Sherlock Holmes, le dossier élémentaire- 1ère partie


Ce mois de janvier 2012 est tout de même très Holmésien vous ne trouvez pas ?
La formidable série de la BBC Sherlock a dévoilé ses trois épisodes annuels ce mois-ci en Angleterre pour une seconde saison consécutive, tandis qu’il y a peu je me trouvais au Grand Rex, ma coupe de champ’ à la main (ben ouais, V.I.P. pass oblige !) pour assister à la projection en avant-première de la suite du Sherlock Holmes de Guy Ritchie : Sherlock Holmes, jeu d’ombres (voir notre critique ici).

Au milieu de l’excitation qui fourmille dans mon esprit, surgit une question que je m’empresse de poser à Jude Law ( Watson était là pour dire « bonne jour la france je t’ aime paris ! », oui…):
« Dis-moi, Jude, sais-tu combien de fois Sherlock Holmes a été adapté au cinéma et à la télé ?».

Jude Law abasourdi par le nombre de Watson avant lui

Je vois bien que Jude cherche une réponse en se grattant la tête au risque de s’arracher les quelques implants capillaires qu’il lui reste, alors j’interviens après avoir vérifié sur mon maille-phone (il a une application « moutarde »):
– « 211, Jude, 211 fois ! Mais ouais ! ».
Je laisserai Jude là, il restera étourdi par cette révélation dans un coin de la pièce, le regard perdu dans les bulles de son Champagne.

Notre détective fumeur d’opium est donc au Guinness Book des records pour le nombre d’adaptations d’un personnage à l’écran.
Mon sang intergalactique ne fît qu’un tour et demi (j’ai une grande cage thoracique), je devais passer tout cela au peigne fin, et à la loupe !

Faire un dossier Sherlock Holmes, c’était élémentaire mes chers !


Conan, le créateur :

On le dit aussi trés doué en deltaplane grace à sa moustache...

L’inventeur de Sherlock Holmes, c’est bien sûr Sir Arthur Conan Doyle.
Ce physicien et écrivain écossais né en 1859 étudia la médecine à l’université d’Edimbourg, et écrivait déjà à cette époque des nouvelles. Après l’obtention de son diplôme, il fût engagé en tant que médecin dans la Marine. Il ouvre en 1882 un cabinet médical au succès très mitigé, ce qui lui laisse le temps, en attendant d’éventuels patients, de poursuivre ses travaux écrits.
Son premier travail important fut  Une étude en rouge, publié dans le Beeton’s Christmas Annual en 1887. Il a 28 ans, et vient de créer dans ce roman le personnage de Sherlock Holmes. Ce détective est partiellement basé sur le modèle de son ancien professeur d’université Joseph Bell, à qui il écrira :

La lettre de Conan Doyle à Bell, lui confessant son inspiration

 » C’est sans l’ombre d’un doute à vous que je dois Sherlock Holmes.( …) Autour du noyau de déduction, d’inférences et d’observation que vous inculquiez, j’ai tenté de construire un homme. »

Peu chanceux en affaires, il écrira dans son autobiographie que pas un patient ne passa le pas de sa porte lorsqu’il s’installa en tant qu’ophtalmologiste à Londres.
Il en eut d’autant plus de temps pour écrire les aventures de Sherlock Holmes, qui 4 ans après sa création en 1887 commencèrent à le lasser.

En 1891, il écrivit à sa mère : “ je songe à tuer Holmes, et en finir avec lui une bonne fois pour toute. Il accapare mon esprit et m’empêche d’écrire de meilleures choses”.
Ce à quoi sa mère répondit:  « Tu ne le feras pas ! Tu ne le peux pas ! Tu ne le dois pas ! ».

Quelle idée aussi de se battre à un endroit si dangereux !

En décembre 1893, pour s’adonner à ses fameux écrits plus « importants » (ses romans historiques) Conan Doyle fît faire à Holmes et à son ennemi juré le Professeur Moriarty un plongeon apparemment mortel du haut des chutes du Reichenbach, en Suisse, dans Le Problème final.

Les protestations de ses lecteurs, ainsi que des problèmes d’argent, le conduisirent des années plus tard à faire revenir son personnage.

