THE BIG C – Saison 1

Ma conscience professionnelle me pousse à regarder les Grey’s anatomy, les Drop Dead Diva et autre Gossip Girl sous ma couette avec thé et chocolat pour vous lecteurs. Admirez mon abnégation la larme à l’œil tout comme je le fis lors du final de la saison 6 de Grey’s

Eh bien, après en avoir soupé un max avec l’écriture balisée des scénaristes américains et la vision du catastrophique Enlightened porté par une Laura Dern hystérico-déprimante, je me disais qu’un peu de renouveau dans le drama serait tout de même le bienvenu…

Tout le monde peut chouiner même devant le plus insipide des téléfilms américains du dimanche après-midi où l’on suit, généralement, une-mère-alcoolique-et-toxicomane-avec-un-cancer-de-l’oreille-droite-qui-se-fait-battre-par-son-mari-et-se-fait-enlever-ses-enfants-avant-un-final-où-tout-est-bien-qui-finit-bien-sauf-tes-yeux-tout-embués-du-début-à-la-fin

Le pouvoir lacrymal de Grey's Anatomy est exemplaire - Saison 6, final.

S’appesantir sur le malheur, ce que font très souvent les scénaristes de séries, est devenu un tel poncif qu’on ne se plonge dans leurs visionnages qu’avec notre boîte de Kleenex parce que l’on sait très bien ce qu’il va nous arriver même si l’on espère à chaque fois résister à ces facilités (ne dites pas le contraire, je vous ai vu!!!). Souvenez vous de la fusillade dans Grey’s où l’on se lamentait sur le sort d’un second couteau que Bailay n’avait pas pu sauver. Épisode formidable mais aux enjeux aussi profond que les ambitions de Miss France 2012.

Alors imaginez moi voir le pitch de la nouvelle série The Big C et vous saurez pourquoi j’ai renouvelé mon stock de mouchoirs avec appréhension :

Cathy, mère d’un ado en pleine ébullition et professeur d’histoire, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Elle décide de cacher son état à sa famille pour éviter pitié et compassion.

Le Pr Wicked et moi-même ayant tiré à la courte paille, c’est agacé que je me mis à regarder la demi-heure de ce « Tire-larmes ». Bien m’en a pris puisque la série du Professeur s’est révélé décevante (The Walking Dead Sucks!) tandis que moi, j’ai avalé la première saison avec une pêche de tous les diables.

Reprendre sa vie en main : Enlightened Vs The Big C

Enterrons définitivement le projet porté par Laura Dern où une quadragénaire hystérique, après un passage dans un camp de méditation, décide de changer de comportement. Plat, sans enjeux, n’incitant en rien à en regarder la suite, c’est un projet d’acteur – certes tous très bon – qui se révèle vite vain.

The Big C envisage l’angle d’attaque par le biais du cancer tout comme Breaking Bad l’envisageait : le cancer n’est pas le sujet, c’est une marche vers un discours sur la relation aux autres et envers soi-même.

La force scénaristique de la série tient dans son concept premier : il n’y aura que cinq saisons : chacune représentant un palier vers l’acceptation. La première saison définit le déni. Cathy ne souhaite pas révéler sa maladie mais, le sachant, tente de se reprendre en main. S’ensuit de chouettes moments d’humour noir critiquant tous nos petits travers.

Des personnages justes

Le fils de Cathy est de loin le personnage le plus égoïste (un ado, quoi!) qui aime les blagues tordues et qui, dès le premier épisode, se fait remettre à sa place de très belle manière. Son mari, qui sent que quelque chose ne va pas, croit que sa détestation des oignons est la raison du changement. Ses tentatives de rapprochement sont aussi touchantes que grotesques. Le frère de Cathy, quant à lui, SDF par choix et militant écologiste extrême, se moque des désirs de confort des autres à en être pitoyable.

La merveilleuse Gabourey Sibide.

Les plus beaux personnages sont Marlene, la voisine aigrie et contradictoire qui se révèle peu à peu indispensable et une jeune lycéenne – la merveilleuse Gabouray Sibide qui joua dans Precious, toujours aussi incroyable de justesse – qui déstabilise Cathy par son naturel (leurs échanges sont toujours jouissifs).

Mais c’est Cathy (interprétée par Laura Linnay, formidable !) qui impressionne par son côté lumineux. En empêchant la compassion des uns et des autres, elle les observe avec acuité et se pose les bonnes questions sans imposer la moindre morale.

Refus du Pathos

Certes, il y a des moments tristes lors de cette saison, mais la réalisation, alerte, ne s’appesantit jamais et surprend en contrebalançant la noirceur du sujet par un humour grinçant et toujours juste. Le scénario s’empêche de tomber dans le piège du cliffhanger, et c’est plutôt les personnages qui vous incitent à continuer d’enchaîner les épisodes.

« un concentré de vie à l’état brut »

La mise en scène en retrait, toute la force vient des personnages et de leurs interactions déjà très fortes. On peut saluer le talent d’écriture de la scénariste, Darlene Hunt qui porte le projet, pour avoir pris la peine de prendre à contre-pied le sujet.

Nous sommes, pour une fois, plus emportés par les évolutions des uns et des autres que par la technique du récit. Ciselé, juste, drôle, les éléments s’emboîtent si subtilement que lorsqu’enfin vos larmes coulent, cela se passe lors du générique et bien après.

Le final, simple, est juste grandiose de vérité.

Ne vous refusez pas à The Big C, c’est un concentré de vie à l’état brut.

The Big C

Créé par Darlene Hunt

Diffusé en ce moment sur Canal +

Capitaine Mac Aaron

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