The Ledge – Critique en toute bonne foi

Sur le canapé intergalactique on n’est pas snobs. Ce n’est pas parce qu’un film n’est sorti que en vidéo et pas au cinéma qu’on va faire l’impasse dessus. La preuve rappelez-vous la bonne surprise de The last winter qui clouait sur place le remake de The thing en partant d’un scénario presque identique.

The Ledge est donc un film qui arrive en France directement en vidéo malgré sa sélection officielle au festival de films indépendants de Sundance, et un casting plutôt solide : Patrick Wilson (le hibou dans Watchmen), Liv Tyler qu’on ne présente plus et  Charlie Hunnam (Les fils de l’homme, Hooligans)
Ce film méritait-il une sortie cinéma , ou est-il à sa place caché dans les bacs ? Réponse.

Synopsis :
Deux hommes épris de la même femme (Liv Tyler) se trouvent mortellement confrontés dans une guerre idéologique. Du haut d’un grand édifice, le croyant Joe (Patrick Wilson) force le non-croyant Gavin (Charlie Hunman) à prendre une décision cruciale, ne lui laissant qu’une heure pour faire son choix: sa vie ou celle d’une autre. Intervenant dans cette délicate situation, le policier Hollis Lucetti (Terrence Howard) tente de lui venir en aide. Puisqu’il ne croit pas à la vie après la mort, Charlie sera-t-il capable de faire un tel sacrifice ?

Crises de foi :
The Ledge s’aventure donc sur la piste savonneuse du film spirituel, opposant croyants et athées.
Un sujet dangereux qui exige de trouver le bon équilibre entre les deux points de vus opposés (athée ou croyant) de manière à ce que le film ne soit ni  pro ni anti religieux.
Également compliqué parce qu’à moins de verser dans la guerre de religion façon péplum, ce n’est pas facile de rendre cet affrontement théologique palpitant.
Même Scorsese s’y était cassé les dents avec son remake des Nerfs à Vifs, avec De Niro en psychopathe bardé de tatouages catholiques.

Robert De Niro dans Les nerfs à vif de Martin Scorsese

Le réalisateur Matthew Chapman (scénariste sur le très bon Maître du jeu) a décidé d’aborder le sujet sous la forme du drame conjugale et (un peu) du thriller, ce qui est plutôt une bonne idée. Il donne de cette manière au face à face Joe/Gavin  une dimension supplémentaire que celle du désaccord théologique, le second devenant l’amant de la femme du premier, qui pète légèrement un câble.
Foi/fidélité se mettent alors en opposition face au pouvoir de la passion amoureuse. L’éternel choix entre la saisonnalité qui risque faire glisser dans l’ennui, et assumer ses pulsions au risque de détruire sa vie.
C’est avec cette vision du monde tout noir ou tout blanc que le film trouve ses limites

Pour commencer les personnages sont bien trop stéréotypés.

La croix derrière, l'éclairage menaçant, c'est Joe le catho.

Le catholique est forcément cheveux courts, chemise à carreaux entrée dans le pantalon, tandis que l’athée est barbu cheveu long et débraillé.

Cheveux longs, barbe et clope, c'est Gavin l'athée trop cool et tolérant

Le croyant est homophobe, intolérant et au final psychopathe, alors que l’athée vit avec un gay qu’il a recueilli car viré de son job à cause de sa séropositivité.
La liste et longue et le message est bien trop manichéen : L’athée c’est le mec cool et tolérant, alors que le croyant c’est le psychopathe obtus.
Entre eux deux Liv Tyler, l’épouse de Joe le catholique, est bien sûr l’épouse fidèle, effacée, qui  va trouver auprès de Gavin le mec cool et sexy la liberté, la jouissance, bref le bonheur. Là aussi très convenu.
Le personnage de Gavin pourrait être plus intéressant s’il sortait de cette image de mec tellement plus cool que le vilain mari catholique.
Au lieu de cela le scénario dévoile au compte-goutte les antécédents qui ont fait des protagonistes qui ils sont aujourd’hui, pour qu’on se dise « oh comme je le/la comprends. »

A gauche la vie maritale, à droite l’adultère. Attention, vous êtes prêts ?... "Oh comme je la compreeends !"

La caractérisation vraiment simpliste des protagonistes est dommage car la construction du scénario qui passe de la bluette adultère vers le thriller est plutôt bien faite.
La passion monte entre Gavin et la femme mariée, chose qui est assez sympa à regarder tant Gavin  prend un malin plaisir à punir l’intégriste catholique en couchant avec sa femme.
Alors on se console avec la poitrine de Liv Tyler …mais c’est bien peu.

De l’importance de la communication :
Vous allez rire mais en fait le plus gros problème du film c’est sa jaquette DVD, du recto,au verso, et sa bande annonce !
Si,si ! Relisez le synopsis, et vous verrait qu’on vous dit que Gavin doit sauter du toit s’il ne veut pas que sa maîtresse meurt…
Le film est raconté en flashbacks par Gavin  au flic venu le faire descendre, et ne révèle qu’à la fin pourquoi il doit si mystérieusement sauter à midi précise. Enfin mystérieusement pour le flic uniquement. D’ailleurs quand il apprend la verité, il s’énerve : « Mais pourquoi ne me l’avez vous pas dit dés le début ? on aurait eu le temps de l’arrêter depuis le temps ! ».
  Ça tombe bien, nous on se pose la même question vu qu’on est au courant dés le début grâce à cette com’ malheureuse, et on passe le film à se demander quand est ce qu’il va lui cracher le morceau …
Qui ne lit pas ses jaquettes DVD avant de mettre le film ? personne Donc qui saura la fin dés le début ? Tout le monde.
Quant à LA grosse question (sautera, sautera pas) on pourrait être sur les nerfs, si on avait pas regarder l’image de la jaquette DVD.

voila ,on laisse deviner si à la fin Gavin saute ou pas...Top communication les mecs !

Deux spoilers majeurs qui mettent le doigts là où ça fait mal . On se retrouve à la place de quelqu’un qui a déjà vu le film et n’a donc plus les surprises du scénario.
Un peu comme si on regardait Usual suspects pour la première fois en sachant déjà qui est Keyser Soze. Du bon gros spoil.
Mais contrairement à Usual suspects, qu’on peut se delecter à regarder encore et encore en jubilant de connaître les ficelles, The Ledge est assez ennuyeux quand on sait comment il se finit. Trés peu d’enjeux finalement si ce n’est cette caricature du catholique fou et de l’athée à l’écoute.

Un film qui ne peut se regarder agréablement qu’une seule fois, donc , et à condition de n’avoir vu ni l’affiche, ni la bande annonce, ni le résumé… Ça fait beaucoup . Dommage, c’était presque bien.
Pour une crise de foi réussit, en dehors de vous gaver de truffes au chocolat, on vous conseillera donc plutôt de vous remater Mission de Roland Joffé avec DeNiro en conquistador tourmenté et Jeremy Irons en évangéliste compatissant.
La différence doit résider dans la palme d’or…

The Ledge un film de Matthew Chapman Avec Charlie Hunnam, Liv Tyler et Patrick Wilson
Disponible en DVD (mais c’est mieux de le laisser dans les bacs).

Pr Wicked

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