Tim Burton, l’exposition et l’interview – l’antre de la folie créatrice

Ce mercredi 7 mars 2012, est une date à retenir.
Elle marque l’entrée de Tim Burton dans le temple du cinéma Français. Il y avait déjà glissé un pied en acceptant la présidence du Jury du Festival de Cannes 2010, et voilà donc que cette année, la cinémathèque de Paris accueille l’exposition consacrée au cinéaste qui fut acclamée au Museum of Modern Arts de New York avant de passer par Toronto puis Los Angeles.

Une mise à l’honneur que Burton a accepté en raison de l’héritage de Georges Méliès, premier pionnier de l’animation image par image, et du fait que la France soit le berceau du cinéma.
-« A Los Angeles, quand on vous parle de cinéma on vous parle business. En France on sent l’amour que vous avez pour les films, mêmes les moins bons, vous les voyez comme des œuvres artistiques avant tout ».
Le film fondateur de la science-fiction Metropolis passe donc le relais au maître contemporain du fantastique et de l’étrange. C’est chargé d’émotion que nos petits cœurs de rêveurs intergalactiques ont franchis les portes de la cinémathèque pour plonger dans le monde du grand Tim.Vous venez avec nous?

Bienvenue dans le monde de Tim Burton

The Artist :
L’exposition est unique en son genre dans ce qu’elle dévoile sur Tim Burton.
Comme nous l’évoquions dans la première partie de notre dossier Burton consacrée à ses dessins, il est avant tout un artiste à l’imagination si débordante qu’elle doit s’exprimer en permanence. Voila pourquoi l’homme passe son temps à dessiner, griffonner, caricaturer, imaginer, sans cesse.
Qu’ils soient restés à l’état de d’esquisses ou qu’ils aient donné naissance à des sculptures, des mobiles ou des personnages de films, tous les dessins et les créations notables nés de l’imagination débordante de Burton sont là sous nos yeux.

Un « griffoneur » incessant qui n’a jamais vraiment considéré ses dessins comme de l’art mais comme une catharsis. La plupart des croquis de ses jeunes années ont même été retrouvés dans des fonds de tiroirs par les commissaires de l’exposition du Musée d’art moderne de New York, à qui il avait laissé accès à ses maisons pour qu’ils y prennent ce qu’ils désiraient.

Quand tu veux tu viens dessiner sur mes sopalins Tim !

Du croquis à l'objet, ce mobile créé spécialement pour l’exposition est une parfaite illustration de la manière dont les créations Burtoniennes naissent du dessin.

Il en résulte une chronologie aussi désordonnée que Burton lui-même, créant un joyeux mélange de dessins de jeunesse, de sous mains de son bureau des Disney Studios, en passant par un alignement impressionnant des serviettes de restaurant qu’il saisit pour griffonner dessus.

De pures rêveries visuelles imaginées par Burton qui quand il parle de ses dessins explique :

– « J’étais en train d’essayer de faire un croquis réaliste d’un modèle et tout à coup, je me suis dit : peu importe que je sache dessiner ou pas, l’important c’est que j’aime ça. Dès lors, je me suis moqué de savoir si je pouvais reproduire ou pas une forme humaine, ou si les gens aimaient mes dessins ou pas ».

Une révélation libératrice qui ouvrira le flot jusque-là encore ininterrompu de l’inconscient de Burton qu’il couche sur papier.

A ces rêveries sur papiers ou sculptées viennent s’ajouter des objets ayant joué un rôle dans la création de ses films. Qu’il s’agisse de costumes d’éléments de décors ou d’accessoires, on passe des premières ébauches d’ Edward aux mains d’argent à ses ciseaux en passant par des éléments de Sleepy Hollow et d’autres petits plaisirs dont on vous laisse la surprise.

Cette exposition, véritable laboratoire du Dr Frankenstein, peuplé de petits monstres charmants et de créatures loufoques vous mènera des poupées utilisées pour son premier film d’animation image par image Vincent pour vous dévoiler celles utilisées pour son retour à ce type d’animation Frankenweenie, et même des costumes de son film Dark Shadows qui sortira en Mai.

Tim Burton l’exposition c’est LE voyage ultime au pays de Burton, qu’il est indispensable de faire si vous aimez ses films.
Nous en tout cas on n’en n’est pas ressorti indemne, ni les mains vide d’ailleurs, car seule la cinémathèque française vous permettra de vous procurer en son sein l’ouvrage titanesque et magnifique « L’art de Tim Burton » en français (partout ailleurs il est en anglais). Cette bible reprend sur plus de 400 pages toutes les illustrations de l’exposition , et bien d’avantage encore.
On ne vous gâchera pas le plaisir de découvrir cette beauté d’exposition en vous en montrant trop, mais pour vous mettre l’eau à la bouche (car nous sommes des diablotins) voici un petit teaser de notre fabrication, juste pour vous donner une idée de ce qui vous attend.
Bon voyage à Burtonland, c’est une tuerie Mouahahahah !

Quoi , pardon ? Vous en voulez encore ? Ah ben dis donc ! Heureusement qu’on vous connaît et qu’il nous reste une munition !
Figurez vous qu’à l’issu de l’exposition votre serviteur était convié à la conférence de presse livré par Mr Burton, et ce serait bien mal nous connaître que de croire qu’on ne s’est pas jeté sur le micro pour lui posé une question (peu eurent la chance d’y parvenir, c’est vous dire notre joie).
Voici donc en vidéo notre question et surtout la réponse de Tim Burton faite au canapé intergalactique :

Pour les non anglophones voici la traduction de sa réponse :

C.C.I :
« On sait que vos années chez Disney furent difficiles, au point que vous vous endormiez le crayon à la main au cas où quelqu’un entre dans la pièce, et que vos dessins pour Rox et Rouky ou Taram et le chaudron magique étaient jugés trop étranges par Disney.
Aujourd’hui vous sortez Frankenweenie, tiré de votre court métrage de votre époque Disney et il est produit par Disney qui le trouvait à l’époque tout aussi bizarre que le reste de vos projets.
Quelle relations avez vous aujourd’hui avec le studio qui vous ignorait avant et sort désormais vos films ? »

Tim Burton
:  » (rire). Et bien c’est une étrange relation que j’ai avec Disney, j’ai du être embauché et licencié environ 5 fois.
Je suis très reconnaissant et tout le monde devrais l’être d’ailleurs, qu’aucun de mes dessins pour Rox et Rouky ne soient présents dans l’exposition. Ils était affreux, vraiment. On aurait dit que le renard avait été écrasé par une voiture.

Mais cette période à été très spéciale pour moi, j’ai passé environ un an dans une pièce à dessiner ce que je voulais et beaucoup d’idées viennent de là. L’étrange noël de Mr Jack vient de là, l’idée de Frankenweenie vient de là.
Mais chacun a une relation d’amour/haine qui jalonne son existence. La mienne c’est avec Disney que je la vis. Et dans ce cas particulier ils ont été super. Me donner l’opportunité de faire un film d’animation image par image, en noir et blanc comme Frankenweenie c’est très particulier, donc je leur suis très reconnaissant ».

On vous laisse plus on regarde la vidéo plus on réalise qu’on a parlé à Tim et moins on tient debout.

Tim Burton, l’exposition, à la cinémathèque de Paris, jusqu’au 05 août 2012

Pr Wicked

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