How i met your mother, le dossier legend…wait for it…dary ! Legendary !

Vous vous souvenez de votre été 2004 ? Non ? Moi, oui ! Car ce doit être le seul moment de ma vie où la fin d’une série me faisait me mettre à genoux en criant, poings levés au ciel : « POURQUOIIIIII, DIEU, POURQUOIIIIII ?! », et de murmurer entre deux sanglots étouffés :  «  Mais c’est pas possible, qu’est-ce que je vais regarder moi maintenant ?! ».
Et oui, FRIENDS diffusait son dernier épisode après 10 saisons de réplique cultes, de moments hilarants, et de personnages aussi barrés qu’attachants.
Peu à peu, comme après un chagrin d’amour, je me faisais une raison, le temps passe et le cœur oublie… Et on peut toujours regarder une 20ème fois l’intégrale de la série.
Et puis arriva 2005, qui vit débuter sans grand lancement tonitruant une petite sitcom sympa mettant en scène 5 potes, trois hommes et deux femmes, vivants eux aussi à New York.
Eux n’ont pas 25 ans comme au début de FRIENDS, mais 27 ans, évolution du public-cible oblige. Et là, oh joie, on rit de nouveaux avec nos nouveaux potes qui galèrent tout autant dans leurs vies personnelles et professionnelles que Ross, Chandler, Phoebe  et consorts.
Un nouveau  rendez-vous hebdomadaire désopilant venait de naître, et très vite j’en parlais à tous mes potes fans de FRIENDS.

C’est l’histoire de sa viiiiiie :

Voici donc l’histoire de Ted, 52 ans, qui en 2030 assoit ses deux enfants sur le canapé familial pour leur raconter comment il a rencontré leur mère, 25 ans plus tôt.
Ted Mosby (Josh Radnor) est un architecte célibataire de 27 ans qui vit avec ses deux meilleurs amis de fac : Marshall Eriksen (Jason Segel), étudiant en droit, et Lily Aldrin (Alyson Hannigan), institutrice de maternelle, aspirante artiste. Lily et Marshall sortent ensemble depuis 9 ans.
Ted raconte dans le pilote que sa vie a basculé le jour où Marshall a demandé Lily en mariage. Dès lors, il n’eut plus qu’une idée en tête: trouver la femme de sa vie.
Ceci n’est pas du tout du goût de son “meilleur ami” auto proclamé: Barney Stinson (Neil Patrick Harris). Un incorrigible séducteur en série, aux théories de dragues aussi tordues (déguisements, fausses identités) qu’étrangement efficaces pour mettre dans son lit des femmes qu’il met un point d’honneur à ne jamais rappeler.
Ted, dans sa nouvelle quête de l’âme sœur, tombe sur Robin Scherbatsky (Cobie Smulders), une jeune journaliste ambitieuse d’origine canadienne, dont il tombe rapidement amoureux. Robin, elle, décide de ne pas brusquer leur relation et propose que tous deux soient d’abord amis. Ce premier épisode se termine, à la surprise générale sur le vieux Ted qui dit à ses enfants : “Et voilà l’histoire…de comment j’ai rencontré votre tante Robin ».
Et nous de nous dire « Saperlotte, ils m’ont eus ! Mais qui est donc cette mère mystérieuse ?! » Vite ! L’épisode d’après !

Mes amis, mes amours, mes emmerdes :

Le show fonctionne sur le même principe que FRIENDS, c’est-à-dire une sitcom tournant autour des problèmes soit amoureux, soit professionnels, soit familiaux des personnages.

Le QG de la bande. Un pub. Y’a pire !

Ces derniers n’ont pas comme point de ralliement un salon de thé à la Central Perk, mais un Pub, le Mc Laren. Lieu idéal pour s’épancher sur sa journée pourrie de taf, ses peines de cœur, ou venir se marrer un coup.

Ce n’est certes pas novateur, mais le processus d’identification marche très bien. On a tous les mêmes petits tracas, qu’on soit en couple ou seul, indépendant ou love addict, amoureux transis ou serial lover.
Comme dans FRIENDS, il y a trois intrigues qui s’entremêlent dans chaque épisode, qui fonctionnent très souvent sur un axe Lily/Marshall, un Ted/ Robin, et un autre Barney .

Dès le premier épisode, le ton est donné.
La dynamique Marshall/Lily, le couple trop meuuugnoooon communicant par télépathie, aux rites étranges auquel les téléspectateurs en couples peuvent s’identifier.

