Prometheus – Le retour de la vraie Science fiction

Ridley Scott c’est un peu la pochette surprise du cinéma américain. Capable du meilleur (Alien, Thelma et Louise, Blade Runner ou Gladiator), comme du pire (G.I Jane, La chute du faucon noir), on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre avec lui. Pourtant, dès les premières images de Prometheus révélées, on a vu que Mr Scott nous préparait quelque chose d’énorme. Impression confirmée après l’avoir vu : de la pure science fiction, construite à partir de l’ADN de la saga Alien, le spectaculaire en plus. Éblouissant de beauté et anxiogène, Prometheus est simplement incontournable pour tout fan de la saga.

Synopsis : Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend…

Mon dieu, que cela fait du bien de revoir de la bonne science-fiction au cinéma ! De la vraie, on veut dire. Pas du Guy Pearce qui re-pompe le scénar de New York 1997 dans Lock out ou du Taylor Kitsch qui joue à « saute Canyon » dans John Carter.
Là, on vous parle de planètes à pertes de vue, du mystère de la conquête, de l’incertitude de ce que l’on va découvrir. Voilà la S.F. qu’on aime, celle que Ridley Scott nous a faite adorer avec Alien. Et avec Prometheus, Scott nous fait un beau cadeau.

La conquête de l’ouest (de l’espace)

Il adopte dans Prometheus une esthétique proche du western (canyons arides, vallées désertes, tempêtes de sable) qui confère au film une dimension d’aventure propre à la conquête de l’espace qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle conquête de l’ouest. John Carpenter nous l’avait déjà servi avec jubilation dans son remake de Rio Bravo dans l’espace (le mésestimé Ghosts of Mars et ses indiens/martiens), Ridley Scott nous régale de ces magnifiques étendues mystérieuses, dans lesquelles les véhicules motorisés se perdent dans le lointain telle une caravane de pionniers.
Un esprit colonisateur qu’évoque avec malice le réalisateur en faisant de Michael, le droïde, un être fasciné par le film Lawrence d’Arabie de David Lean, odyssée d’un conquérant parcourant lui aussi des contrées désertiques.

Replongeant dans les fondations du mythe qu’il a créé, le réalisateur compte bien nous en mettre plein la vue. Bien plus que dans Alien, qui se jouait surtout dans des espaces clos. Et le rendu est très réussi. Si vous arrivez à ne pas vous dire une seule fois « La vache qu’est-ce que c’est beau !», vous êtes très doué.
S’il souhaitait donner à Prometheus une ampleur visuelle unique, il désirait surtout ressusciter la mythologie d’Alien. Et pour ce faire, c’est avec talent qu’il truffe son film de références à la saga mythique.

Même caisson, même image de la belle au bois dormant du futur que dans Alien 1 et 2.

Micro-caméras vissées sur les tenues qui renvoient au vaisseau mère une image nominative (Alien 2), caissons d’hyper sommeil, cantine spatiale,couloirs capitonnés de cuir blanc octogonaux (Alien 1) murs d’images artificielles, et même un panier de basket (Alien 4). Mais bien plus que dans l’esthétique, c’est dans les thèmes et les personnages que le fan de la saga se sentira comme un poisson dans l’eau.

Prometheus, comme Alien, est centré sur le thème de la maternité via cette quête des origines de l’Homme et l’importance accordé aux relations parents/enfants. Qu’est-ce qu’être créé, pour un Homme ou un droïde qu’est-ce qu’avoir un père: savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va.

Après 35 ans d’interrogation, le mystère est révélé. MIAM !

Le fait de retrouver aussi la même Weyland Company, à la morale douteuse, et ses premiers scientifiques trop curieux, et surtout le Space Jockey, vont aux racines même du mythe du premier Alien. Cette mystérieuse créature morte, accrochée à un canon énorme voilà 35 ans que l’on se demande d’où elle vient, ce qu’elle est. A-t-elle été tuée par un Alien ? Les a-t-elle créés ? Et puis d’où venaient-ils ? Jubile, ô fan impatient, tu auras toutes tes réponses et même plus !

On insiste beaucoup sur le fait que les fans seront ravis car les moins acquis à la cause Alien, eux, seront peut-être dérangés par quelques incohérences scénaristiques ou un manque d’enjeux par moments (raisons de certaines expériences, motivations de certains personnages).
En tant que fan par contre, on ne comprend pas trop pourquoi Ridley Scott répète inlassablement que ce n’est pas vraiment un préquel et que seules les 12 dernières minutes le rattache à son Alien de 1977 tant le film porte profondément en lui les thèmes séminaux de la saga.

