Pink Floyd – The Wall – La pierre angulaire du Rock anglais

C’est une fatalité, 2012 approche. Personne n’y échappera, c’est comme ça.

Outre ces cons de mayas qui s’amusent à foutre les miquettes à tout le monde en agitant un calendrier débile, 2012 marquera un autre événement, tout aussi digne de figurer  sur votre calendrier de bon chrétien : Les 30 ans de la sortie au cinéma du film basé sur l’album incontournable des Pink Floyd : The Wall.

Alors là on ne rigole plus… Votre fidèle Professeur Wicked  ne vénère pas que Scorsese. Non il idolâtre aussi les Pink Floyd. Et il se met à parler à la 3éme personne, ce qui est sommes toute rudement gonflé (j’hallucine, le sans gêne du mec ! ).
Il faut dire que, comme à mon avis pas mal d’autres  trentenaires,  j’ai grandi avec les Pink Floyd  joués  tous les week-ends sur la stéréo du salon (merci papa).
L’oreille ainsi prédisposée à accueillir de la musique qualifiée caricaturalement de musique de drogués par des animateurs radio aux Q.I de moules  (pardon aux moules), je fût mur à l’adolescence pour écouter vraiment sur mes CD cette musique que je ne faisais qu’entendre avant.

Car les Pink Floyd mes chers lecteurs, méritent mieux que d’être sifflotés  sur « Money » entre  2 « Another brick  in the wall ». C’est une expérience musicale unique dans l’histoire du rock, et toujours inégalée.

Chaque album est un voyage dans un concept où les pauses entre les morceaux n’existent pas. On embarque avec la première chanson et on reste en apesanteur jusqu’ à la dernière sans avoir pu déceler le passage d’une chanson à une autre.

Une place leur était réservée depuis longtemps sur le canapé qui aura rarement aussi bien porté son nom d’intergalactique. Asseyez-vous (on écoute pas les Floyd debout), et fermez vos yeux (enfin gardez les ouverts le temps de la lecture c’est plus pratique ).

Nous voici partis dans l’exploration de l’album central de leur carrière, le canapé au pied du mur, c’est parti !

Origine d’un chef d’œuvre :

1973. Dark side of the moon sort dans les bacs.

Avec 45 millions d’albums écoulés à ce jour, c’est le 3éme album le plus vendu de l’Histoire juste derrière Thriller de Michael Jackson, et Back in Black d’AC/DC. Ouais bon pas mal…
Jusque-là suivis principalement par le milieu underground, les Pink Floyd se mettent à être diffusés sur les radios, à être écoutés par des gens qui ne connaissent que vaguement leur nom , et deviennent « Mainstream » (grand public), bien malgré eux.

Un mal être commence à naître dans le groupe, jusque là insouciant, lorsqu’ils se retrouvent plongés au cœur des méandres artistico-financiers quii les dépassent

Hmmage au premierchanteur des Pink Floyd Syd Barett, que le groupe laissa à ses délires schyzophréniques et replça par David Gilmour

Ce sera de ce dégoût pour le showbiz qu’émergera le sublimissime album Wish you were here, (mon préféré) en 1975 .L’excellent morceau Welcome to the machine témoigne de ce sentiment plein de mélancolie sur leurs jeunes années de musiciens débutants.

Deux ans plus tard en 1977 aru le ténébreux Animals, critique amère sur la société moderne aux mélodies sombres et lancinantes. Un autre joyau où chaque animal évoqué est la métaphore d’un groupe social (chiens, cochons, moutons).

En l’espace de 4 ans et 3 albums concept absolument incontournables, nos  anglais si habitués à jouer dans des salles raisonnablement grandes  remplissent à présent des stades entiers.

Animals, une pochette culte.

Et là où ils avaient un contact direct avec un public qui partageait leur goût de l’expérimentation musicale, les voila devant des spectateurs venus plus pour les drogues qui circulent dans le public que pour leur musique planante.

Paradoxe ironique de l’Histoire que de se retrouver coupé de son public lorsqu’on atteint le succès mondial.

C’est dans ce contexte qu’on soir de la tournée d’Animals , en juin 1977  Roger Waters, bassiste, chanteur et compositeur du groupe, dérapa. Frustré et agacé par un public qui faisait partir des feux d’artifices qui l’empêchait de chanter, il s’énerve une première fois en leur disant d’aller s’amuser dehors s’ils ne veulent pas écouter le concert.

Le show reprend, jusqu’à ce qu’un fan hystérique tente de grimper sur scène. Ni une ni deux, Waters lui crache dessus.

