Chronicle – Le manuel du super héros

Aaah le « found footage » ! Vous savez ces bandes vidéos mystérieusement retrouvées de-ci de-là à Hollywood depuis qu’un film au budget ridicule nommé Le projet Blair Witch pulvérisa le box-office ? Et bien le mystère continue de s’épaissir car on vient (encore) de découvrir des rushs exclusifs issus d’une nouvelle caméra vidéo. Oui, oui ! Et croyez-le, on ne sait pas où ils l’ont ramassée la caméra mais ce qu’on voit dessus n’est pas banal !

Synopsis :
Après avoir été en contact avec une mystérieuse substance, trois lycéens, Andrew, Matt et Steve, se découvrent des super-pouvoirs. La chronique de leur vie qu’ils tenaient sur les réseaux sociaux n’a désormais plus rien d’ordinaire…
D’abord tentés d’utiliser leurs nouveaux pouvoirs pour jouer des tours aux habitants de la ville, ils vont vite prendre la mesure de ce qui leur est possible. Leurs fabuleuses aptitudes les entraînent chaque jour un peu plus au-delà de tout ce qu’ils auraient pu imaginer et les poussent à s’interroger sur les limites qu’ils doivent s’imposer.

Ado Corp :
Le pitch est intéressant et bien exploité. On navigue entre des références connues certes mais qui fonctionnent bien. Des jeunes ados banals qui voient leur capacités changer radicalement après avoir été en contact avec un étrange météorite (un grand classique de la S.F). Ceux-ci suivent alors avec leur caméra leur évolution, ce qui nous rappelle très fort la Cheerleader de Heroes qui se filmait en train de se régénérer après s’être tranchée la main ou avoir sauté d’un pont.
Vient alors le moment où Andrew, le plus réservé des trois jusqu’à ce que leurs pouvoirs n’apparaissent, réalise qu’il tient sa revanche sur la vie. Une revanche sur les « populaires » du lycée qui le chahutent, sur les brutes qui font la loi dans sa rue, et surtout sur son père, saoulard détestable qui le bat sans raison.

Andrew répare, Andrew remplace...ou pas

Peter Parker nous a pourtant enseigné qu’avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités mais Andrew se la joue très vite Carrie au bal du diable (une autre référence à laquelle on pense souvent). Et puis toute cette thématique sur le corps qui change, les capacités nouvelles de ce métabolisme qui évoluent, ne sont-ce point une métaphore évidente de la puberté masculine (Mode pédopsychiatre Off).

La montée en puissance des pouvoirs des gamins est bien pensée : très graduelle et cohérente. Comme de grands dadais qu’ils sont, ils commencent par faire des blagues débiles (mention spéciale à l’ours en peluche qui course une petite fille, on s’est bien marré, et on aurait sans doute fait pareil). Puis viennent les jeux d’envergures, découvrir que l’on est plus puissant chaque jour, l’ivresse des pouvoirs.

Les héros aussi on droit à un maxi best of de temps en temps !

Mais le tout reste ancré très fort dans la réalité grâce à des problèmes typiquement adolescents (confiance en soi, première fois sexuelle, flirt difficile) qui crédibilise l’histoire ici racontée.
Cette volonté d’ancrer ce film de Super ados dans la réalité pourrait se limiter au sujet et ça serait très bien. Le souci c’est que Josh Trank, le réalisateur, s’est dit que pour faire vrai, il fallait en plus de parler « vrai », filmer « vrai ».
Un choix redondant qui dessert le film.

La caméra cachée :
Souvenez-vous de la frustration dont on vous parlait devant The Prodigies , ce petit film aux enjeux diablement intéressants mais tourné en images de synthèses de basses qualités. On en était restés très déçus car le matériau présentait de belles promesses avec son sujet d’ados aux super pouvoirs qui luttaient contre leurs pulsions juvéniles tout en essayant de maitriser leurs pouvoirs.
A la vue de la bande annonce de Chronicle on avait été très contents de voir que le sujet avait fait des émules, pour donner naissance à ce film live. Puis déception, le film est donc bien un « Found footage »… Et merde !
Ce qui pose problème avec ce principe c’est qu’il faut justifier deux choses difficilement justifiables :

1 – Mais comment cette bande à été retrouvée, puis montée ?
Vous en connaissez beaucoup vous des gens qui tombent sur des caméras abandonnées avec des heures de film dedans ? et qui en plus après s’amusent à les monter ! Eh oh, y’a pas écrit bécasse là mon petit hein !
2 – Comment justifier l’omniprésence de la caméra ?

Puisqu’elle est active et au centre de l‘histoire et non pas passive comme dans le reste des films, il faut lui trouver une place légitime qui explique sa présence tout du long du film.