Ted le cœur d’artichaut romantique, et sa quête si désespérée de l’âme sœur qu’il en effraie plus d’une, auquel s’identifieront les garçons romantiques en mal d’amour (si, si ça existe !).

Robin, la working girl grande gueule, carriériste, amatrice de whisky et d’armes à feu. Un rôle à l’opposé des clichés féminins des séries qui plaira bien aux féministes.


Enfin, il y a Barney, le séducteur impénitent, en costard  qui écume les bars avec ses stratagèmes à la James Bond. Ce sont évidemment les jeunes célibataires masculins qui se retrouveront en lui, mais ce personnage est tellement génial qu’il deviendra très vite le préféré de tous les téléspectateurs.

The Barney Show :

Coupling, une géniale série britannique des années 90 construite sur le même modèle de sitcom entre potes, avait son Jeff. Un personnage ultra stressé, empoté avec les femmes, mais jamais à court de théories mystiques sur l’art de les approcher. Ci-dessous sa théorie très intéressante sur « les culs »:

FRIENDS, avait son Joey, l’italo-américain qui emballe n’importe quelle femme au grand damne de son colocataire Chandler, le rigolo de service. Un tandem irrésistible.

Dans les deux cas, ce sont eux les ressorts comiques les plus efficaces de la série, et qui firent le succès de celles ci. Le départ de Jeff à la fin de la saison 3 de Coupling engendra une baisse d’audience pour déboucher sur l’arrêt de la série un an après.
De même, FRIENDS perdit de son panache quand Monica et Chandler officialisèrent  leur relation au cours de la saison 5, brisant ainsi le tandem Joey/Chandler qui était le moteur de la série. Mais il nous restait les pétages de plomb de Ross qui prirent le relais efficacement sur les saisons suivantes.

How i met your mother  n’échappe pas à la règle.
Certes Marshall et Lily sont mignons, Ted est touchant et le côté barré de Robin est très drôle, mais la seule chose qu’on attend vraiment, c’est les nouvelles théories ou déguisements que va nous sortir Barney pour emballer de la gourdasse (oui, désolé, celles qui se font attraper ne sont pas finaudes).
Tout comme Joey avait son « How you doiiin’ ? » devenu culte, Barney lui restera dans les mémoires pour son « it’s gonna be legend… wait for it… DARY ! LEGENDARY ! ».

De son Bro code (code d’honneur du comportement entre potes) à son Playbook, listant toutes les techniques de dragues testées, notées et approuvées par Barney, en passant par le Blog de Barney que les créateurs de la série ont créés et alimentent réellement , c’est toute une mythologie qui s’est construite autour du personnage qui existe au-delà de la série.
Barney, c’est le salaud le plus adorable et classe (toujours en costume, Suit UP !) qu’on ai vu à la télé. Un machiavélisme tout en costume de soie qui en fait le Pr Moriarty du sexe.

Pour votre plus grand plaisir, voici le numéro musical dédié à son amour de la mode masculine. Un petit bijou porté par un Neil Patrick Harris au top :


Du concept audacieux au naufrage inévitable :

Raconter une histoire en flashback par le prisme d’un homme qui raconte sa vie à ses enfants voila une belle idée audacieuse. Un concept qui offre de nombreuses possibilités scénaristiques.
Comme adapter le discours officiel tenu à ses enfants en masquant les faits réels qui démystifieraient son rôle de père. Ainsi, il dira « On était en train de… manger des sandwichs » n’osant pas dire à ses mouflets qu’ils fumaient des joints, et l’image de montrer  Ted et ses potes de facs faire tourner des sandwichs qui font rigoler! Un double discours très drôle utilisé à plusieurs reprises.

Oh la vache tu l’as chargé le sandwich maaan !

Autre opportunité scénaristique de cette structure en Flashback, la possibilité de faire des petits flashforward dans un épisode pour poser un mystère qui sera résolu plus loin dans l’épisode ou dans la saison, voir dans d’autres saisons.

Une construction non linéaire bien foutue qui dynamise le tout. Mais qui, hélas, pose les premiers problèmes de la série.

