TICKS: stop à la marijuana !

Brian Yuzna qui sourit

Brian Yuzna sourit en allumant son cigare dans son bureau en noyer, celui qu’il a pu se payer après avoir produit Chéri, j’ai rétréci les gosses.
Il savoure le Cognac douze ans d’âge que lui a offert Stuart Gordon, son protégé, qui lui a ouvert la voie du cinéma de genre.

Il repense aux fous rires durant le tournage de Re-animator. Il est excité à l’idée de remettre ça avec Gordon pour son Dagon. Lovecraft est franchement un très bon filon.

Et son ascension vers le firmament de la production américaine va encore gagner en prestige si il arrive au bout de ce projet avec cet européen sympathique, ce Christophe Gans qui a l’air d’avoir quelques idées intéressantes (un projet sur Lovecraft, évidemment, et un autre sur une sorte de Samouraï appelé Crying Freeman).

En attendant, avec quelques sous qu’il lui reste d’un projet interrompu, il a l’intention de foncer dans un projet du tonnerre avec le réalisateur Tony Randel (il veut faire un Ken, le survivant, on va voir ce qu’il a dans le ventre) et le scénariste Brent Friedman (il ne sais plus où il l’a rencontré mais c’est marqué dans son agenda).

José (il se reconnaîtra), le majordome ouvre la porte :

« Monsieur ! Tony Randel et Brent Friedman sont là !

Brian Yuzna (producteur): « -Bien José, faîtes les entrer. Bonjour messieurs, asseyez vous.
Prenez donc une bière dans un de ces cartons. Il y a de la coke sur la table et de la marijuana dans cette petite boîte.
Si je vous ai fait venir c’est que je veux absolument que l’on sorte un film d’horreur avant la sortie du prochain Spielberg. Le bougre veut faire un film de dinosaures, je veux qu’on souffle le bousin par le pur génie de la débrouille. Corman style. Je veux que le marché de la vidéo soit saturé… Buvez encore une bière Brent. Ce soir, nous aurons un scénario et demain on entame la production. J’ai déjà réservé les studios, faut qu’on tourne. Vous proposez quoi ? »

Brent Friedman (scénariste)– » Bah, si Spielberg fait Jurassic Park, nous on n’a qu’à faire du monstre géant ! Un truc nouveau (il reprend une taff de marijuana), un truc qui aurait été modifié génétiquement à cause d’une marijuana élaborée par un savant fou qui aime le thé et qui aime torturer les hamster en les faisant tourner dans des roues !!! C’est les hamsters qui seront l’énergie du dispositif et qui feront marcher le système mécanique ! c’est bon ça non ?!

Du hamster énergétique... Mieux que le lapin Duracell !

Brian Yuzna (producteur): -« Terrible ! Ca plaira à la commission de censure en plus, le côté anti-marijuana et anti-hamsters ! Mais quel genre de monstre alors ? »

Tony Randell (réalisateur) : « – Bah, pas les tarantules, ni les abeilles, un truc nouveau et jamais fait. Les acariens peut être… Oh ! Ou des tiques ! »

Ceci est une tique... oui tout de suite on voit la menace latente

Brent Friedman (scénariste): – « Ouais, des tiques, c’est de vrais saloperies. Une fois , l’année dernière, j’ai dû en retirer des maousses de sur mon clébard… ça pompe le sang et puis quand on les enlève, c’est grave dégueu ! Ouais… Trop bien les tiques !!! »

 Tony Randell (réalisateur) : « J’aurais dû utiliser ça dans Hellraiser 2… Des tiques de l’enfer, ça aurait eu de la gueule… »

Brian Yuzna (producteur) : -« C’est petit des tiques, non ? On aura qu’a les agrandir de la même taille que les facehuggers d’Alien ce sera pas mal je pense. Faut qu’il y en ai plein… Et interdiction de reprendre cette idée dans ton script d’Hellraiser 3… Tu me la réserve, ok ? Bon, aussi, je veux  du mort à foison, les gars. Reprenez la structure d’un slasher movie. Dézinguez moi de la jeunesse. Mais surtout, faites du neuf ! »

Seth Green se met au piercing bio...

Brent Friedman (scénariste): « Bah, on a qu’à faire comme dans Vendredi 13. Des jeunes, un camp de vacance en forêt, et puis on fait hurler les mecs plutôt que les filles… Ce sera nouveau ça.

Brian : -« Pardon ? »

Brent: « J’ai rencontré un super type, David Decoteau. Il est en train de faire un film sur des extra-terrestres qui font un concours de bikini en ce moment, Beach Babes From Beyond. Il m’a dit qu’il veut faire des films où ce serait les garçons qui auraient la place des filles en tant que victimes. C’est trop bon, ça, non ? C’est neuf ? »

Brian Yuzna (producteur) : « ça fait pas un peu PD ça ? »

Brent Friedman (scénariste): « -ça nous apportera un nouveau public. »

Brian: -Pas trop PD, alors ! On essaie de pas les deshabiller. Et Brent, peux-tu changer de place avec Tony ? Pas que j’aime pas les homos, mais…

Brent : « -Mais je suis pas homo, d’abord ! je suis juste curieux ! »

Brian : »-Bon j’ai un gamin sous contrat, Seth Green. Il a joué dans Pump up the volume. C’est la classe assuré les gars ! Et ma voyante m’a dit qu’il sera bankable durant les années 90. Elle m’a aussi dit Bouffi chasseur de vampire et je l’ai mal pris. Je la revois plus cette vilaine. Qu’est ce qu’elle était vilaine quand j’y repense, j’aime bien les vilaines…Pardon, on disait quoi ?. »

Tony Randell (réalisateur) :  » Eh, fait tourner le 18 feuilles Brian ! Bon, si il est bankable ton Seth, il faut soigner son personnage. On va devoir lui trouver un trauma genre, quand il était petit . Attendez j’ai trouvé : il a été abandonné à 6 ans dans les bois et depuis il a peur des arbres et de tout ce qui y ressemble, les poteaux et les colonnes de béton. Enfin tout les gros trucs cylindriques verticaux ! »

L'incroyable trauma du héros.