Après le concert, consterné par sa propre réaction, Waters déprime, se demande comment il en est arrivé à cracher sur son public.Et puis il se fait une remarque anodine : si je pouvais, pour avoir la paix,  je jouerais derrière un mur !
The Wall était né.

Le joyau maudit du rock :
Petite précision, je vais vous parler de la version double vinyl de The Wall. Pour une simple et bonne raison, les morceaux s’enchaînent sans discontinuer sauf bien entendu à la fin de chaque face. L’oeuvre à donc été composée en fonction de ces coupures qui peuvent surprendre quand on écoute le CD.

Attention, pour vous le canapé à ouvert ses soutes pour vous dévoiler sa collec’ perso. Un objet que tout fan de rock se doit de posséder. (En plus on a une jolie nappe !).

Né d‘une souffrance personnelle et de la douleur toujours vive du manque de leur pote Syd Barett qui avait fondé le groupe, toujours en hopital psychiatrique, l’album sera plus l’œuvre de Waters que celle du collectif.
Il y racontera comment de son enfance à l’age adulte, tout ne fût qu’accumulation frustration et malaise sociale pour le personnage, dénommé « Pink ».

Pink c’est Roger Waters et Syd Barret fondus en en personnage fictif réunissant tout leur mal être dont chaque traumatisme constituera une nouvelle brique au mur qu’il a construit dans sa tête pour s’isoler du monde extérieur (sur le premier disque) avant qu’il ne glisse dans la folie (sur le second disque)

Syd Barrett, à gauche, Roger Waters à droite, les deux visages de Pink, le héros de The Wall.

Une autobiographie plus ou moins romancée de Waters et de Barrett qui débute par la mort du père que Waters ne connut pas car tué à la seconde guerre.
Cette partie de sa vie est évoquée dans Another brick in the wall Part 1 , 3éme morceau du premier disque. « Papa à traversé l’océan, ne nous laissant que des souvenirs, des photos dans l’album de famille, papa que m’a tu laissé d’autre ? En fin de compte ce n’était qu’une brique de plus dans le mur ».

Cette complainte s’inscrit parfaitement dans la lignée de la chanson qui la précède the Thin ice, plus longue et à la mélodie plus angoissante, évoquant une fine couche de glace sur laquelle marche le jeune Pink, métaphore de l’insécurité d‘un jeune enfant fragile émotionnellement (ah les artistes et leur passé compliqué !).

Ellipse temporelle, nous voila transporté au moment où Pink est un jeune écolier. Dans le titre ironiquement appelé The happiest days of our lives (les jours les plus heureux de nos vies) il nous raconte, sur fond de rires moqueurs, que des professeurs sadiques humiliait les élèves timides et réservés. Avant que ne monte la colère jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus et clame « WE DON’T NEED NO EDUCATION ! ».

Cette révolte jaillit dans LA chanson la plus connue des Pink Floyd, Another Brick in the Wall, part 2 qui est indissociable de son amorce The happiest days of our lives. Nombre de radios ne diffusent pas cette introduction , ôtant tout le sens de la chanson.

De toute façon si vous voulez mon avis de fan, extraire une chanson d’un album des Pink Floyd est une hérésie à la base. Tout comme on n’extrait pas un chapitre d’un livre, on n’isole pas une piste des albums concept des Pink Floyd .

Persécuté par ses professeurs , le jeune Pink va chercher du réconfort auprès de sa mère. Une mère que l’on découvrira être abusive et castratrice dans le morceau Mother, qui suit. « Maman rendra tout tes cauchemars réalités, Maman choisira tes petites amies pour toi, Maman gardera son bébé au chaud ».
Encore une nouvelle brique sur le mur et fin de la face A du premier disque.
Inutile de dire qu’on retourne la galette aussitôt.

On est accueillis par Goodbye Blue Sky, magnifique ballade angoissée sur les traumatismes d’une enfance marquée par la guerre. S’ensuit le très rock et enlevé Young Lust et son mythique « Hoooo I need a dirty woman », chanson où Pink accède au rang de rock star et réclame des groupies …le ptit coquin !

L’euphorie est de courte durée car arrive en suite Young lust , morceau mélancolique  sur l’amer constat de la déliquescence de son couple, qui débouche sur la dispute finale du couple qui éclate dans un morceau fatalement violent : One of my turns.

