Thor -2011- Etre ou ne pas être un super héros

Avec son casque ailé façon Astérix, une cape à la Superman, et un énorme marteau qui pourrait laisser penser qu’il  a un léger complexe masculin à compenser, Thor était loin de nous émoustiller le gêne à curiosité. Jusqu’à ce qu’on apprenne que Kenneth Branagh était à la réalisation… Et ça, ça change tout !


Synopsis :
Au royaume d’Asgard, Thor est un guerrier aussi puissant qu’arrogant dont les actes téméraires brise une trêves ancestrale. Banni par son père Odin, Dieu du tonnerre auquel il était sur le point de succéder, il envoyé sur Terre condamné à vivre parmi les humains jusqu’à ce qu’il mérite son rang. Son frère, le taciturne Loki , accède au trône dont il jalousait l’héritage à son frère  tandis que Odin se meurt de chagrin. Mais Loki serait-il si étranger que cela aux causes de l’exil de Thor…

Kenneth Branagh, notre idole, réalisateur d’adaptations shakespeariennes brillantes (Beaucoup de bruit pour rien, Hamlet)  est donc aux manettes de ce nouveau film dédié à un Avenger. Voilà qui a de quoi intriguer.
Habitué aux budgets modestes, loin des blockbusters, l’homme est connu pour s’intéresser avant tout au jeu des acteurs, à la richesse des personnages.  A des années lumières donc  des prouesses pyrotechniques d’un  Roland Emmerich ou d’un Michael Bay.

Kenneth Branagh sur le tournage du film

Pourtant très vite on comprend ce qui a intéressé Branagh. L’histoire de Thor à tout du drame shakespearien. Un conflit père/fils, un jeune prince envoyé en exil,  une jalousie fratricide, le tout au sein d’une famille très puissante.  Ceci n’est pas sans rappeler « La tempête », grand classique de William Shakespeare, où Le duc Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve sur une île déserte et parviendra à maitriser les éléments grâce à la magie (rappelons que Thor maîtrise, lui, le tonnerre).
De même on retrouve beaucoup de Henry IV avec cette thématique du fils prodigue qui doit à travers les épreuves de la vie conquérir son rang à travers un rite de passage.
L’histoire de Thor a donc nombres de résonances classiques très familières à Branagh qu’il restitue avec son talent habituel, tout en retenu sur les explosions (une seul grosse scène avec Le destructeur).

Contrairement à L’incroyable Hulk dont on vous parlait ici, les personnages de Thor ont tous de l’épaisseur. On commence par mépriser ce Thor sûr de lui, dédaigneux et hautain, pour ensuite le suivre dans sa détresse et sa prise de conscience. Naît alors chez le spectateur la compassion.

Il y a quelque chose de pourri au royaume d’Asgard… et le tourmenté Loki en sait quelque chose

De même Loki, son frère, n’est pas simplement le méchant qu’il faut ratatiner. Lui aussi souffre. De ne pas être le fils préféré, de ne pas avoir le trône lui revenant de droit, et d’apprendre le secret de ses origines.
Rien n’est manichéen et bons comme mauvais ont chacun un parcours que l’on comprend.
Quand à Anthony Hopkins en Odin, patriarche au cœur brisé, il arrive en très peu de scènes à nous faire sentir la tristesse et la colère de ce père contraint de bannir son fils pour la paix du royaume. Un très grand acteur que cet homme là.
Chris Hemsworth n’est pas en reste. Sous des dehors de colosse taillé comme un arbre, il laisse lentement apparaître la fragilité propre au personnage. Un jeune homme arrogant et puissant qui prend conscience qu’il doit se construire moralement. Du très bon boulot d’acteur.

L’insolent et arrogant Thor sur le point de rencontrer son destin

Ce qui nous a vraiment séduits c’est aussi ce jeu d’aller/retour entre Asgard et la terre. En alternant les deux mondes, Branagh permet au spectateur d’accepter qu’au monde réel  se mêle de la magie, et des divinités. Le relai entre les deux mondes se fait par un portail unique, le Bifrost gardé par Heimdall (tout ceci est tiré de la vraie mythologie nordique). Cette vigie qui voit tout ce qui se passe en tous lieux est la clé du passage du spectateur entre les deux mondes. Un passage très réussit grâce à ce personnage charismatique et énigmatique qui s’exprime tel le sphinx.

Heimdall gardien du Bifrost. Gardien du royaume, autre figure shakespearienne

Le résultat n’est  pas un film seulement intéressant, mais un tour de force emporté haut la main par Branagh, qui parvient à insuffler à ce blockbuster de super héros  son amour des intrigues Shakespeariennes. Il en fait ainsi tout simplement un des films de super héros les plus profonds qu’il nous ait été donné de voir à ce jour.  Encore une fois la qualité d’un film dépend de son réalisateur. Et nous, In Branagh we trust !

Nous n’oublierons pas la désormais célèbre petite scène post générique où l’on pourra voir le Tesseract, ce cube magique mis en avant dans le film comme étant la clé du passage entre Assgart et les autres mondes de l’univers. Une source de pouvoir infini qui semble intéresser très fort Loki … Avengers here we come !

Thor,un film de Kenneth Branagh  Avec Chris Hemsworth, Natalie Portman, Anthony Hopkins
Disponible en DVD et Bluray

Pr Wicked

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Une réflexion au sujet de « Thor -2011- Etre ou ne pas être un super héros »

  1. Passé un peu à côté en mai dernier, ton article éclaire plein de choses, notamment le géni shakespearien de Kenneth Branagh. J’ai vu Thor d’un tout autre regard dans The Avengers grâce à ça. Faut que je revois Thor maintenant. ^^

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