Luck – Michael Mann revient à la série.

Salut à tous les amis.
Entre deux indigestions de dindes, et quelques bisous piquants de nos tatas poilues du menton, nos petites cervelles ont cogité pas mal.
Voyez vous, ce Mercredi viens de sortir Killing Fields d’ Ami Canaan Mann.
Dans le même temps nous découvrîmes par la magie d’internet et de HBO, le pilote de Luck, la nouvelle série télé de son papa, Mr Michael Mann.
Et vraiment on voulait vous parler des deux.
On avait en entrant dans la salle de Killing Fields, l’espoir de retrouver le miracle filial Coppola père et fille.
Manque de bol, Ami Canaan Mann n’est pas Sofia Coppola, et son film est, pour faire court, une succession des clichés des séries policières qu’on nous sert depuis les dix dernières années (duo de flics epaulés par une inspectrice, avec la traque d’un serial killer sur fond des déboires sentimentaux d’un des flics…du jamais vu depuis Bones, Lie to me, Les experts, et j’en passe ).
Et comme nous on préfère vous dire « regardez donc ça, ça déchire », plutôt que « n’allez pas voir ce film, il est naze », on s’est donc retourné vers Luck, la dernière œuvre de papa Mann.
Un réalisateur qui à chaque nouvelle réalisation confirme son immense talent.

Synopsis :

Chester “Ace” Bernstein (Dustin Hoffman), parieur hippique professionnel sort de trois ans de prison, qu’il a fait pour courvrir le reste de son organisation plus ou moins mafieuse.
De retour sur le terrain, il se refait doucement sa place dans ce milieu très fermé. Parallèlement à cela, quatres quadras parieurs sur le retour se mettent d’accord pour parier tous les mêmes numéros d’une course au jackpot mirobolant de 2 millions de dollars.

HBO, la chaine cinéma :
Que ce soit Spielberg avec Band of Brothers et The Pacific, Scorsese avec Boardwalk Empire, ou maintenant Michael Mann avec Luck, ce qui les a décidés à  s’embarquer dans l’ aventure de la série télé, c’est qu’ HBO leur laissait carte blanche avec un budget énorme, pour qu’ils mènent leur projet comme ils le voulaient. Pour Mann ce n’est pas une première, c’est lui qui est à l’origine de la série 2 flics à Miami dans les années 80, dont il a tiré un film récemment.

Qui dit gros budget, dit gros enjeux, donc promo ultra travaillée.
Comme pour une grosse production américaine, ça fait un moment que la chaîne laisse échapper savamment les noms des membres du castings, puis des teasers, et enfin une bande annonce.
Et à la vue de ces éléments, tout fan de Michael Mann était désormais sur les dents.
Cela va jusqu’à la stratégie de diffusion du pilote.
HBO a mis toutes les chances de son côté et a utilisé comme lead-in (locomotive, quoi) le season finale de la saison 2 de Boardwalk Empire. Un Mann qui suit un Scorsese…ouais y’a pire comme soirée télé !

 It’s a Mann’s world :
Michael Mann a grandi à Chicago dans les années 50, une ville qui portait encore les cicatrices de la dépression et du grand banditisme.
La ville était livrée à la Mafia et à des Gangsters comme Tony Accardo et Sam Giancana. “Tout le monde connaissait leur noms » déclare-t-il à ce sujet.

Fidèle au cadrage, avec sa caméra H.D pour toujours plus de réalisme, même dans un film sur le gangstérisme des années 30. Public Ennemies avec Johnny Depp et Christian Bale.

La relation policiers/criminels le fascinait à l’époque et continue d’imprégner ses films, sans qu’on puisse en faire non plus un élément qui caractérise son cinéma.
Mann n’est pas uniquement un réalisateur de films de gangsters.
Il aime surtout se plonger dans des récits basés sur des faits réels qui lui permettent d’explorer ce qu’il préfère : la nature des relations humaines (Le dernier des Mohicans, Ali, Révélations).
Heat, Collateral, Deux flics à Miami, Public Ennemies
bien qu’axés sur des histroires policières explorent aussi cette piste.
Il suffit de regarder le sublime face à face Pacino/De Niro, dans Heat pour comprendre que ce qui intéresse Mann c’est bien plus leurs échanges verbaux , la mécanique sociale à l’œuvre, plutôt que leurs échanges de coups de flingues.