Le sublime Don’t leave me now est la dernière pièce venant achever le mur de solitude que Pink s’est erigé, ce qu’il clame haut et fort ans Another Brick in the wall-part 3, avant d’adresser un adieu au monde dans le bien nommé Goodbye crue world. « There’s nothing you can say to make me change my mind…Goodbye ».
Fin de la construction de son mur, et fin du premier disque, sublime de mélancolie, qui porte surtout sur la vie de Roger Waters.

Avec le second disque, nous plongeons dans la psychose de Pink, et donc vers la personnalité de Syd Barrett.
A un titre purement personnel, c’est la partie que je préfère car plus onirique et theatrale.  Ce second disque est truffé de classiques qu’on peut écouter en boucle, allongé dans le noir, en tripant comme un malade (aaaah mes années lycée).

Ça commence avec le colossal Hey you, où Pink réalise que le mur qu’il s’est construit et trop haut, l’isolement n’est peut-être pas la solution… Ce qui nous mène au sublime Is there anybody out there ?, chef d’œuvre dont les seuls paroles sont celle du titre, suivi d’un solo à pleurer de beauté.

Visiblement il n’y a personne out there, son mur marche trop bien. Ce qu’il décrit dans Nobody Home, zappant sur des programmes je cite « de merde », et n’arrive plus a joindre son ex, perdu entre ses mégots et ses assiettes sales.
Dans cette canson se trouve le vers qui me colle la chaire de poule immanquablement : « I’ve got a strong hurge to fly but i got nwhere to fly to, fly to fy to.. » (« j’ai une forte envie de voler mais je n’ai nulle part où atterrir »). Une tristesse et une poésie qui se termine dans l’écho infini de la solitude.

Le temps de 2 chansons un peu moins bonnes (Vera, Bring the boys back home) où Pink replonge dans ses souvenirs d’enfance en période de guerre.

Mais peu importe car arrive la pépite de l’album : Comfortably Numb.
Si vous ne devez écouter qu’un morceau de l’album, par pitié, écoutez celui-ci. Vous aurez une idée de l’ensemble de l’album car elle en rassemble toutes les facettes : paisibilité, angoisse, envolées musicales virtuoses. Bref une perle dont voici la performance scénique de 1980 ci dessous.

La chanson aux deux solos votés dans tous les classements comme étant les deux meilleurs solos de l’histoire du rock (oui quand même !), à été reprise des centaines de fois. La plus récentes (et moins heureuse) étant la disco des Scissor Sisters (qui ont perdus mon respect dans la foulée). Pink y décrit sa lassitude du showbiz et évoque son confortable engourdissement.
Il est très ardu de vous décrire le sentiment qui vous envahit quand vous laisser la chanson vous emporter.on navigue en apesenteur entre les couplets qui sont si superbement reliés par ces solos monstrueux.
Ce monument du rock clos la face A du deuxième disque.

La dernière face de The Wall débute paisiblement avec The show must go on où les agents et le medecin de Pink le gave de médicaments pour qu’i remonte sur scéne . In the Flesh qui ouvrait le tout début de l’album est décliné ensuite pour nous parler de ce retour sur scéne . Devenant fou  le personnage se fantasme en leader fasciste qui ordonne l’exécution de têtes qui ne lui reviennent pas contre son fameux mur . Chanson baroque et sublime.
Dans Run like Hell, chanson suivante, Le dictateur pour qui il se prend lance une attaque sur la ville ordonnant pillages et violences.
Waiting for the worms et Stop nous amménent à la fin du délire, Pink en à assez de son rôle de dictateur envers son public et, de culpabilité, s’inflige un procés.
The Trial (le procés) est encore un chef d’œuvre. Un morceaux theatrale baroque, dantesque et symphonique. Violons se joignent aux guitares, tandis que la voix d’un juge virulent s’en prend à Pink, qui gémit « Crazy, I am crazy »  rejoins par des chœurs qui entonnent les mêmes paroles.Le film d’animation suivant était projeté sur le mur geant érigé sur la scéne pendant le concert au moment de la chanson.

Le juge va finalement lui infliger comme sentence d’abattre le mur. Une foule scande « Tear down the wall » (abattez le mur).

Pink remonte à la surface, et termine son odyssée rock avec Outside the wall, constat fataliste où il se dit qu’il est bien dur pour n’importe qui de ne pas se construire le même genre de mur.

Je me met à la place de la personne qui n’a jamais écouter cet album, et qui doit se dire « Eh ben, c’est gai tout ça ! ».
Pour vous rassurer, rappelez vous la beauté du Requiem de Mozart, , ou même du Chanteur de Balavoine. De la plus profonde des détresse naît parfois des œuvres à la beauté maudite, qui brille telle des perles noires.

