Sherlock holmes, Jeu d’ombres- De l’importance de se renouveler

Guy Ritchie, le réalisateur de ce second Holmes  est un gars qui a du bol. Arrivé dans le monde du cinéma avec Arnaques crimes et botaniques en 1998, en pleine vague revival du cinéma britannique (Petit meurtres entre amis (1994) et Trainspotting (1996) de Danny Boyle.) Nous voici en 2012, Ritchie a fait du chemin  grace à un mariage heureux avec Madonna mais certainement pas à sa mise en scène poussive et clipesque.


Synopsis :

Partout dans le monde, la presse s’enflamme : en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, en Chine un trafiquant d’opium est mort apparemment d’une overdose, des attentats se sont produits à Strasbourg, à Vienne et aux États-Unis, un baron de l’acier vient de mourir, …
Sherlock Holmes et son fidèle acolyte le Docteur Watson unissent leurs forces pour déjouer le plan machiavélique de l’un de leurs pires ennemis, le professeur Moriarty.


Dans cette suite, comme dans le premier film, l’accent est clairement mis sur le côté action des aventures des détectives.
Sherlock
est un personnage qui a bien des facettes ce qui le rend  trop complexe pour qu’un réalisateur n’arrive à en cerner dans un film toutes les subtiles dimensions parfois contradictoires. Autant homme de science et d’analyse, qu’homme  de terrain,  il vit dans une relation souvent implicitement suggérée comme homosexuelle platonique avec Watson.
Le personnage du Dr Watson est tout aussi complexe : homme à femme, mais qui finira par se marier, Docteur mais aussi ancien militaire et joueur invétéré. On comprend la difficulté pour un scénariste d’arriver à inclure tous ces éléments.

The Sherlock fight club

L’ idée de départ de Guy Ritchie, c’est de moderniser le personnage de Holmes et Watson en en faisant des cogneurs, ce qui n’avait jamais été fait avant.
Le fait que le Holmes de Conan Doyle, l’auteur des romans, soit à ses heures héroïnomane et sanguin, l’autorise à en faire un personnage dans la veine de ceux de ses films précédents. Un ton débonnaire, cynique, agrémenté d’un côté négligé, qui permettent à Robert Downey Jr de cabotiner comme jamais pour notre plus grand plaisir dans ce nouvel opus encore plus que dans le premier.

La castagne voilà bien une trouvaille que  Ritchie aime exploiter chez Holmes.
Ainsi, fort de son Q.I de 112 000, Holmes arrive à analyser à l’avance les coups de l’adversaire, comme s’il jouait 25 coups à l’avance aux échecs, et adapte ses coups en fonction pour une efficacité optimale. Un vrai Terminator ce Sherly ! Encore plus que dans le premier film, Holmes fait montre de ce talent, et n’en finit plus de tout anticiper.

Toujours dans la lignée du premier opus, Holmes et Watson ont le goût de la vanne.
La condescendance de Holmes envers les êtres intellectuellement inferieur (c’est-à-dire le reste de humains) fournit cette dose de  remarques cinglantes et drôles indispensables à ce type de buddy movies . Niveau vannes et actions, Les Holmes et Watson de Ritchie ce sont un peu les Bad boys du début de la fin du XIXéme siècle. Une baston, une course poursuite et entre les deux une bonne vanne .

Sherlock Holmes 2, c’est avant tout un buddy movie bourré d’action et de situation burlesques.

On attend la visite de Gandalf vers 16h30, vous attendez un peu ?

Au niveau des effets visuels, même si sa Suisse ressemble à Fondcombe dans le Seigneur des Anneaux, Ritchie parvient à nous faire découvrir Londres, Strasbourg, Paris, ou encore la Suisse d’une  bien belle manière.
Ce que personnellement on à le plus aimé c’est l’esthétique radicalement plus porté sur l’entrée du monde dans l’ère industrielle.
Des énormes mortiers, aux premières armes automatiques, en passant par les locomotives à vapeurs, sans oublier les premières voitures, l’esthétique quasi Steampunk de cet opus est particulièrement jouissive pour les yeux. A ce titre on pense souvent trés fort à l’adaptation série animée de Hayao Myazaki des années 80, ou encore au Steamboy de Otomo

La dernière fois qu’on a vus Sherlock et Watson comme ça, c’étaient des chiens…si, si !

