Des hommes sans loi – Western mélancolique de la prohibition

Voilà un film qu’on attendait avec envie, depuis que nous en avions vu la bande annonce. Une adaptation de l’ histoire vraie de trois frères, trafiquants d’alcools pendant la prohibition, mais vue du côté de ceux qui font la gnôle dans les collines, et non centrée sur les caïds de Chicago. Un film à l’ambiance oppressante, des acteurs excellents, le tout sur un scénario et des musiques formidables de Nick Cave.

Synopsis : En Virginie, pendant la grande dépression, les frères Bondurant ont monté,comme beaucoup d’autres, des distilleries clandestines qui approvisionnent les grandes villes voisines. Alors que les autorités ferment les yeux jusque là sur cette activité, un agent spécial, Charlie Rakes, entend stopper ce trafique.

Adapté du roman de Matt Bondurant « The Wettest Country in the World », Lawless est donc un récit authentique. Ce qui en fait le principal intérêt,c’est que l’intrigue ne se place pas du côté des Speakeasy, et autre rade clandestins de Chicago, comme c’est souvent le cas mais du côté des hommes qui distillent cette alcool frelaté. Des bougres rudes, aux mains caleuses, à qui il ne faut pas venir chercher des noises sous peine de se prendre leur grosses phalanges à travers la tronche. Ca change des guerres de gangs en traction avant et ça rafraîchit le genre. Voir des personnages si bourrus dans un film de gangsters, constitue un apport intéressant sur la vérité derrière la mythologie de cette période riche en fantasmes.

Le film est bien entendu axé sur les trois frères Bondurant, dont la légende dit qu’ils sont immortels tant ils se remettent des pires accidents. C’est là le second très bon point de Des hommes sans loi. Nous raconter l’histoire de trois frangins aux caractères très différents, ajoute à l’intrigue une dimension de drame familiale qui en fait plus qu’un simple film de gangsters.
Ces trois frères sont Forrest, le grand frère renfrogné qui ne parle que par grognements et dont un coup de poing peut tuer un homme (très bon Tom Hardy ), le second, Howard (Jason Clarke), assez barré quand il se met à péter un plomb, et enfin le petit dernier, Jack (Shia Labeouf, tout a fait bluffant).
C’est dans cette relation conflictuelle de Jack avec ses frères que vont arriver les soucis, comme dans toute les familles. Des tensions rendus crédibles par le jeu des trois interprètes des frères (Hardy, Labeouf et Clarke) tout à fait convaincants autant dans la rage que dans la peine. N’oublions pas de saluer la trop courte apparition, mais néanmoins excellente, de Gary Oldman qui en costume trois piéce et  mitraillette a la main transforme le temps d’une scéne le film en pur western avecune classe folle.

Tout bon film a besoin d’un bon méchant. Ici c’est Guy Pearce qu’on est très heureux de revoir dans un film sur les années 20 après toutes ces années (voir son rôle dans L.A confidential). Son personnage d’agent spécial froid, maniaque et méticuleux est jouissif. On a adoré le détester.

Si l’intrigue est somme toute classique (des bootleggers en proie à un agent coriace), ce qui l’est moins c’est le ton décalé par moment du scénario signé Nick Cave. Notre crooner ténébreux adoré a laissé ses Bad seeds (son groupe) pour signer l’adaptation du livre et la musique. Et autant vous dire que si vous avez aimé son album culte Murder Ballads, vous serez conquis par Des hommes sans loi. De saules pleureurs, en nuits enneigées, en passant par des lacs gelés, c’est toute l’imagerie et l’humour sous-jacent du poète qu’on retrouve dans Des hommes sans loi. Quant à la musique, on oscille entre celle de Mr Cave, et des groupes aux sonorités proches de Marianne Faithfull. De la bonne folk sombre comme on aime, sur des images qui rappellent par moment le clip de Where the wild roses grow de Nick Cave et Kylie Minogue.

Le dandy sombre et poisseux du rock Nick Cave imprégne le film de son univers mélancolique et fascinant. Grandiose

A dire vrai, on pense que John Hillcoat (qui ne brille pas par une réalisation particulièrement notable) et Nick Cave sont venus une nuit dans notre tête, ont vu tout ce qu’on aimait en matière de cinéma, d’ambiance et de musique, et se sont dit que faire un film de gangster atypique sur un thème empreint de mélancolie avec une musique country mélancolique serait une riche idée. Bien vu ! Et à voir, au cinéma bien sûr !

Des hommes sans loi, un film de John Hillcoat avec Tom Hardy, ShiaLaBeouf, Jason Clarke, Jessica Chastain
Sortie au cinéma le 12 septembre 2012

Pr Wicked

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