Conan Doyle se remit à l’ouvrage en 1901, avec Le chien des Baskerville, mais cette intrigue se déroulera avant l’incident de Reichenbach et n’en renie donc pas la fin tragique de Holmes.
Il ne fera réellement machine arrière qu’en 1903, 10 ans après avoir tué Holmes, avec Les aventures de la maison vide, dans lequel il est expliqué que seul Moriarty était tombé mais, du fait des nombreux autres ennemis de Holmes, il s’était débrouillé pour être temporairement « mort ».
En tout, Holmes apparaîtra dans 56 nouvelles et quatre romans de Conan Doyle.

Le créateur du plus grand détective du monde s’éteindra à l’âge de 71 ans d’une crise cardiaque dans les bras de sa femme. Ses derniers mots seront pour elle : – « You are wonderful. » Quel auteur !

Pince-mi et pince-moi sont dans une enquête :

Holmes, Holmes, Holmes, toute l’attention est focalisée sur lui !
Mais que seraient les romans sans la présence de John Watson ? Hmmm ? Je vous le demande ! Ah ah ! Vous voilà bien attrapés !
Une succession de raisonnements complexes menés plus rapidement que n’importe quel entendement humain normal, par un détective hautain et condescendant, qui coure à droite et à gauche avec sa loupe. Voilà ce que ce serait.
Trop souvent cantonné au rôle de faire-valoir de Sherlock il convient de réhabiliter ce bon docteur.

John Watson dessiné par Sidney Paget, le premier illustrateur des aventures de Sherlock Holmes

Ancien médecin militaire, blessé à l’épaule en Afghanistan, il contracte la fièvre typhoïde. Il est alors mis à la retraite, rapatrié d’urgence en Angleterre et bénéficie d’une modeste pension de « 11 shillings et six pence par jour ». Vivotant chichement dans un hôtel, il rencontre Holmes par hasard, et décide de partager avec lui un appartement au 221B Baker Street, chez leur logeuse, Mme Hudson.
Dans Le signe des quatre, il se marie et prend une clientèle. Durant l’absence de Holmes, entre 1891 et 1894, il devient veuf après la perte de son épouse Mary Morstan.
Au retour de Holmes, il cesse à nouveau son activité de médecin jusque vers 1903, où il reprend une clientèle avant de se remarier.

Mais bien plus que le colocataire de Holmes, Watson sera le narrateur de presque toutes les histoires dont les récits sont en fait sa retranscription de leurs aventures sur sa machine à écrire. Quelle coïncidence que cet ancien médecin militaire fauché (comme Conan Doyle) soit le conteur du livre (comme Conan Doyle) ! Et oui, Watson c’est Conan Doyle, en extase devant son ancien professeur Joseph Bell, comme celle que voue Watson à Holmes.
Occupant le rôle du Candide par les yeux duquel le lecteur découvre l’affaire sous son aspect le plus mystérieux, Watson découvre d’un coup la vérité grâce aux explications de Holmes. En terme de littérature et même de cinéma on appelle ça un récit à la première personne à point de vue interne (ça vous en bouche un coin hein ?!)

Certes sa contribution aux aventures est assez anecdotique (il remplit certaines tâches subalternes, met ses connaissances et compétences médicales au service du détective et apporte son appui en cas de coups durs), mais Watson est néanmoins l’âme de la saga holmésienne, son humanité servant de contrepoids à la sécheresse apparente du personnage de Holmes.

RE-HA-BILITONS WATSON ! RE-HA-BILITONS WATSON ! (le départ de la manif à lieu dans 20 minutes dépêchez-vous je me sens un peu seul avec ma pancarte !).
Je conclurais cette première partie en laissant la parole, grâce à ce document rare, à Sir Arthur Conan Doyle, lui même. Pour les plus chanceux vous comprendrez ce qu’il dit sur son détéctive (il n’y a pas de sous-titres), pour les autres vous le verrez parler de Holmes ce qui est tout de même déjà incroyable en soit.

A la semaine prochaine pour la suite: la place de Holmes dans la société actuelle, et les adaptations à l’écran. C’est élémentaire mes chers !

Pr.Wicked

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3 réflexions au sujet de « Sherlock Holmes, le dossier élémentaire- 1ère partie »

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