La cité de la peur – Les Nuls sur la croisette

Et voilà chers lecteurs nous y voici. Hier soir votre canapé préféré achevait sa phase d’approche du plus grand festival de cinéma au monde. Une fois posé à Cannes, alors que ce moment était historique, on se disait que c’était le bon moment pour sortir un truc mémorable du genre « un petit pas pour internet un grand pas pour le canapé » .
Malheureusement la seule phrase qui nous soit venue à l’esprit c’est : « Cannes, 1er jour ! ». Ça nous a fait rire, mais promis on n’a pas vomi !

La faute à une bande de Nuls qui se forma sur l’idée d’Alain de Greef et Pierre Lescure qui voulaient voir de l’impertinence sur leur nouvelle chaine Canal+. Et grand bien leur en pris puisque, et ce n’est que notre avis, Les Nuls sont à ce jour toujours insurpassés en matière d’humour hexagonale.

Avant De Caunes et garcia, l’humour Canal c’est Les Nuls.

Alain Chabat, Dominique Faruggia, Bruno Carette et Chantal Lauby ont en 10 ans de carrière dézingué le PAF molasson et consensuel des années 80 à coup de fausses pubs, parodies d’émissions, et faux journaux. De l’ami beaujolais (qui vient toujours au bon moment avec son vin et son croissant), à Régis est un con (mais qu’il est con ce régis !) en passant par kwiskas (sponsorisé par le CCC, comité contre les chats), ils parodiaient toujours avec inventivité et justesse. Ces zigotos finissaient même par se faire tuyauter par les publicitaires eux-mêmes qui leur disaient: « Attendez les gars, on a une pub bien con sous le coude , on vous l’envoie ».

Le cruel destin ayant décidé qu’on se marrait vraiment trop avec Les Nuls, il emporta d’une maladie tropicale Bruno Carette en moins de deux mois en 1989. Les clowns endeuillés continuèrent deux ans à faire de la télévision mais le cœur n’y était plus et les Nuls arrêtèrent leur pitreries télévisées.
Et nous pauvres fans désespérés de ne plus voir Jacques Chabat Martin se faire crier dessus « tu sens mauvais dans ta bouche ! » on se demandait quand on les reverrait.

Il fallut attendre 1994 pour que les trois mousquetaires du n’importe quoi reviennent sur les écrans. Les grands écrans cette fois ci avec La cité de la peur, une comédie familiale. Une attente amplement récompensée pour les fans du groupe car ce film est de loin leur chef d’œuvre.

Dans ce film, Odile Deray (Chantal Lauby) est l’attachée de presse d’un film d’horreur de sous série Z « Red Is Dead ».(attention derrière toi, c’est affreux !) Lors de la projection presse, alors que le film fait un bide, le projectionniste se fait tuer à la saucisse et au marteau (euh à la faucille et au marteau… mais on lit saucisse un peu là, quand même).Puisque son job c’est qu’il y ait un max de pub autour du film Odile décide de descendre sur la croisette pour présenter son film en présence de la star du film Simon Jeremy (Dominique Farrugia, qui a réussi à entrer dans le cinéma parce que sa cousine était ouvreuse). Pour protéger Simon du tueur de projectionnistes on lui attribue un garde du corps, Serge Karamazof (mais vous pouvez l’appelez Kara), interprété par Alain Chabat obsédé sexuel qui essaie d’arrêter de fumer en jouant de la trompette. Mais les crimes continuent …

Vous prendrez bien quelques clapiottes…pour picorer !

Si vous n’avez rien compris à ce résumé c’est que vous n’avez pas vu le film. Et si vous n’avez pas vu le film il faut vite rattraper ça, parce que niveau répliques cultes il n’y a guère que Le père noël est une ordure et Les bronzés font du ski qui peuvent rivaliser avec La cité de la peur.
« Vous voulez un Whisky ? » « oh juste un doigt »… « Vous ne voulez pas un whisky d’abord ? » doit être ressorti en moyenne 2,5 fois dans chaque soirée, tout comme « quand je suis content je vomis ! »

Le scénario truffé de stupidités hilarantes, n’en n’est pas moins dénué de travail, et en cela il rappelle très fort le travail des Frères Zucker et Jim Abrahams (la série des Y a t-il un pilote dans l’avion et Y’a-t-il un flic…), au quel il emprunte la parodie des films connus (Basic Instinct, Pretty Woman, Terminator)

Pendant ce temps, à Vera Cruz…

On ignore qui est le tueur, et on nous met même sur une piste qu’on ne suspectait pas pour arriver sur un coup de théâtre à la vue d’un pansement au doigt. Très travaillé malgré sa drôlerie, La cité de la peur joue avec la grammaire du cinéma sans en avoir l’air. Flashbacks (sur la vie d’odile), digressions (à vera cruz), numéro musical (la carioca), détournement des conventions du genre policier (« tu bluffes Martonni, ton arme n’est pas chargée »), ou encore jeu sur ce qui se passe au second plan ou hors champ, voir même sur la bande son (une partie du film bruitée à la bouche, ou les vannes dans les hauts parleurs de « l’aRéoport de Nice, 2min d’arrêt », ou de la voix off qui donne l’heure).

Mais barrez vous ! Cons de mîmes !

La cité de la peur est en fait le portage fidèle de l’humour des Nuls au cinéma. Un objet tordant, truffé de jeu de mots si débiles qu’ils en sont drôles, qui détourne les conventions du cinéma pour s’allouer illico l’adhésion d’un spectateur mis dans la connivence. Il faut qu’on vous laisse à présent, il est 09H15 (ouais, mais j’avance un peu), et on doit filer à notre première projection où parait-il le projecteur c’est une Kinoton ! En espérant que ces cons de mimes voudront bien se barrer de notre chemin pour qu’on soit à l’heure

La cité de la peur, un film de Alain Berbérian Avec Alain Chabat, Chantal Lauby, Dominique Farrugia, Gerard Darmon
Disponible en DVD

Pr Wicked

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