Hunger Games – The Deadman show

L’actualité cinéma est parfois taquine. Alors que sort très prochainement Young Adult, qui parle d’une auteur de saga pour jeunes adultes (Harry Potter, Twilight) , voici donc qu’est arrivé sur nos écrans Hunger Games  adaptation du premier volet de la trilogie littéraire du même nom, porte drapeau de l’actuelle Young Adult literrature.
Ce qui tombe rudement bien pour l’industrie Hollywoodienne, puisque la saga Harry Potter s’est achevée l’année dernière et que Twilight livrera son dernier chapitre au cinéma cette année.

Synopsis :
Chaque année, dans les ruines de ce qui était autrefois l’Amérique du Nord, le Capitole, l’impitoyable capitale de la nation de Panem, oblige chacun de ses douze districts à envoyer un garçon et une fille – les « Tributs » – concourir aux Hunger Games. A la fois sanction contre la population pour s’être rebellée et stratégie d’intimidation de la part du gouvernement, les Hunger Games sont un événement télévisé national au cours duquel les tributs doivent s’affronter jusqu’à la mort. L’unique survivant est déclaré vainqueur.
La jeune Katniss, 16 ans, se porte volontaire pour prendre la place de sa jeune sœur dans la compétition.



Déjà vu :

Commençons par ce qui fâche. Rien qu’à la lecture du pitch 2 films viennent en tête :

Running man (déjà remake du film du prix du danger de Yves Boisset) où Schwarzy participe malgré lui à un jeu télévisé dont le but est d’échapper à la mort en direct.
Battle Royale de Kinji Fukasaku, dans lequel des ados amenés sur une île sont abandonnés à leur sort avec de la nourriture, une arme et disposent d’un délai de trois jours pour s’entre-tuer. A la fin il ne peut en rester qu’un.

On ne peut pas dire que l’auteur des livres de la trilogie Hunger games  Suzanne Collins ait fait preuve d’une grande imagination. Des ressemblances si frappantes qu’elle fut attaquée pour plagiat de Battle Royale.

L’auteur s’explique «  J’ai aussi été influencée par mon expérience de téléspectatrice passant d’une émission de téléréalité à un reportage de guerre, me demandant ce que ce mélange de divertissement et d’horreur bien réelle augurait pour l’avenir de notre société. ». 
Bon t’es gentille Suzanne mais cette question était posée dans Running man en 1987.

Alors nous pauvres cinéphiles on est un brin devant du déjà vu. Reste à savoir si le film malgré le manque d’originalité du sujet, est bon ou non.

Et bien grosse surprise, Hunger Games est très convaincant et on ne voit pas passer les 2h20 .
Certes on retrouve le travers habituel des adaptations d’œuvres pour ados récentes, à savoir le sacrifice d’une grande partie de la description du contexte et des personnages pour se concentrer sur l’action.  On sent bien que les scénaristes ont voulu arriver très rapidement au début des fameux Hunger Games, au détriment des relations entre les personnages (qu’ils préfèrent insérer rapidement en flashbacks).
En à peine 20 minutes sont expédiés la présentation de Katniss et sa famille, sa relation avec Gale Hawthorne son meilleur ami, et plus ennuyeux une explication claire de ce que sont les Hunger Games.

La compréhension y perd ce que le rythme y gagne. Il faut bien être honnête même si l’introduction est bâclée, dès lors que les protagonistes arrivent au Capitole, Hunger Games est diablement prenant.

Au niveau esthétique tout d’abord. Le réalisateur Gary Ross donne à cette ville de luxe et de paillettes une esthétique ultra colorée au top de la branchitude proche de celle du 5éme élément de Besson.

Ca y est ! On a trouvé d'où venait Lady Gaga !

Le manipulateur en chef, et le présentateur exubérant, trop le styyyle !

Oranges, verts, roses, les habitants du capitole sont dans l’apparence et l’ultra stylisation. La forme de la barbe de Wes Bentley, les apparas de Effie Trinket (Elizabeth Banks), ou encore l’étrange banane bleue du présentateur star incarné par Stanley Tucci au sourire extra bright, sont autant de symboles de cette société du paraître, où naturellement les jeux du cirque sont basés sur l’apparence des candidats.
Plus ils seront séduisant ou charismatiques, plus ils auront de chance d’être sauvés par les sponsors du jeu qui soutiennent les bon clients.
Un ton caustique bien rendu donc qui fait ressortir le cynisme de ces « beaux » indifférents à la mort de gamins qui n’ont de valeur que parce qu’ils les divertissent.

Puis les jeux commencent et on saute du glamour à la boucherie. Le rythme s’emballe la pression monte, les stratagèmes de survie s’organisent.
Le tout est filmé avec une caméra en perpétuel mouvement (trop parfois) qui arrive à nous immerger dans cette course à la mort.
Là encore, le scénario ne s’attarde pas sur les personnages, ce qui ne nous donne pas l’occasion de nous attacher assez à eux.  Leur mort nous laisse pour la plupart malgré nous indifférents, mais la mise en scène de celles-ci donnent lieu à des scènes efficaces.
Le film se centre en fait uniquement sur la survie et la romance de Katniss et Peeta (l’autre ado du district 12 à avoir été sélectionné avec elle), et arrive à nous faire sursauter plus d’une fois alors que leur vies sont menacées.

C'est le printemps, les cadavres fleurissent.

C’est sans doute l’obligation d’avoir à éviter la restriction d’âge spectateur qui empêche le film d’atteindre un niveau supérieur.
Les tueries sont un peu trop suggérées plutôt que d’être montrées. Les mouvements saccadés de la caméra empêchent de voir clairement ce qui se passe, on entend des cris hors champs. Pour une boucherie qui doit voir passer le nombre des ados de 24 à 1, les effusions de sangs sont bien limitées. On ne pourra guère se rattraper sur le relief d ‘ados bien lisses pour leur âge, mais ceci est contrebalancé par des seconds rôles de premier choix :  la géniale et jubilatoire préstation de Woody Harrelson, le si classe et sexy Lenny Kravitz, et Mr Donald Sutherland qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour être inquiétant.

Le centre de surveillance du jeu, trés Truman Show

Avec son côté soft ,à défaut d’être un pamphlet virulent et violent sur les dérives sécuritaire et voyeuses de notre société (on préféra à ce sujet The Truman Show de Peter weir, auquel on pense souvent devant le film), Hunger Games n’en reste pas moins haletant.
S’il incite quelques ados à se questionner sur la télé réalité en plus d’être un film d’action prenant, c’est tout de même pas mal.


Hunger Games
un film de Gary Ross avec Jennifer Lawrence, Josh Hutcherson, Liam Hemsworth, Woody Harrelson et Lenny Kravitz.

Pr Wicked

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