A force de poser des pistes non élucidées, comme la présence de cette chèvre dans la salle de bain de la saison 1, toujours pas élucidée dans la 7ème saison actuellement en cours.
On finit par se retrouver devant une sorte de syndrome de Lost et on se surprend souvent au fil des saisons à se dire : «  Hé mais dis donc, on en n’a plus entendu parler de ça ! ».
Et c’est malheureusement ce qui se passe pour une intrigue qu’il est difficile d’oublier : comment il a rencontré leur mère ?
Vu les gueules ravies des mômes dans le premier épisode,  il a dût les asseoir de force. Son fils lui sort « On est punis pour un truc là ? » et sa fille « Ca va durer longtemps ? »…réponse de Ted : « Oui. »
Et les pauvres mômes n’avaient pas idées du temps que ça prendrait. Nous non plus d’ailleurs. Parce que 7 ans après on ne sait toujours pas comment il l’a rencontré, ni qui elle est.

Les enfants, je vais vous raconter ma vie pendant 7 ans ou plus…vous êtes contents ?

En appelant le show How i met your mother, les créateurs se sont littéralement tirés une balle dans le pied. Parce que évidemment, on attend que ça nous après !  Ils n’avaient sans doute pas prévus que la série marcherait autant. Car qui dit succès, dit série prolongée et avec un enjeu aussi clairement établit dès le début, jouer sur la longueur c’est dur.

How i met your mother  commence irrémédiablement par Ted qui dit à ses enfants : « Les enfants, en automne 2007, blablabla », et fatalement on se dit « bon, il la rencontre la mère là ? ».

Si ils avaient appelé ça « les aventures de de Ted », ou  « 5 potes », on aurait pas eu d’enjeu  définis en suspend dès le premier épisode. Regardez FRIENDS. Tout ce qu’on en attend c’est de passer un bon moment entre amis. Simple, précis.
Là où ça devient grotesque, c’est  le manque de crédibilité de la chose ;
1/ Le mec se rappelle de sa vie semaine après semaine, 25 ans après. Une vraie machine le gars !
2/ Il est tellement évident qu’aucun ado ne resterait aussi longtemps assis à écouter son père parler pendant des siècles qu’à chaque ouverture d’épisode on est surpris qu’après son traditionnel « Kids… » eux ne lui répondent pas :
« Bon ta gueule papa maintenant, tu nous racontes  la partie où tu l’a rencontrée et tu nous lâche »… Sérieux un père aussi relou c’est du jamais vu !
Nous sur le canapé on a même un gag à répétition. A chaque début d’épisodes après son « Kids… » on entonne « Are you still there ? Hoohoo ? Anybody ? » (vous êtes toujours là ? houhou, y’a quelqu’un ?).
Les jeunes acteurs filmés à l’époque sur le canapé du salon doivent avoir maintenant leurs propres gosses, et nous on attend encore de savoir qui est  leur mère…
Autre gros souci, les personnages. A  faire durer la série si longtemps ils sont obligés de les faire évoluer.
Il faut que la série continue et donc repousser le moment de la rencontre avec la mère, ça on l’a vu.

Mais cela implique de supporter pendant 7 saisons (jusqu’ici) un Ted qui, à force de geindre sur sa recherche de la femme idéale, finit par être exaspérant. De personnage romantique et attachant, il devient un boulet qu’on a envie de gifler en lui disant « Mais tire toi les doigts du cul et arrête de chialer ! Merde ! ».
Oui, je m’énerve mais ce perso est vraiment exaspérant à l’usure.
Idem pour Lily et Marshall qui sont attendrissants au début mais qui, à force, deviennent comme ces couples mielleux qui se roucoulent à l’oreille sans arrêt et nous dégoulinent dessus avec leur bonheur. Comme avec Ted, ça devient très agaçant.
Nous passerons très vite sur Robin, qui avec le temps ne sert tellement plus à rien qu’on l’oublie littéralement.
Il nous reste donc Barney ! Notre bouée de sauvetage !
La série devient littéralement sa série, tellement Neil Patrick Harris est brillant, tandis qu’on ne supporte plus les autres.
Jusqu’au moment où, là encore une conséquence de tirer la série en longueur, on le fait passer du séducteur amoral qu’on adorait à un mec en quête du père, et qui veut se caser.

Là c’est le pompon, ils nous ont tué le fun pour de bon.

