POULTRYGEIST : Night of the Chicken Dead

Vous ne savez pas quoi choisir entre le Mac Donald’s ou le KFC. Vous voudriez que votre enfant mange des légumes plutôt que de vous tanner pour prendre un Happy Meal. Vous vous insurgez contre la malbouffe mais vous avez récemment pris 15 kilos. Je suis dans les mêmes questionnements que vous et j’ai découvert un prophète.

Son nom est Loyd Kaufman, président de l’écurie Troma et réalisateur du mythique Toxic Avenger. Loyd est l’héritier de Roger Corman, l’homme qui pour un prix dérisoire produisait 10 films (et qui a tout de même lancé Francis Ford Coppola, Joe Dante et James Cameron).

Ici, notre cher Loyd Kaufman a réalisé une comédie musicale gore qui lorgne du côté de La Petite Boutique des Horreurs (Roger Coman, tiens donc). C’est un buddy movie très porté sur le sexe, les excrétions en tout genre, les mutations et la contestation à outrance, j’ai nommé : Poultrygeist : The night of the chicken dead.

Pour l’heure, mes parents, qui ont voulu partager ce moment de curiosité avec moi, sont toujours en train de vomir quelque part dans le jardin tandis que moi-même, je hoquette dangereusement mais le sourire aux lèvres.

En guise d’introduction, histoire de vous prévenir

Je vous conseille vivement de ne pas manger durant la vision de ce film.

Imaginez donc Arbie et Wendy se frottant l’un à l’autre sensuellement dans un vieux cimetière indien, juste derrière la tombe de l’apache des Village People. Classique, me direz vous, si l’on excepte les mains baladeuses des indiens décédés qui veulent s’inviter à la partie. L’irruption d’un obsédé sexuel, hache dans une main et son appendice dans l’autre (montré sans pudeur même si je soupçonne du plastique) achève de vous convaincre que ce film-ci ne va certainement pas faire dans la dentelle.

Mort, Sexe, Perversion, Gore... En chansons !!!

« moment de béatification audiovisuelle unique »

Si à la fin de cette séquence (dont l’horreur va aux confins du corps humain, au sens littéral) vous n’êtes toujours pas rebutés : félicitation, vous avez l’âge mental d’un gamin de douze ans et vous aller clairement vous amuser. Les autres, passez votre chemin, même si les nombreuses trouvailles exceptionnelles de ce film hors norme sont à venir.

Un film anti-capitaliste

Arbie revient un semestre plus tard pour retrouver Wendy au cimetière, mais celui-ci a été rasé au profit d’un simili KFC que des alter-mondialistes lesbiens (?) veulent faire fermer. Wendy est devenu lesbienne et altermondialiste (?) et, pour se venger, Arbie décide de postuler dans le fast-food (?).

La grande idée du film est de placer au cœur de l’intrigue la question de la surconsommation, de la nourriture industrielle et de ses méfaits sur l’organisme. Face à ce restaurant, les manifestants sont nombreux et si l’on observe bien les panneaux, vous verrez le nom d’un certain José Bové. Ceux qui ont déjà bossé dans un fast-food seront au anges tant Kaufman pousse l’irrévérence jusqu’aux extrêmes.

Dans les cuisines, un œuf étrange s’est fait la malle et se retrouve fissa dans l’assiette d’un client en sur-poids extrême. Intervient dès ce moment, un moment de béatification audiovisuelle unique qui ferait passer l’explosion de l’obèse des Monty Python pour un film d’auteur français. En même temps, les toilettes de fast-food n’ont jamais été un exemple de propreté totale…

Un hymne à la liberté sexuelle

De sexualité, il en est question à chaque instant dans Poultrygeist. Manger, c’est introduire, dévorer, abîmer l’autre. Loin de moi l’envie d’entrer dans la philosophie puisque Kaufman traite les choses de façon littérale. Pour les plus pervers d’entre vous, il y aura des seins tant que vous voudrez, de toutes tenues, de toutes formes. J’ai chaud tout d’un coup, moi !

Cette idée farfelue de se déshabiller à tout bout de champ accompagne le plus souvent de charmantes petites chansonnettes. Le côté cheap des décors, des figurants et des effets spéciaux donnent un petit aspect 70’s bienvenue et rafraîchissant.

L’alliance des poulets et des indiens morts

« hamburger gay à la sauce mexicaine désormais détenteur des secret du restaurant »

Les poulets de ce KFC, bien que plumé, sans tête et sans pattes, sont de redoutables assassins. Ils feront de l’employé Paco un morceau de viande haché qui, bienheureusement, retrouvera la parole en tant que « Sloppy Paco », hamburger gay à la sauce mexicaine désormais détenteur des secret du restaurant. Il sera malencontreusement avalé par le grand patron avant de révéler le moyen de remédier à la situation.

Parce qu’à force de chanter et de se mettre à poil, les indiens décédés ont apparemment conclu un pacte avec les poulets morts et tout ce petit monde va s’arranger pour contaminer la nourriture et transformer les habitants en poulets zombies carnivores.

On notera la présence d’une jeune femme en burqa, la sympathique Humus, qui semble ne rien porter sous sa tenue. Personnage emblématique de l’après 11 septembre, elle se révèle être très attaché à la démocratie et fera tout pour empêcher un djihad aviaire en compagnie d’Arbie.

La charmante Humus en plein Djihad anti-poulet !

Après quelques chansonnettes, blagues sexuelles ou scatologiques heureuses ou non, vient enfin l’apparition de ces petites bébêtes que sont les Poulets Morts (une heure de temps, tout de même).

Le délire en sera total. De la ponte d’un œuf par le directeur du restaurant à son éclosion, un « poulet-zizi » particulièrement féroce, sans compter la centaines de figurants muni de becs qui dévorent, énuclent, déchirent, emasculent… Absolument rien ne vous sera épargné… Mais en chanson.

Je vous avoue m’être complétement esclaffé sur toute la dernière demi-heure. Tant de talents dans le délire total m’émeut. J’ai ri comme jamais et la dernière scène, atrocement subtile et jouissive m’a fait ouvrir la bouche en grand d’étonnement.

Alors, oui, c’est vrai, ce n’est pas très fin. Mais que voulez-vous. Ça fait du bien de rire, non ? D’autant qu’un film dont l’un des héros est non seulement gay mais se trouve également être un hamburger est bien trop rare pour que l’on s’en prive.

Brad Pitt n'a aucun charisme face à Paco, le burger gay !

Bon appétit !

DVD et Blu-Ray uniquement dispo en Import US

Capitaine Mac Aaron

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