Le clan des Otori : Les Neiges de l’Exil

Dans le premier Tome du Clan des Otori : Le Silence du Rossignol, nous avions abandonné Takeo et Kaede à leur funeste Destin. Takeo se retrouve soumis à La Tribu par un pacte d’honneur pour devenir un assassin tandis que Kaede, au mépris de la tradition, s’evertue à devenir maîtresse de ses propres terres et refuser le moindre mari.

Pourtant, l’amour des deux amants brûle depuis leur union dans le sang du tyran.

Les derniers chapitres du premier tome ont chaviré les cœurs et les nerfs de leurs lecteurs. C’est avec fébrilité que l’on dévore ce deuxième tome d’aussi haute volée que le premier. Takeo, ainsi soumis à sa nouvelle famille, est le négatif de la Kaede enfant que nous avions découvert auparavant. Kaede, elle, découvre que sa féminité est un pouvoir qui peut-être tout aussi  bien politique. Elle cherche ainsi à être l’égal des hommes.

Ces deux êtres que nous, lecteurs, voudrions unis, cherchent à s’oublier l’un l’autre. Takeo en acceptant sa nouvelle condition d’apprenti assassin et Kaede en jouant du désir qu’elle provoque pour parvenir à ses fins. Évidemment, l’on devine que ces choix, dictés par la contrainte de leurs conditions précaires, vont une fois de plus orienter l’avenir vers plus de noirceur.

Lian Hearn à un vrai talent de feuilletonniste allié à une prose d’une poésie inégalé dans la littérature jeunesse. De plus, elle révèle une audace thématique qui ne cesse de surprendre. Si la haine et la rancoeur faisait la force motrice du premier tome, c’est ici l’espoir et le desespoir qui s’affrontent.

Le monde imaginé par Lian Hearn est tellement réaliste, qu’évidemment, nous ne faisons qu’imaginer le pire et pourtant, la révolution est en marche… Tout comme ses conséquences.

Les différents personnages secondaires, une fois de plus, sont époustouflants de vérité, pathétiques et fascinants. Sire Fujiwara, collectionneur de poupée homosexuel, fascine par le regard malsain qu’il porte envers Kaede. Le jeune moine Makoto, qui réprime ses désirs envers Takeo, exprime une loyauté presque violente sous des dehors apaisé. Jo-an, l’illuminé persuadé que Takeo est un envoyé du Dieu unique, inspire la pitié tant lui et son peuple sont niés en tant qu’êtres humains.

Le plaisir de lecture est total, tant par la langue (chouette traduction) que par la poésie des situations. Le récit n’en demeure pas moins épique et réaliste même si la construction, brillante, évoque le Jules Verne rocambolesque des meilleurs jours (Michel Strogoff en tête). Les émotions sont fortes pour les personnages comme pour le lecteur, ce qui en fait un livre tout à fait acceptable tant pour l’adulte que pour l’adolescent. Audacieux, palpitant et doté d’un rare sens du merveilleux, le deuxième tome des Otori  augure du meilleur pour la suite.

La neige tombe lentement alors que se prépare le pire. La nuit s’apprête à tomber tandis que la mélodie d’une flûte résonne dans la montagne. Cinq batailles vous attendent. Quatre Victoires et une défaite.

En lien ici :  le site dédié à la saga chez Gallimard, ainsi qu’un extrait du 5ème et dernier tome Le fil du destin

Paru chez Gallimard :

Le silence des rossignols (2002)
Les neiges de l’exil (2003)
La clareté de la lune (2004)
Le vol du Héron (2007)
Le fil du destin (2007)

Captain Mc Aaron   

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