Chaque semaine depuis 2005, How i met your mother constituait pour moi un rendez-vous  immanquable. Depuis le début de la saison 7, j’ ai, comme de nombreux fans, lentement décroché, et ne me rappelle plus vraiment le dernier que j’ai regardé…

Si la fin de FRIENDS avait été un adieu déchirant mais nécessaire, How i met your mother est à l’image d’une relation amoureuse pleine d’attentes et de promesses, qu’on aurait lentement laisser pourrir et que l’on décide de quitter presque sans s’en apercevoir, à force de déception.

Nous reste alors les bons moments passés, de la saison 1 à 5. Ah si seulement la série avait eu un autre titre. Ou encore mieux, si seulement les producteurs de séries savaient arrêter une série à temps (mais ça, ça se saurait !).
Allons, ne partons pas sur cette note de déception, et concluons sur une séquence de ma théorie préférée de Barney qui vous prouvera que vous devez absolument découvrir les 5 premières saisons de cette série, si vous ne la connaissez pas encore: La  courbe dingue/canon… True story !

How i met your mother saison 1 à 5 disponibles en DVD

Professeur Wicked

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8 réflexions au sujet de « How i met your mother, le dossier legend…wait for it…dary ! Legendary ! »

  1. Et bien c’est amusant car pour moi la saison 6 est pour le moment la plus touchante! Je trouve que cette série ne perd pas de son charme avec le temps. Je n’ai pas encore tout vu mais c’est très bien parti, et tant pis si c’est pas crédible qu’il raconte ses souvenirs pendant 7 ans…Mary Alice qui parle au début de chaque épisode de desperate c’est pas forcément crédible et pourtant ça fait souvent de l’effet! Merci pour le dossier en tout cas!

    • Mais de rien cher lecteur, comme d’habitude ça fait plaisir d’avoir un retour 🙂
      Il est vrai que le parallèle avec Desperate est pertinent, cela dit dans desperate j’ai aussi tendance à tiquer en me disant « dis donc à force il reste des habitants dans cette rue ? entre les morts, les repris de justice, les conspirations, les incendies…c’est chaud comme rue ! »
      Après perso je préfère la comédie aux scènes touchantes et vu les chutes d’audiences et les critiques des spectateurs, c’est le sentiment qui domine chez les fans en ce moment.
      A bientot et encore merci de ton commentaire

  2. Euh, le mystère de la chèvre est résolue, mais c’est vrai que d’autres ne le sont pas (les baffes, la mother, le parapluie jaune etc).
    Article très intéressant, même si je ne suis pas d’accord avec tout. Marshall est vraiment un perso génial, malheureusement sous-exploité !!! Son couple avec Lily est parfait, même après 7ans de série…

    • Merci damien, tu as raison ! Cela dit je vais laisser l’erreur, et ton commentaire aussi, car je trouve que cela refléte bien le labyrinthe de pistes posées, à moitiées résolues, ou qui aboutissent 5 saisons plus tard et expédiées en un épisode (la mystérieuse citrouille-kathie holmes-evacuée en 20 minutes ? sérieux ?!!).
      Un coté brouillon qui aura eu raison de l’organisation des idées du Professeur 🙂

  3. Bonjour!

    Je viens de découvrir votre blog, et j’en suis complètement fan, merci pour vos super articles.

    Pour how i met, je ne suis pas vraiment d’accord avec vous. La série à eu un petit coup de mou après la saison 5, et c’est vrai que parfois on se perd un peu dans les flashback et flashforward.

    On s’en fou un peu qu’il raconte l’histoire à ces gosses, les « kids » du début sont très utiles pour savoir quand se passe l’épisodes, l’histoire c’est à nous qu’il la raconte, et depuis 7 ans on est toujours sur notre canapé à l’écouté.

    Ted est exaspérant, mais les autres personnages sont toujours aussi intéressants à suivre. Lilly et Marshall, Robin, Barney sont très approfondis.

    En tout cas la saison 7 a complètement recapté mon attention sur cette série, chaque semaine je bave d’envie en attendant mon épisode!

    • salut Lucas 🙂 merci pour le compliment ca fait vraiment plaisir d’avoir des fans 🙂
      Pour how i met your mother, c’est vrai qu’on y a été fort, mais c’était à la hauteur de notre déception
      Même si barney gagne en épaisseur, je trouve que c’est au détriment de ses bro’ phases.
      Avec the big bang theory dont on vous parlera bientôt là pas de lassitude.
      A très bientot en tout cas et merci encore de ton soutien !
      Pr Wicked

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