Attack the block – Lascars Vs Envahisseurs

Décidément, on les aime ces Anglais ! Passé injustement quasi inaperçu à sa sortie l’été 2011, Attack the block est une nouvelle preuve du talent et de l’imagination qu’on leur connaît dans le domaine de la fiction de genre.
Après une apparition dans Shaun of the Dead et un rôle dans Hot Fuzz, Joe Cornish qui a co-signé le scénario des Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne, nous livre ce film jubilatoire qu’il a écrit et réalisé.



Synopsis : Moïse et son gang de potes sont des vauriens. Délaissés par des parents démissionnaires, ils errent dans les rues de Londres et détroussent les passants.
Une nuit, alors qu’ils rackettent une pauvre femme, une météorite s’écrase sur une voiture voisine. Curieux, ils s’approchent du véhicule et découvrent un alien qu’ils se mettent en tête de tuer. C’était sans compter sur l’arrivée des potes de l’alien, via une pluie de météorites qui ravage Londres. L’invasion commence. La cité doit contre attaquer.

God save the Queen… and Fuck aliens !

Attack the block, c’est l’hommage anglais aux films Amblin des années 80. Les États-Unis nous ont offert récemment le très ludique et nostalgique Super 8 de J.J Abrams (voir critique), volontairement situé dans les années 70, dans une atmosphère des plus Spielbergienne. Quand des aliens débarquent en Angleterre, là, ce n’est pas la même chose.

Toute l’ambivalence de la culture anglaise en une image culte : No Futur !

L’Angleterre, est une nation aussi déjantée que flegmatique. Pays de Shakespeare, mais aussi d’ Iron Maiden, Black Sabbath, ou des Sex Pistols, les sujets de samajesté sont sages mais quand ils sortent des clous, ils en sont d’autant plus extrêmes.
Fatalement, quand l’équipe britannique du culte Shaun of the Dead nous livre sa version des choses si les Aliens débarquaient face à des jeunes Anglais, c’est bien moins conventionnel que dans Super 8… C’est le moins qu’on puisse dire.
A des années lumières des banlieues tranquilles de Spielberg, où d’un coup l’extraordinaire surgit, les Aliens de ce film ne sont pas comme l’était E.T. de pauvres créatures qui ne demandent qu’à pouvoir repartir.

Ces bestioles-là sont des saloperies arrivées certes par hasard, mais qui n’entraîneront absolument aucune compassion. Quant à nos jeunes protagonistes, ils ne rêvent que d’une chose : leur botter le cul, histoire de se changer des habituels rackets de passantes le soir dans les ruelles. Tout ceci ne reste qu’un court rêve, juste le temps de s’apercevoir qu’ils ne sont pas les chasseurs mais les proies.

Pour le réalisateur, placer son films d’invasion Alien dans une cité difficile n’est pas juste un moyen d’offrir un contre-emploi de héros à des jeunes délinquants. C’est aussi une occasion d’évoquer par ces personnages le désœuvrement de la jeunesse britannique livrée à elle-même.
La réplique d’un des lascars à l’encontre d’une femme qui lui dit que son copain est parti dans l’humanitaire s’occuper d’enfants africains résume bien l’idée centrale du film
– « Pourquoi en Afrique ? Aidez les enfants anglais c’est pas assez exotique ? On bronze moins ? »…

La découverte de l’appartement de Moïse fait comprendre l’abandon dans lequel vivent ces ados paumés, et pas besoin d’être sociologue pour se dire que le tableau n’est pas exagéré.
Attack the block
c’est en fait un peu comme si Trainspotting croisait La guerre des mondes. Imaginez Begbie en face d’un Alien… Voilà, vous y êtes.

Haute tension :
Avec un tel cadre social qui rappelle plus les émeutes vues dans les journaux télévisés que Independance day, le ton est donné d’emblée : on ne va pas se foutre de nous.
Niveau action, les choses sérieuses commencent très vite, et le rythme ne faiblira pas.

La tension est palpable dès le début, avec l’agression d’une passante, et n’en finira pas de monter crescendo au fil du film. Voilà ce qui est jubilatoire dans Attack the block : le sérieux avec lequel le réalisateur traite son sujet. Tout comme Shaun of the dead, Hot Fuzz, ou encore plus récemment le canadien Tucker & Dale fightent le mal (voir critique), on est davantage dans le film de genre avec parfois des situations comiques que devant une comédie.
Le genre en question est donc ici l’invasion extraterrestre, et dans ce genre ce qui compte comme dans tout survival ou film de zombies, c’est d’échapper à l’assaillant jusqu’à la prochaine attaque.

Cours Moïse ! Couuurs !

Niveau mise en scène, cela nécessite une bonne utilisation du décor, et Joe Cornish fait preuve en la matière d’une belle inventivité. Tant dans l’exploitation horizontale (parking, rues, parcs) que verticale (escaliers d’immeubles, ascenseurs, façade d’immeuble), il transforme le moindre recoin de la cité en zone de danger.

Horizontalement, verticalement… Vous êtes foutus !

Une capacité à muer le décor en dédale angoissant qui culmine dans la scène où pour passer inaperçus et se frayer un chemin dans un couloir d’HLM, nos lascars envoient fusées et pétards fumigènes sur les bestioles, créant ainsi une épaisse fumée dans laquelle ils se perdent de vue, et où résonnent leur voix mêlés aux cris des aliens. On bascule de cette manière inattendue d’un coup dans un univers à la FOG de John Carpenter. Simple, malin, et efficace.
Outre la mise en scène, le film ne se fout pas non plus de nous sur le fond. Attack the block tout comme l’était Shaun of the Dead, est un film sans concession.Son scénario bien burné du film ne fera pas à nos ouechs le cadeau que faisait Spielberg à la gamine du début du Monde perdu.
Ces « putains d’aliens genre singe-loup », comme ils les appellent ne se soucient guère de leur jeune âge, et quand on a faim… On mange.

On vous le répète, Joe Cornish ne nous prend pas pour des quiches, et Attack the block est un vrai film de genre.

Les aliens eux sont assez flippants, tout de fourrures vêtus avec leur rangées de canines turquoises fluorescentes et procèdent à des tueries sanguinolentes.

Car dans leurs séries comme dans leurs films, les Anglais n’ont pas peur de faire de la science-fiction ou du fantastique et de se donner les moyens d’en faire du bon. C’est au contraire leur terrain de prédilection (les studios Hammer et la longévité de la série Dr Who en sont la preuve). Merci votre majesté de nous offrir donc des fictions de genre audacieuses. God save the Queen. And Fuck these Aliens !

Attack the Block, sortie DVD/blu-ray le 21 février
Un film de Joe Cornish Avec Nick Frost, Jodie Whittaker, John Boyega

Pr.Wicked


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