Et c’est ce qu’est The Wall. Un joyau maudit de la musique moderne.

Les autres vies de l’album:
Les Pink Floyd ont toujours eu un gôut pour la mise en scéne dantesque, et les stades leur permirent de laisser s’exprimer leur potentiel pleinement.

Fidéle à la pochette de l’album Animals, la mise en scéne colossale des concerts des Pink Floyd à toujours été la marque de fabrique du groupe

La seule photo connue de l’incident. Un morceau de l’histoire du Rock.

Lors de la fameuse tournée pour la promotion de Animals en 1977,quelques jours avant l’incident dit « du crachat sur le spectateur », eu lieu un autre imprévu. celui dit « du cochon volant enflammé. l’enorme cochon volant survolant le public fut malmené par le public et finit en flamme sur un parking des environs du stade.

Et oui, voir les choses en grand, comporte des risques.
Rappelez vous, l’album est né de l’envie de Roger Waters de jouer les concerts du groupe derrière un mur, pour ne plus voir le public.

Alors devinez donc ce qu’il propose pour la tournée de The Wall toujours dans lamême veine grandiose… de jouer derrière un mur bien sûr !

Les autres membres du groupe trouve le concept intéressant bien que trop radical pour eux et propose une solution intermédiaire..
Puisque le premier disque raconte comment Pink s’est construit son mur dans sa tête, la scénographie reprendra cette idée, et briques par briques au fil des chansons le mur s’ errigera devant les musiciens pour qu’au dernier morceau du premier disque Goodbye cruel world il ne reste plus qu’un creux au milieu du mur laissant apparaitre la tête du chanteur, avant de se fermer laissant le spectateur face à un énorme mur de 12 mètres de haut.

Puis c’est l’ entracte.

Dans la seconde partie du concert , la scénographie consistera à projeter des animations illustrant les délires de Pink, tandis que Waters chante devant le mur, pendant que le reste du groupe reste derrière le mur.

Projection d’une animation sur le mur complété. Baroque et grandiose.

Quel ironie quand on pense que c’était Waters qui voulait rester derrière.

Le tout sera accompagné d’énormes figures gonflables articulées, tirées des dites animations.Ainsi, sur Another Brick in the wall part 2 un énorme professeur effrayant de 10 métres de haut surgit de derrière le mur.

Hey Teacher ! Leave us kids alone !

A la fin du concert le mur tombe au son des « Tear down the wall », devoilant le groupe resté derrière. La chute d’un mur de 12 mètre, un final sublime et théâtrale à l’age du reste de la scénographie du concert.
Je ne saurais trop vous conseiller pour avoir l’histoire complète de ce concert hallucinant le documentaire : Behind the Wall, disponible pour une bouchée de pain

Basé sur les animations developpées pour le concert le réalisateur Alan Parker tirera un film éponyme dont c’est le 30 éme anniversaire l’année prochaine.

Affiche de The Wall-1982

Interessant mais pas essentiel non plus, ce film s’il reprend sans problème la chronologie de l’album , comporte des séquences filmés où Bob Geldoff incarne Pink. Cette démache même si elle à le mérite de décliner l’album via un autre médium, a l’inconvénient de nus ôter les images oniriques nées dans notre esprit à l’écoute du disque, ou à la vision du concert.

D’ailleurs, tout les membres du groupe n’ont pas adhéré au film, qui rete néanmoins un objet filmique interressant.

Epilogue:

The Wall constitue un tournant dans la carrière du groupe. c’est lors de la tournée que Roger Waters ris ses distances avec le reste du groupe se dirigeant vers une carrière solo.

L’album suivant The final Cut, assez méprisé par les fans, sorti en 1983, sera en fit le premier album slo de Waters, bien qu’estampillé Pink Floyd.

le dernier album de la formation originale des Pink Floyd…ou le premier album solo de Roger Waters…c’est selon.

Certaines chansons n’ayant pas trouvées leur places sur The Wall y figurent. C’ est en fait un hommage à Eric Fletcher Waters, le père de Roger, qui non seulement  composé et interprété tout les morceaux, maisà aussi sous titré l’album  » Un hommage à Eric Fletcher Waters, par Roger Waters, interpreté par les Pink Floyd ». C’est dire la distance prise dans le groupe.

Roger Waters quittera le groupe peu aprés, et les 3 membres restant continuerons à utiliser le nom du groupe, à la grande colère de Waters.

Mais ça, c’est une autre histoire.

Professeur Wicked

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