Le territoire des loups – Meurs avec les loups

Liam Neeson, est un grand acteur. Un point c’est tout. Une gueule de cinéma, une carrure de guerrier celte, bref un bonhomme qui a de la présence et qu’on aime.Ces derniers temps malheureusement, sa filmographie ne rendait guère justice à son talent.
Remis en avant dans L’agence tout risque de Joe Carnahan ,Liam occupe cette nouvelle tête d’affiche dans le dernier film de Carnahan:  Le territoire des Loups, un acteur habité, un suspens glacial, bref une vraie réussite

Synopsis :
John Ottway  travaille pour une compagnie pétrolière du grand nord et protège les employés des forages contre les attaques des animaux sauvages.
Vivant dans le souvenir des jours heureux avec sa défeinte femme, il  prend le vol vers Anchorage, grande ville d’Alaska, avec ses collègues.
L’avion s’écrase dans l’immensité du Grand Nord, et les rares survivants savent qu’ils n’ont que peu de chances de s’en sortir. Problème supplémentaire, une meute de loups les a déjà repérés.
Ottway est convaincu que le salut est dans le mouvement. La lutte pour la survie commence.

This is not Hollywood :
A la vue du scénario, on peut se dire qu’il s’agit encore d’ un survival Hollywoodien,  où le meneur  prend des décisions efficaces, et agit héroïquement. Même pire, on craint qu’on ne nous rejoue  Les survivants 15 ans plus tard.
Le territoire des loups
n’appartient pas à ces catégories de films.

Dès le début Liam Neeson en profonde dépression se met son fusil dans la bouche, sans aller au bout de son geste. Alors qu’un homme blessé dans l’accident de l’avion et qui se vide de son sang demande « c’est grave ? Qu’est ce qui se passe ? »,  Ottway, le personnage joué par Neeson, lui répond calmement : «  tu vas mourir, voilà ce qui se passe, laisse toi aller ».
Rien d’ hollywoodien là-dedans. La donne est claire très vite dans cette acceptation de la mort.

La question n’est pas tant qui va sortir de ce combat contre la nature (le froid, les loups) mais comment chacun va appréhender sa propre mort.
Tout le spectre de la nature humaine est représenté. De ceux qui se résignent, aux plus combatifs,  chacun cherche en lui la motivation de continuer dans cet enfer blanc (un enfant à retrouver, une femme à aimer).
Et curieusement c’est celui qui n’a plus rien (Ottway) qui semble le plus animé d’une rage de survivre, lui qui voulait auparavant en finir avec la vie.

Ottway, ou la rage de survivre

Instinct de mammifère menacé qui s’accroche à la vie, ou attachement social, voici  une réflexion intéressante sur ce qui motive un individu à rester en vie..

Quant à nos craintes d’une ressemblance avec Les survivants  elles sont, elles aussi, vite dissipées par la réplique d’un rescapé  : « je vous préviens je bouffe pas le cul d’un mort comme les gars de la cordillère des Andes ». Non décidément, on n’est pas à Hollywood.

Totalement habité par le rôle, Liam Neeson, qui perdit sa femme en 2009, comme son personnage,  a dans le regard une détresse mais aussi une force inouïe qu’on ne peut avoir que si l’on sait ce que le personnage traverse. Un rôle d’homme des bois meurtri, taillé sur mesure pour l’acteur qui n’a jamais été aussi bon depuis La liste de Schindler.

la puissance d’un regard, la perfection d’une interprétation

Dermot Mulroney , qu’il est loin le Gavin Mitchel de FRIENDS

Les autres protagonistes incarnés par Dallas Roberts, Frank Grillo , Dermot Mulroney sont tout aussi efficaces. Malgré une caractérisation des personnages typique du genre du film (la grande gueule, le réservé, le patriarche) aucun ne tombe dans la caricature, ce qui intensifie notre attachement à eux, et bien sûr notre peur pour leur vie.

Peur blanche :
Enfin il y a le climat angoissant du film.
Carnahan joue avec malice avec les différents éléments qui persécutent nos survivants. Les loups, le froid, les rivières, les falaises, sont autant de ressorts utilisés efficacement pour faire monter la tension.
L’intelligence a été de ne pas faire des loups une menace unique et permanente.

Le groupe est surtout mis à mal par la nature, et ce n’est que par moments que les loups se font entendre au fond des bois, où leurs yeux apparaissent dans la nuit.
Attendant, tapis dans l’ombre que la rudesse de l’environnement mette un des rescapés à genoux ou  l’écart, il surgissent, chirurgicalement, comme sortis de nulle part.

Le prédateur rode, et ne se montre que pour intimider ou attaquer. Flippant !

Ce choix d’utiliser les loups avec retenue mais efficacité, nous rappelle alors soudainement que la menace même silencieuse est toujours là. Et que l’homme est ici la proie d’un chasseur redoutable.

Le territoire des loups vous collera des frissons, de froid et d’effroi, on vous le garanti. A voir sans retenu, mais avec une bonne polaire donc !

Le territoire des loups, un film de  Joe Carnahan avec Liam Neeson, Dallas Roberts, Frank Grillo , Dermot Mulroney

Actuellement au cinéma

Pr. Wicked

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