Bellflower – Tout feu, tout flamme

Sensation des festivals de films indépendants autour du monde depuis son avant-première au festival de Sundance en Janvier 2011, prix du meilleur film au festival international de film fantastique de Paris, et prix du Jury au festival du film de Stiges, Bellflower nous arrive auréolé donc de récompenses qui renforcent sa dimension arty et indé.
Alors ovni prétentieux, ou vrai pépite indé ? Verdict.

Synopsis :
Woodrow et Aiden, deux amis d’enfance un peu paumés concentrent depuis des années leur énergie à la confection d’un lance-flammes et d’une voiture de guerre digne de Mad Max, leur film préféré.
Avec ce bolide qu’ils nommeront « la Medusa » ils pourront alors survivre en cas d’apocalypse et seront les maîtres de ce monde en ruine.
Jusqu’à ce que Woodrow rencontre une fille.

Les films indés ne sont pas forcément notre came. Une caméra qui tremble portée à l’épaule, une image un peu cradingue, des seins, des fesses et des gens qui pétent les plombs, sur un fond de constat social, voilà l’idée caricaturale mais souvent avérée d’un film indépendant.
Bellflower présente ces caractéristiques mais arrive à se dépêtrer de l’enlisement intello grâce à son talentueux réalisateur/acteur/ monteur : Evan Glodell.


Pour commencer la fameuse image rugeuse des films indépendants due à des caméras moins chères que celles des grosses productions n’est pas habituelle. Glodell a construit lui-même sa caméra à partir d’éléments d’une vieille caméra russe, assemblés autour d’une caméra digitale de cinéma classique.
Le résultat c’est une image unique, orangée et sombre, entre polaroid et super 8, on ne peut plus « vintage ».

Une bagnole de ouf, une photographie superbe...ça commence bien

Sous ses dehors de film de potes barrés qui se fantasment en Mad Max et Lord Humongus (c’est dire s’ils ont bon goûts !), Bellflower met en fait le doigt sur le désœuvrement d’une jeunesse américaine en perte de repères.

Alors qu’on trouve le délire des deux potes franchement sympa, très vite on se demande ce qu’ils font dans la vie, où sont leurs parents, s’ils travaillent, bref, quel est leur cadre de vie.
Mais il n’y a aucun cadre. Une sortie au resto se transforme en road trip pour aller dans un boui-boui à des milliers de Kilomètres, on troque une voiture contre une moto, on brûle des épouvantails sans aucune sécurité, bref, on fait ce qu’on veut.

Quand la jeunesse américaine passe le temps

C’est au fond un tableau bien amer des jeunes américains qu’on nous donne à voir. Sans occupations précises si ce n’est de boire (beaucoup), fumer, coucher ensembles, et s’autodétruire dans cette vie sans but.

Ces jeunes-là sont en fait plein de rage, plein d’énergie dont ils ne savent que faire. Une rage filmée avec beaucoup de sensibilité qui nous rend ces exaspérants glandeurs très attachants et profondément humains. Au début on les envie même, d’avoir la folie d’aller au bout de leur goût de liberté. Aller au bout de son rêve de gamin d’avoir la voiture de Mad Max à quelque chose d’utopiquement génial.

Mais le récit s’assombrit, la réalité fait son apparition dans l’utopie de cette vie sans règles, et l’énergie ne pouvant plus être dépensée en délires se retrouve reportée dans la violence, dans des actes extrêmes perpétrés par des jeunes qui ne savent plus comment se prouver qu’ils sont en vie.

Quand le désœuvrement devient violence

Bien sûr le film est plein de moments de tensions, on parle tout de même de la crise de la vingtaine chez des individus qui ont accès à un lance flamme et des revolvers.
Mais il y aussi une poésie et une rêverie qui plane sur ce film.

Bellflower est typiquement le film qui va diviser ses spectateurs entre ceux qui l’adoreront et ceux qui le détesteront.
Une chose est certaine, il ne laissera pas indifférent, et représente probablement le début de la carrière d’un cinéaste unique, mu par une énergie débridée, à l’image de ses personnages ( qu’il incarne en la personne de Woodrow).
Une mise en scène gonflée, explosive et dérangeante qui n’est pas sans rappeler les débuts d’un autre maverick qui a commencé en indépendant, un  certain Tarantino.


Bellflower
, un film de  Evan Glodell Avec Evan Glodell, Jessie Wiseman, Tyler Dawson
Au cinéma le 21 mars 2012

Pr.Wicked

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