Ass, j’ai fait « Mouais, bof ! Je vois pas ce que ça va apporter vu que Kick-Ass est quand même définitif dans son traitement du Super-héros, dans son analyse... » Ben croyez-moi, j’aurai du la fermer.

Passé le générique coloré, fait de dessins d’enfants montrant un Super-Héros combattant l’injustice en étripant des méchants de cartoon – quand je dis « étriper », c’est littéral, on se dit qu’on va bouffer de l’ironie à grand coups de gore. Chouette !

Franck est un looser. Un vrai. Et en plus il vient de se faire larguer par sa copine, Liv Tyler, partie avec un dealer, Kevin Bacon. Alors il chiale. Il a des absences au boulot, mais surtout, il a des visions.

En direct du cerveau de Franck ! Quelle imagination !

Figurez-vous que le doigt de Dieu a littéralement touché son cerveau (après qu’on ait ouvert sa boîte crânienne, bien entendu!). Adoubé par le tout puissant, il devient Le Feu de la Vengeance avec un costume rapiécé et un écusson très moche.

Ici, pas de Super pouvoir. La Kryptonite du Feu de la Vengeance, c’est les coups, les balles et la police. Entre deux sauvetages, on s’ennuie, seul, en planque derrière une poubelle (il dira justement que c’est ce qu’il se passe dans les BD « entre deux vignettes »). Et nous, spectateur, on se fiche un peu de lui.

On se dit que c’est quand même un pauvre type désespéré qui se noie dans un délire à la Michel Gondry (Rembobinez s’il vous plaît!) pour rendre le monde un peu plus joli.

Mais voilà, il semblerait que Franck ait un gros soucis. En plus d’être empoté, il a une nette tendance à l’ultra violence (et à trop écouter à son vomi !). Son arme choisie, il devient de plus en plus confiant, et la mise en scène – très documentaire dans l’ensemble – appuie son délire d’onomatopées colorées.

Wiiiiiz !

Franck se sent bientôt prêt à secourir son amour (qui n’a rien demandé, d’ailleurs).

Peu à peu, la comédie prend une dimension tout à fait dérangeante, puisque l’on rit des exactions absolument ignoble qui se déroule sous nos yeux (jamais plus je ne tenterais de griller une place dans une file d’attente, jamais!) jusqu’au final éblouissant où s’éveille toute la force et la puissance de ce héros pourtant improbable.

Le Feu de la Vengeance est un Super-héros. Les Super-héros tuent. Leurs mains sont souillées de sang, leur chemin est jonché de cadavres, de pleurs, de pertes. Un Super-héros perd son lien avec l’humanité. Jusqu’à présent, les films de ce type ne nous atteignaient pas au plus profond.

Jusqu’à présent !

On en a connu des Super-héros, hein ? Celui-là, vous ne l’oublierez pas.

SUPER

de James Gunn

Sortie DVD/Blu-ray le 1er décembre 2011

Capitaine Mac Aaron

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