Chronicle, sans complètement se manger le mur de front, se prend quand même gentiment les pieds dans ces deux soucis, car on ne prend même pas la peine de nous expliquer le pourquoi du comment de ces deux points.

1- Pour ce qui est de l’origine des rushs, pas un mot à ce sujet. Le film s’ouvre sur Andrew qui vient d’acheter une caméra, et s’achèvera sur Matt qui laisse la caméra sur un trépied. Et vu l’endroit où il la laisse vous pouvez nous croire, la possibilité que ces rushs soient trouvés un jour où que la caméra tiennent le coup sont quand même vachement improbables. Sans parler de toutes les autres caméras. Ben oui il faut bien un point de vue extérieur pour montrer l’action quand nos 3 copains sont trop occupés pour filmer.

Et là c'est donc la grotte qui film ! Si, si !

A cela le réalisateur prend l’option plutôt futée d’utiliser les images de caméras de surveillances de la ville (station services, couloir d’hôpitaux, rues).
Mais le concept atteint vite ses limites. Déjà parce que même avec une batterie de caméras certaines scènes sont bien difficiles à justifier. prenez les grosses scènes d’actions, Plus d’une fois on se dit « euh…et là c’est quelle caméra qui filme ? »

Le genre de scène typique où on ne sait pas de quelle caméra vient l'image. c'est bête pour du found footage !

Des incohérences qui sont renforcées par la taille de la caméra que le gamin trimballe partout. Vu les dimensions et le poids de l’engin, la crédibilité qu’il la traîne  avec lui tout le temps frise le 0 absolu. Et on ne vous parle même pas du prix (croyez en des vidéastes amateurs, ça coûte une blinde intergalactique !).

Ceci est donc une caméra qu'on emmène partout... mais bien sûr.

Alors quand le lascar traîne son bébé en soirée et qu’on croise une autre lycéenne qui passe aussi sa vie collée à sa cam (oui ça rajoute un point de vue, ça aide le scénar’) on finit par se dire : « tiens je devrais aller faire un tour à caméra city, elle a l’air sympa leur ville où les caméras sont bradées ! »

Pour ce qui est du 2éme point, à savoir justifier l’omniprésence de la caméra, là c’est moins ridicule, mais quand même un peu gros.
Notre héros Andrew apparaît le premier à l’écran avec cette explication laconique… « j’ai décidé de filmer les choses maintenant »… euh… OK si tu veux, ça tombe bien on a un film à faire.
Il aurait tout de même été plus compréhensible qu’il se mette à filmer à partir de l’apparition de ses pouvoirs pour en commenter l’évolution à la façon du journal vidéo de Seth Brundle dans La Mouche. Mais non là il commence à filmer « Parce que ». Certes.

Le réalisateur trouve tout de même quelques astuces bien senties pour que la caméra bouge sans avoir un des personnages qui la tienne : ils arrivent à la faire voler par télépathie. Plutôt malin, ces plans nous permettent de découvrir les protagonistes tous ensembles filmé de l’extérieur, et nous laisse entrevoir ce qu’aurait pu être le film s’il avait été filmé normalement.

La caméra qui vole c'est pratique pour la mise en scène. Par contre c'est dur à croire, il a l'air occupé le garçon quand même.

Alors oui le côté caméra au point quand on vole dans les nuages donne un côté documentaire immersif qui fait partager l’intensité de ce qui se passe, mais ça ne va guère plus loin.
Le concept atteint ses limites quand les choses partent en sucettes et où il est clairement impossible que les protagonistes continuent à penser à se filmer et à bien pointer la caméra vers eux, dans le chaos qui se met en place.

Non décidément, le « found footage » on l’avait déjà dit pour Appolo 18, et on le répète ici, messieurs les producteurs, c’est sans doute un bon moyen pour faire 10 fois la culbute sur un film pas cher. Mais c’est surtout une honte, sur des projecteurs numériques, à 10 euros la place, de nous balancer des images caméscope HD volontairement moche et tremblantes.

Un jour nous l’aurons notre film de jeunes ados qui partent en sucette avec leur super pouvoir, filmé normalement, avec un budget correcte… un jour, mais pas aujourd’hui.

Chronicle un film de Josh Trank avec Dane DeHaan, Alex Russell, Michael B. Jordan
Actuellement au cinéma

Pr. Wicked

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3 réflexions au sujet de « Chronicle – Le manuel du super héros »

  1. Ah merde j’suis déçut! J’étais déjà bien dégoûté pour prodigies, vivement un scénar comme celui la filmé « normalement »…

  2. Je trouve que tu a une très mauvaise critique personellement tu ne te pose absolument pas les bonnes questions, on ne se demande pas qui a trouvé la caméra mais quel est l’histoire et toi tu n’en parle pas du tout tu reste beaucoup trop terre à terre.

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