Oui, on rit, ça se cogne, il y a de belles images, et on s’amuse bien que cela soit dit, le film est sympa, allez le voir, vous passerez un bon moment !
Mais pourquoi reste-t-il sympa sans être vraiment bon ? Pourquoi  a-t-on tant de mal à se laisser embarquer par le film ?

Le problème vient du réalisateur lui même.
Une bonne suite, est une suite qui ne  raconte pas une histoire similaire et de la même manière que celles du premier film, mais qui prolonge les propos de ce dernier, qui les met en perspective à l’aune de ce qui s’est passé avant.
Là, du premier Sherlock au deuxième le réalisateur ne change pas, et son film non plus.
C’est bien ça le problème.

Guy Ritchie (anorak vert au fond) est content, on lui à offert un deuxième gros jouet !

Guy Ritchie n’est pas un cinéaste qui aime ménager ses effets, et ça se voit,l ’homme aime se faire plaisir, peut-être même plus qu’il ne pense à faire plaisir à son public. Avec Sherlock Holmes il s’est trouvé un gros joujou  !
Ultra ralenti-Bullet time sur les actions ou archis gros plans des mécanismes de revolver au même rythme très ralenti à outrance, là où c’etait frais et efficace dans le premier film, content de sa trouvaille, Ritchie nous en colle des tonnes dans ce second film, à grand renfort de bruitages. On se croirait presque devant un comics. Woosh ! Clic clic clic ! Zoom ! crrrr ! tik tik tik ! pour arriver sur une balle qui pars en hyper ralenti, une fois de plus. De frais, ça passe à franchement lassant.

Attention ça va zoomer ! WOOOSH ! a travers le trou dans le mur pour arriver dans le pistolet de Watson, et…CLIC CLIC CLIC, le barillet, et PRRRRR la détonation et WOOOSH la balle qui sort !

En fait, dès le début on a sous les yeux ce que sera le reste du film : une surenchère de tous les éléments du premier film. deguisements, ralentis, anticipation mentale, tout est multiplié par 10.  Guy Ritchie a donc le goût de l’effet pour l’effet. Montrer, montrer, il faut montrer ! Au prix du developpement sommaire de tout mes autres personnages. Un Moriarty loin d’être effrayant, un Sebastian Moran effleuré

Incapable de se refréner dans sa mise en scène, dans son intrigue dans ses effets, Guy Ritchie enfonce le clou jusqu’à se taper sur les doigts, pour accoucher d’une suite belle, séduisante, et drôle, mais dont on aura du mal à se souvenir, tant elle est similaire au premier film.
Un truc pour vous aider à vous repérer : Sherlock holmes 1 c’est celui qui se déroule à Londres ,et Sherlock Holmes, jeu d’ombres c’est avec Moriarty à Paris.
Pour tout le reste on prend les même; et on recommence.

Sherlock Holmes, jeu d’ombres de Guy Ritchie, avec Robert Downey Jr, Jude Law, Stephen Fry
Actuellement au cinéma

Professeur Wicked

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2 réflexions au sujet de « Sherlock holmes, Jeu d’ombres- De l’importance de se renouveler »

  1. Bon ben vu: effectivement bon divertissement et très heureuse de retrouver nos deux compères ! Sur la forme: pas l’originalité du premier et ça devient souvent too much parce que trop utilisé: les ralentis, les anticipations à tout va…Je me suis ennuyée au point de sommnoler pendant la scène de la fuite de l’usine d’armement. La fin m’a sortie de ma léthargie, contente de voir des traitements très différents par rapport à l’épisode 3 de la saison 2 de Sherlock (on est bien d’accord rien à voir ). ,
    Bref, heureuse de retrouver les perso et leur excentricité, le style de l’époque romancé (vêtements, machines, paysages urbains). Après tous les effets redondants sont vraiment de trop et ne bénéficient plus de l’effet d’originalité du premier
    Ah grosse déception pour les deux méchants: je ne leur ais pas trouvé le charisme, le sadisme nécessaire: oui intelligent, oui pas sympas mais rien qui ne sorte du lot..Dommage, je m’attendais à mieux de la part de Stephen Fry :s

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