Cannes 2012 – Le Palmarès officiel et notre palmarès à nous

Voilà ! Ça devait arriver. On a rangé le smoking et on ne courra plus les séances de 8h30 à 22H30 en mode commando au prix d’une alimentation plus que douteuse. L’heure est venue pour le jury de livrer les fruits de sa délibération. Retour sur le palmarès et notre avis dessus.

La palme d’or du court-métrage a été décernée au Turc L. Rezan YESILBAS pour SESSIZ-BE DENG (SILENCIEUX). Autant vous dire qu’avec le nombre de films qu’on avait à voir, celui là on ne l’a pas vu. Il faut être honnête. Cela dit c’est sans doute mérité. Quoi que… A la vue de la suite du palmarès, il y a de quoi se poser des questions sur la santé mentale du Jury.

La caméra d’or a été attribuée à Beast of the southern wild de Behn Zeitlin, qui, en adoptant le point de vue d’une gamine de 6 ans, mélange la mythologie et la réalité (elle croit que l’inondation de sa région est causée par la fonte des neiges, libérant du même coup des monstres préhistoriques jusqu’alors prisonniers des glaces). Le film navigue entre science-fiction post-apocalyptique et conte fantastique. Une vraie réussite.
 la critique de notre ami de chez « My Screens » est ici

Le prix du Jury qui récompense l’originalité et l’audace va à La part des Anges, de Ken Loach. Un prix tout à fait mérité pour cette comédie rafraichissante et sociale, typique du cinéaste anglais mais bien plus drôle que ses précédents films. Du Whisky, des kilts des petites combines, bref un vrai bonheur ! Notre critique ici

Le prix du scénario et d’interprétation féminine ont été à  Au delà des collines de Cristian Mungiu. Un drame roumain ou se tient un débat entre amour et Dieu. Si vous nous connaissez un peu vous l’aurez deviné, Ce n’est pas le cinéma qu’on préfère et vu le nombre de films à voir, on a préféré allez voir la version longue d’Il était une fois en Amérique… On espère que vous nous pardonnerez ! Mais nos amis de « Fan de cinéma », eux, l’ont vu et voici leur avis.

Le Prix de la mise en scène a été décerné à Post Tenebras Lux, de Carlos Regadas. Celui là on était sur le point d’entrer dans la salle pour le voir quand notre acolyte de chez 2MuchPoney nous envoyé un texto : « n’y va pas c’est une merde ! ». Pour mieux comprendre pourquoi on peut s’interroger sur ce qui a pris au jury pour qu’il confonde image improbable aux contours floutés et mise en scène, allez donc plutôt lire la critique de ce film désastreux chez Filmosphère ici.


Le prix d’interprétation masculine a été décerné à Mads Mikkelsen dans La chasse de Thomas Vinterberg.. Un prix tout à fait mérité à la vue de la très grande prestation que livre l’interprète vu dans le rôle du Chiffre dans Casino Royale.

Le grand prix, lui, a été décérné à Reality de l’italien Garrone. Un film que quasiment aucun festivalier n’a aimé et sur lequel on avait donc fait l’impasse. Sur ce coup, la solidarité italienne du président du jury Nanni Moretti a sans doute joué!


Et enfin, La palme d’or a été décernée à Amour de Mickael Haneke, déjà détenteur d’une première palme pour « Le Ruban blanc » en 2009. Cette histoire de deux octogénaires cultivés, professeurs de musique à la retraite, confrontés à l’attaque cérébrale de la femme, aborde le thème de l’amour chez les personnes âgées. Beau et touchant, mais si lent et si triste !

Vous l’aurez compris, on est très déçus par le fait que le résultat de cette compétition soit une fois de plus élitiste. Il va falloir que cesse cette fâcheuse habitude à considérer tout ce qui est grave comme de qualité, juste parce que c’est un drame intimiste bulgare ! Parmi la sélection officielle, il y avait des films hollywoodiens qui auraient largement mérité une récompense.  Notre palmarès à nous aurait été celui ci :

Bon pour le prix du jury à Ken Loach,  la caméra d’or à Beasts of the southern wild, et le prix d’interprétation masculine à Mads Mikkelsen, là on n’a rien à dire, on est d’accord. Pour le reste :

Prix du scénario: Mud de Jeff Nichols pour sa magnifique écriture de personnages paumés, qui luttent pour sauver leur idéal de l’amour. Notre critique ici


Prix de la mise en scène
: Moonrise Kingdom, pour la manière qu’a Wes Anderson de construire des travellings latéraux et horizontaux qui donnent à voir autant de tableaux dignes de Norman Rockwell. Notre critique ici



Prix d’interprétation masculine
: Denis Lavant dans Holy Motors, parce que du troll des forêts à l’homme d’affaires en passant par le tueur, ce mec est un génie et sa prestation est captivante. Critique ici

Prix du jury : Killing them softly pour la façon qu’a Andrew Dominik de déconstruire le mythe du gangster américain. Du très grand cinéma avec un Brad Pitt formidable. La critique est là


Palme d’or : pour Holy Motors, parce que Léos Carax arrive à  fasciner avec cette métaphore incroyablement profonde et belle sur ce qu’est être acteur et sur le cinéma. Pompeux pour certains, magnifique pour d’autre, une palme qui aurait été bien plus audacieuse que le très prévisible Amour, « film à palme » par excellence. Notre critique ici

On ne se leurre pas, la donne n’est pas prête de changer. A Cannes, on continuera à sélectionner du Brad Pitt pour faire de belles montées des marches, mais on récompensera encore et toujours du drame dépressif à la Haneke/Dardenne. Pardonnez notre amateurisme, c’était notre premier Cannes. L’année prochaine on se fait tous les films chiants. Au moins, on aura vu les films primés !

Pr Wicked

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