Young Adult – Sale gamine

Un film de Jason Reitman , on le sait désormais, c’est l’assurance de passer un bon moment.
Au fil de ses longs métrages le fils d’Ivan Reitman (réalisateur de S.O.S fantômes, la classe !) trace tranquillement mais sûrement sa route de cinéaste .
Avec des personnages en décalage avec le monde dans lequel ils vivent, il construit une galerie d’individus attachants, car bourrés de défauts, qui entraîne invariablement une identification avec le spectateur.
Aaron Eckhart arrivait à nous charmer alors que son travail dans Thank you for smoking etait de vanter le tabac, tandis que sa femme doutait qu’il fasse un bon père en étant si cynique.
Ellen Page était désarmante de franchise dans Juno, et entraînait elle aussi un énorme attachement à son personnage.
George Clooney en homme d’affaire obsédé par ses miles aériens parcourus était d’abord horripilant de cynisme et d’inumanité dans In the air, avant de montrer ses fêlures de manière très touchante.
C’est donc avec bonheur qu’on se prépare à plonger dans Young Adult, où Mavis Gary, interprétée par Charlize Theron rejoint le groupe de ces personnages si férocement désenchantés et si humains.

Synopsis :
Originaire d’une petite ville de province où elle s’ennuyait à mourir, Mavis Gary s’est installée à Minneapolis où elle est devenue auteur de romans pour ados. Mais lorsqu’elle apprend que son ex-petit copain de lycée est devenu papa, elle décide de revenir sur les lieux de son enfance pour le reconquérir

Dés le début du film on retrouve le style de Reitman avec un personnage qui vit à travers son travail pour éviter de se confronter à la vraie vie, et qui par le biais d’un événement imprévu (ici la naissance de la fille d’un ancien amour de jeunesse), va voir son mode de vie remis en question brutalement.

Mavis c'est le truc en boule au milieu du chaos...à coté du chien.

Mavis Gary c’est l’antithése de Juno, son parfait négatif .
A l’inverse de Juno elle se complaît dans un mode de vie adolescent peuplé de petits déjeuners au coca (light, il faut rester mince), de boîte de Pizzas (on a dit mince…) et à l’image d’un Marty mcFly s’endort habillé sur son canapé télé allumée. Elle écoute ses mix tapes des années 90, mange au fast food. Bref une ado de 37 ans.
Mais l’annonce de l’arrivée d’un enfant la fait se raccrocher à une jeunesse révolue contrairement à Juno qui elle se faisait violence pour grandir.
De retour dans son ancienne ville, sitôt qu’il faut alors paraître en société elle joue à l’adulte en se mettant sur son 31 pour éblouir les losers de son ancienne ville, et toujours apparaître comme la fille populaire qu’elle était.

Aprés un petit resto, Mavis se prépare pour impressionner les anciens du lycée.

Ce décalage entre sa réalité et celle des autres est l’occasion pour Reitman  de jouer sur plusieurs registres. De situations tantôt génantes pour Mavis, tantôt drôles pour nous, puis finalement émouvantes, le personnage de Mavis, pari audacieux du scénario, est ouvertement antipathique, ce qui causera peut-être un accueil mitigé du film.

Incarnée par une Charlize Theron impeccable, Mavis n’est pas juste une ancienne bimbo qui veut remonter le temps. Elle à comme les autres personnages de Reitman, des fêlures et des blessures profondes, qui  nous la rendront attachante, sans nous en enlever notre envie de la secouer pour la ramener dans le vrai monde.
Pour ça, la scénariste Diablo Cody (oscarisée pour le scénario de Juno en 2008) a créé le personnage de Matt Freehauf (Patton Oswalt) , un ancien camarade de Mavis, handicapé depuis qu’il s’est fait lynché par des brutes du lycée.
L’ancien souffre douleur, lui aussi mal dans sa peau, ressemble plus qu’il n’y paraît à Mavis. et se charge de dire à Mavis ses quatre vérités à notre place.

Matt est un peu exaspéré par son alter ego féminin qu'est Mavis, et ne mâche pas ses mots.

L’équipe Jason Reitman / Diablo Cody vise encore une fois juste. L’écriture des personnages est parfaite, chacun prenant de l’épaisseur au fil d’un scénario qui questionne avec pertinence ce qu’est être adulte,dans une société où les adulescents sont légions.
Young Adult est ampli de douleur et d’émotion déguisé en comédie, du début à la fin.
Un film qui parle de ceux qui vieillissent mais n’arrivent pas à grandir, avec justesse, humour, et émotion, sans donner de leçons .
Notre gros coup de cœur de ce début 2012.

Young Adult un film de Jason Reitman avec Charlize Theron, Patrick Wilson et Patton Oswalt .
Au cinéma le 28 Mars 2012


Pr. Wicked

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Une réflexion au sujet de « Young Adult – Sale gamine »

  1. Vu ce matin, un très bon film et comme tu dis, on commence à en avoir l’habitude avec Jason Reitmann, tant mieux. Juno n’était pas qu’un heureux accident! Mavis est horripilante, mais c’est tellement bien fait !Toutes les nuances sont très fortes et derrière la comédie, il y a tellement plus… Jason Reitmann, excellent observateur des relations humaines et des méandres de l’âme humaine.

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