Margin Call – Argent trop cher

Évoquer la crise financière actuelle au cinéma sans discours économique obscur, sans manichéisme et sans ennuyer le spectateur,voila qui est difficile. Chapeau bas donc à J.C Chandor, qui avec ce premier film nous montre ce qu’aurait dû être Wall Street 2 s’il avait été réussit.

Synopsis : Eric Dale, cadre supérieur dans une banque d’investissement se voit limogé comme le reste de la charrette annuelle qui à lieu à son étage. Ayant commencé à découvrir une anomalie dans le système financier, il confit son travail à un trader de son groupe, Peter Sullivan. Ce que Sullivan va découvrir en planchant des heures sur les données de Dale est sur le point de faire passer les plus longues 24h jamais vécue par les responsables de la banque Une seule solution : se débarrasser des actifs de la banque en une journée le lendemain.

Le milieu boursier est difficile à illustrer au cinéma. C’est un peu comme les films sur le poker. Si on ne connait pas les règles du jeu, on est vite largués et le film se transforme en objet prétentieux réservé à un public d’initié.

J.C Chandor dont c’est ici le premier film ne tombe pas dans le panneau. Ce fut même un point qui entraina son acceptation de réaliser le film.  « C’était très important pour moi quand j’ai lu le scénario. Il avait à cœur de s’adresser à ma génération, à notre culture, de nous donner les clés pour rendre la crise compréhensible à l’homme de la rue » dit-il.
Pour ce faire l’astuce scénaristique est de nous présenter, face aux traders calés en chiffres, des responsables qui malgré les millions qu’ils touchent n’ont pas honte de dire qu’ils ne comprennent rien à ses chiffres.
Les cracks des chiffres vont donc devoir leur vulgariser la signification des chiffres et c’est par cette simplification que le spectateur peut entrer dans l’intrigue financière.

Mais ceci n’est pas uniquement une astuce scénaristique. C’est surtout un triste état de fait. J. C. Chandor, fils de boursier, a pris auprès de son père et de ses anciens collègues une foule d’informations dont a émergé ce constat. Les pontes de la finance ne pige que pouic aux courbes ultra complexes des marchés financiers. Ils sont là pour parier sur l’avenir, et la direction à prendre. Jouer l’avenir de la finance international sur leurs intuitions.
Ces grands patrons sont personnifiés à merveille par le personnage de John Tuld, au nom étrangement similaire à celui de l’ancien patron de la Lehman brothers Richard S. Fuld. Tuld est royalement interprété par Jeremy Irons, qu’on a grand plaisir à retrouver étant donné sa rareté sur les grands écrans ces dernières années. Froid, laconique, comme détaché du cataclysme qui se profile, il lance l’ordre de liquider les actifs de la banque avec un calme sidérant.
Face à lui d’autres loups de la finance qui ont plus de conscience, dont un Kevin Spacey très convaincant. Indifférent aux licenciement de ses collègues au début du film , préférant pleurer son chien malade, il s’humanise à mesure que l’horizon se noircit.

le bonheur de retrouver deux grands acteurs servis par des répliques parfaites.

Margin call ne diabolise pourtant pas le milieu banquier comme c’est souvent le cas. A de nombreuses reprises sont évoqués les Mr et Mme tout le monde qui crachent sur ce système capitaliste basé sur la spéculation boursière, mais qui ne sont pas pour autant prêts à abandonner leur niveau de vie confortable. Sans ce système plus de crédits, plus de découverts autorisés. Bref le film nous met aussi le nez dans notre hypocrisie à conspuer une économie capitaliste quand ça ne va pas, mais sans laquelle nous serions incapable de vivre en gardant notre petit confort financier. Sans aucun manichéisme, J. C. Chandor, livre donc un portrait impartial de notre système économique occidental.
La qualité première de Margin Call c’est donc la qualité de son écriture. Des répliques qui font mouche, des face à face d’acteurs excellents (particulièrement Spacey/Irons ) , et une mise en scène sobre et honnête qui rend palpable la tension et la fatigue des personnages .
Un huis clos oppressant qui remet en question les rouages de notre économie malade. En somme, ce qu’aurait dû être Wall Street 2 .

Margin Call un film de J.C. Chandor avec Kevin Spacey, jeremy Irons, Demi Moore, Zachary Quinto et Paul Bettany
Sortie cinéma le 2 Mai 2012

Pr Wicked

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