L’incroyable Hulk – 2008 – Réinventer la bête

Oubliée la version de Ang Lee pas assez rentable. Dans le but d’accoucher d’un film qui pourrait aboutir à un Hulk membre des Avengers, Marvel voulait corriger le tir. Cet Incroyable Hulk n’est donc pas une suite mais un reboot , Moins profond mais plus musclé .

Synopsis : Le scientifique Bruce Banner cherche désespérément un antidote à la mutation que son corps a subit après avoir reçut accidentellement une trop forte dose de rayons gammas. Se changeant ainsi en créature verte géante et surpuissante lorsque son pouls est trop élevé, il vit dans l’ombre, toujours amoureux de la belle Betty Ross avec qui il menait ses recherches et parcourt la planète à la recherche d’un remède.
Le Général Thunderbolt Ross chef de la section militaire pour laquelle travaillait banner n’entend pas laisser Banner s’évanouir dans la nature. Pour lui Hulk appartient à l’armée.

De tous les Avengers, pour nous qui n’avons pas grandis le nez collé à des comics, c’est Hulk que nous connaissions le mieux et ce grâce à la série télévisée des années 70. Bill Bixby et Lou Ferrigno constitue pour beaucoup le premier contact avec un super héros Marvel. Et quel héros !
On ne vous cache pas que sous nos carcasses de baroudeurs de l’infini battent des petits cœurs qui se serrent chaque fois qu’on voit le légendaire Bill Bixby partir le long de la route sur cette petite mélodie déchirante jouée au piano. Extrait


Snif… toute notre enfance !

Louis Leterrier avait donc une double tâche des plus ardue : Inscrire le film dans une continuité de la série télé profondément ancrée dans l’inconscient collectif des non fans de comics, et en même temps en faire un blockbuster hypra spectaculaire et fidéle au comics pour satisfaire les fans. Tout ceci dans l’optique d’amener le personnage vers l’univers explosif des Avengers.
Mission difficile accomplie, non sans quelques dommages collatéraux.

A la recherche d'un antidote

La puissance du récit de Hulk, c’est la tragédie que vit son héros. Un monstre plus qu’un super héros. Ce pouvoir, contrairement à Iron Man (voir article) ou Thor, Bruce Banner le porte comme un fardeau qui a ruiné sa vie (professionnelle et amoureuse) et qui le condamne à une errance perpétuelle.
Si dans l’Incroyable Hulk on retrouve bien la notion de fuite et de vagabondage du Dr Banner, on pourra regretter que toute la phase des expériences, de l’accident de laboratoire et de romance brisée avec sa fiancée Betty Ross soient expédiés pendant le générique sous forme de brèves images muettes. A ce titre l’incroyable Hulk est le seul film de la saga Avengers à ne pas traiter des origines  de son super héros. On comprend bien que Leterrier ne veut pas s’appesantir sur les origines de la bête car tout le monde la connait. Mais à vouloir arriver directement au cœur de l’action, il a laissé une bonne partie de la tragédie que vit Banner sur le bord de la route. Sa détresse s’en retrouve amoindrie, faisant perdre de sa dimension tragique au personnage.
Certes on nous montre un Banner qui pense encore à son ex et qui est heureux de la revoir enfin,  mais le personnage de Betty Ross (fille du général Ross incarnée par Liv Tyler assez transparente) amplifie plus l’opposition Hulk Vs l’armée (le  général Ross, son père) qu’elle ne sert a illustrer la souffrance de Banner à être devenu un monstre.

Betty Ross sert plus d'amplificateur à la lutte contre l'armée que de ressort dramatique amoureux. Dommage

Le réalisateur se devant de montrer tout de même que le docteur refuse la bête, il va donc insister sur la lutte intérieure que mène Bruce  pour contrôler le mal qui le dévore. Ceci est montré par un petit compteur digitale qui s’affiche à l’écran indiquant le nombre de jours sans transformations. De séance de respiration zen, en cours de Taï chi, munit de sa montre mesurant le rythme cardiaque, Bruce Banner est dans une logique de self contrôle, en attendant de trouver un remède.

il a chopé une sale maladie Tim Roth on dirait...

En ce qui concerne la manière dont il faut intégrer Hulk à l’univers cinéma des Avengers, le passage par la case grosse action est inévitable. Ce qui est loin d’être raté.
Pour ce faire, bien qu’ayant fait l’impasse sur les origines de Hulk, Leterrier raconte comment Blonsky devint Abomination.
Et il faut bien l’avouer, voire deux colosses de ce genre se foutre une peignée en pleine ville est très réjouissant. Inutile de préciser que Tim Roth qui incarne Blonsky est juste parfait en militaire ivre de super pouvoirs.
Toujours dans l’optique du film Avengers, on aura la désormais classique scène post générique, où cette fois Tony Stark vient trouver le général Ross pour lui dire que son problème de Hulk pourrait être résolu car : « Nous constituons une équipe… ». Tatiiiin !

Par tous ses aspects spectaculaires, graphiques et son action survitaminée, L’incroyable Hulk remplit le cahier des charges du blockbuster de super héros et reste très divertissant. Mais on regrettera vraiment la minceur d’un scénario qui néglige la tragédie qui fait toute l’épaisseur du personnage.
Une réussite en demi-teinte pour Leterrier qui a dressé la table pour servir un Hulk prêt à l’emploi dans les Avengers, Ni plus ni moins.

L’incroyable Hulk, un film de Louis Leterrier avec Edward Norton, Liv Tyler, Tim Roth et William Hurt
Disponible en DVD et Bluray

Pr Wicked

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