Brent Friedman (scénariste): « -Arrête avec tes gros trucs cylindriques qui traumatisent il va encore nous traiter de PD !
Bon cela dit c’est pas mal, on peut lui faire faire la connaissance d’un noir qui fait du basket ,qui a la classe et qui a l’air de n’avoir peur de rien. Ça plaira aux minorités, ça, un noir courageux ! Et il aura un chien qui fait peur… « 

Plus fort que Cujo , le chien le plus effrayant de l'Histoire du Cinéma ?

Brian Yuzna (producteur) :– » Vous prendrez mon chien. Je dois partir en vacances demain et j’ai personne pour le garder. En plus il a un oeil qui part en couille, il fout les miquettes « 

Brent Friedman (scénariste): « -je vois bien aussi un mexicain fils à papa musculeux qui aime les anabolisants, ça fera bien  nouveau ça. Et une greluche blonde. Une asiatique mutique, deux adultes pour les surveiller et la fille d’un des éducateurs qui se méfie des adultes… Un camp nature pour jeunes en difficulté, quoi… Avec des bouseux style Delivrance de Boorman. Avec des dents pourries comme tous les campagnards. La nature sera l’ennemie à la différence de la civilisation, bien plus rassurante. »

L'air de la campagne favorise-t-il les problèmes dentaires ? La faute au dentifrice aux vers de terre peut être...

Brian Yuzna (producteur) : « -Excellent ! Bon, vous ferez en sorte que les tiques attaquent rapidement. Vous me tuerez le hamster en premier, histoire de foutre les chocottes au public avec un cri de hamster hors champ. Les cris de Hamster j’ai lu quelque part que c’est une angoisse très répandue. Et vous me tuez aussi tout ceux qui aiment un peu trop les drogues, histoire de plaire aux exploitants de salles qui sont républicains. Pour mon chien butez le aussi, il était à ma femme, ça lui fera les pieds ! Faîtes un truc à la Alien 3, le petit Fincher tue le chien de bien belle manière. Faites pareil. »

Tony Randell (réalisateur) : « -Et on peux mettre un piège à loup dans le script, s’il vous plaît ? J’aime bien les piège à loup moi. Sinon pour faire durer le suspense, on fera en sorte que les adultes ne croient pas aux tiques géantes. Et puis le noir il pourrait devenir méchant quand les tiques tuent son chien… ça crée du danger supplémentaire, c’est bon ça le danger supplémentaire.

De l'importance narrative du piège à loup, que ce monsieur à dut aussi utiliser en tant que peigne.

Brent Friedman (scénariste): « -Ouais… On tient un truc, là…, il reste un peu de coke Brian ? je commence à manquer d’inspiration. Sniiiiiffff…. Ah voila j’y suis !
Il nous faut un véto pour expliquer au public qu’on a affaire à des tiques. Parce que le public, il faut qu’il sache que les tiques c’est dangereux! Surtout quand on va en forêt, hein ! Il faut les prévenir! On les previens hein ?! HEIIIIN??!!!! « 

Brian Yuzna (producteur) : « -Oui,oui pas de problème sors cette paille de ton nez maintenant.
Cette idée du véto c’est bien ça, bravo, belle initiative. Une scène à la Gremlins de Joe Dante ou à la Alien de Ridley Scott avec une tique qui se sauve du coup , PAF ! suspense ! En même temps, Brent, si je devais voir une tique géante, je ne chercherais pas à savoir ce que c’est, j’écrabouillerais cette saloperie c’est tout !

Tony Randell (réalisateur) : »-Waoooow ! T’es génial Brian ! Ce serait une superbe punchline pour un personnage. Un truc à la Rambo. Géantissime ! « Quand on ne sait pas ce que c’est, on écrabouille !« , je le note ! merde ça écrit pas ton stylo

Brian Yuzna (producteur) :  « tu écris avec le joint Tony… Bon, après qu’on ait bien expliquer le principe, je veux de la castagne.
Les ploucs vous me les faîtes attaquer la minorité noire. Les filles vous me leur collez plein de tiques partout, et ça on dira que ça leur donne des hallucinations… Vous m’enfermez tout le monde dans un chalet et faîtes une belle attaque de tiques par centaines … Mettez le feu à la forêt aussi histoire de mettre un maximum de tension.
Et puis si vous pouviez ouvrir une tête en deux comme dans The Thing de Carpenter, ce seriat genial ! Et vous me faîtes une tique géantissime pour le boss final ! Et, et….et…oh putain j’ai des palpitations, merde… il est chargé celui là.

La réinvention version gore du Kinder surprise. On se fait un méchoui ?

Brent Friedman (scénariste): « -Super Brian, je note, je note ! Oh lalalala, on va faire un carton avec ça ! Ce sera terrible… On peut faire une franchise mêrme, c’est sûr ! Ticks, la saga ! »

Brian s’enfile la dernière goutte de son Cognac douze ans d’âge avec satisfaction. Le meilleur film d’horreur de l’année 1993 sera de son fait, c’est maintenant une certitude, et, dans ses rêvasseries éthyliques, le voilà l’égal de George Lucas.

Dans les faits, Ticks est une comédie.

TICKS 

Un film de Tony Randel

Le film n’est plus édité pour le moment (Mais les stupéfiants utilisés pour l’écriture du film eux existent encore !)

Captain Mc Aaron

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