Sans doute la meilleure scéne du cinéma de Michael Mann : Pacino et de Niro, un flic face à sa proie, se racontent leurs états d'âmes. Ce qui intéresse Mann c'est plus leur relation que leurs tirs.

Luck rejoint cette très belle liste, et ne déroge pas à la règle.
On est certes dans le milieu louche et très codé des paris hippiques, en présence d’Ace Bernstein, un ancien gros bonnet, mais le caïd est vieillissant, fatigué et on explore plus comment il se remet de ces années de prisons, des conflits internes de cet homme, plutôt que de partir sur des intrigues mafieuses.
En parlant de son intérêt pour les personnages, n’oublions pas tous les autres, de personnages.
Ce petit groupe de parieurs quadragénaires est excellent mais on retiendra surtout la prestation du doyen incarné par l’éternel « c’est quoi son nom ? » Kevin Dunn (mais si, le père de Shia dans Transformers…ha vous voyez vous le connaissez).
Un excellent acteur sous-estimé qui peut ici nous montrer l’étendu de son talent dans ce rôle étrange de parieur en chaise roulante et sous aide respiratoire.

Bien sûr il y a aussi et surtout le gigantissime Dustin Hoffman, qui n’a finalement pas tant de scènes que cela dans le pilote, mais quel bonheur.

Y'a pas à dire, Dustin il a la classe !

Michael Mann voulait Hoffman pour le rôle car il voulait voir, une facette que l’acteur n’avait pas encore explorée. Dustin Hoffman raconte :
“Lors de la première rencontre avec Michael Mann et David Milch, Mann m’a dit, ‘ j’ai regardé votre travail et vous avez tendance à subir. Vos personnages ont souvent tendances à réagir à quelque chose une fois que cela a eu lieu ». Dans le personnage d’Ace Bernstein il voyait pour moi une occasion d’être à l’origine, de provoquer les choses. D’être un agresseur plutôt qu’une victime.
J‘ai trouvé cela intéressant. »

Michael mann (à droite) dirtige Dustin Hoffman.

C’est très bien vu de la part de Mann, et le résultat est plus que convaincant.
Reste Nick Nolte, vieil éleveur et acheteur de chevaux dont on n’apprendra pas grand chose, mais qui installe plusieurs pistes à suivre avec intérêt pour la suite de la série.

Outre le traitement psychologique trés « Mannien » de ces types peu recommandables au jargon obscur, on retrouve aussi, avec délice ce que personnellement on préfère chez Micheal Mann : le filmage à la caméra HD. Le Captain Mac Aaron m’a informé que cette caméra est une HD 4k  ARRI Alexaqui. Ça c’est pour le coté technique. Visuellement on est toujours dans plus de réalisme avec des lumières vives qui transcendent les sujets filmés…
Très honnêtement en voyant que la série porterai sur les courses hippiques on était un peu dubitatifs. Maintenant qu’on a les images, on comprend que ce n’est qu’un prétexte pour le réalisateur à essayer de continuer à innover dans sa manière de filmer.
Et quelle réussite !

une camera HD au ras du sol, une vitesse folle, on sentirai presque le pouls des chevaux nous battre dans les tempes

On est happé par le filmage de ces courses de chevaux comme par celui de la fusillade  ébouriffante de Heat, qui reste un modèle de filmage du genre.
Il suffit de voir le générique pour reconnaître le style de Mann : Néon, nuit, tout y est.

Grâce à son talent pour filmer et son art de construire une tension palpable, Mann plonge le spectateur au cœur de ce monde inconnu , le coeur palpitant au rythme des sabots frénétique des animaux, des cris des parieurs tendus.
La tension est la marque du cinéma de ce grand Monsieur, et on n’est pas déçu.
On vous met au défi de sortir de cet épisode pilote reposé.

Alors même si seul le premier épisode est réalisé par Michael Mann, il garde le contrôle absolu de cette première saison de 10 épisodes d’une heure, en étant le producteur exécutif. David Milch lui a écrit l’ensemble de la saison, et Dustin Hoffman est également producteur.
Oui vraiment, ça promet une belle suite !

Luck De Michael Mann et David Milch, avec Dustin Hoffman, Nick Nolte et Kevin Dunn.
 La suite de la première saison de Luck sera programmée à partir du 29 Janvier 2012 sur HBO

Professeur Wicked

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