Du concept art de Moebius pour Alien en 1977 à Prometheus. Un retour au source vraiment agréable

Car, de l’esthétique à la thématique, en passant par des moments de suspens intenses et de frissons horrifiques, tout ici fait de Prometheus un Alien 0 irréprochable, bien supérieur aux Alien 3 et 4 de la franchise. Une formidable réussite qui en met plein la vue, ressuscitant le mythe pour en révéler les secrets tant attendus. Bien moins horrifique que son film de 1977, ce qui lui vaudra à coup sûr des déceptions critiques, mais tout aussi fascinant, Prometheus, malgré ses quelques faiblesses scénaristiques va vite se faire une place à côté de l’anthologie Alien dans nos Dvdthèque ! Indispensable.

Prometheus, un film de Ridley Scott, avec Noomi Rapace, Michael Fassbender, Guy Pearce, Charlize Theron
Au cinéma le 30 Mai 2012

Pr Wicked

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5 réflexions au sujet de « Prometheus – Le retour de la vraie Science fiction »

  1. Perso, je trouve que si l’aspect visuel respect en effet Alien, le reste ne tient pas du tout la route. Je ne trouve pas que ce soit de la bonne SF (Moon ou Sunshine étaient de la Bonne SF et ne nécessitaient pas une telle débauche de moyens…). Après je n’ai pas passé un mauvais moment, mais de là à dire que c’était un bon film ou prie, un bon prequel…

    • Si la débauche de moyen vous gêne c’est sûr que là vous avez dû douiller ! Nous qui aimons nous en prendre plein yeux, car c’est aussi ça le cinéma, des images qui font rêver, on a complétement, adhéré.
      Oui le scénario à des failles, mais la mythologie Alien est si bien exploitée que même s’il fait moins peur (car alien est trop souvent résumé à juste de la peur) il n’en n’est pas moins un film de S.F sous tension, qui ne respecte pas QUE le visuel ALIEN, mais également son obsession sur le thème de la mère et des origines.Un excellent Alien 0 plus qu’un préquel

  2. Pour le coup je ne partage pas ton point de vue.

    1. Sur le scénario, rien à dire c’est à peu près comme celà que je m’imaginais les choses. Et oui c’est le prequel d’Alien du début à la fin, et non pas uniquement sur les dernières minutes du film comme on peut le lire sur certains sites.

    2. Pour les effets spéciaux, c’est magnifique même si j’émet des réserves sur l’utilité de la 3D. Le budget affecté à la 3D aurait pu être mieux utilisé… En même temps j’ai vu le film dans une petite salle où la qualité 3D n’est certainement pas au top.

    3. Pour les paysages, ils deviennent trop terrestres sur la fin, presque hospitaliers… Certes il n’y avait pas besoin de recréer l’ambiance de Alien 1 mais on a l’impression que les gars ont fait un rond dans l’espace de 2 ans avant de redébarquer sur la Terre. Il faut que je revois le film sur ce point.

    3. Dans l’ensemble les personnages sont creux. Pour des scientifiques ils sont plutôt crétins. Si en 2090 l’humanité n’a plus que ça comme cerveaux, je comprends pourquoi les « ingénieurs » veulent nous anéantir… (édité cause spoilers) Ils se désintéressent totalement de la découverte ce qui est absolument inconcevable pour un scientifique qui se respecte, même uniquement présent pour l’argent…
    David, le droïde, dont on a du mal à cerner le personnage (édité cause spoiler): plus improductif et improbable tu meurs…
    4 . masqué cause spoiler

    5. Le xénomorphe est un animal social dont le comportement et l’aspect fait penser aux insectes, fourmis et abeilles. Dans les 4 aliens, rien ne fait penser à un calmar… A moins que ce ne soit des déscendants de CHTULHU. (édité cause spoiler)… Dommage que l’ambiance lovecraftienne ne soit pas au rdv… 

    6. Le personnage de Charlier Theron, froid, athlétique, avide de pouvoir… (édité cause spoiler).. En tout cas si on m’avait proposé 2 ans sur la planète avec Charlize ou de me sacrifier, le choix aurait été vite fait…

    7. Je me suis ennuyé… On n’a pas peur… Les explications scientifiques ou métaphysiques, non soutenues par les personnages qui s’en désintéressent complètement, s’enlisent… Échec du film d’action, d’épouvante… Ridley ne parvient pas à donner une dimension épique à son film… Même le vaisseau Promothéus n’est pas spectaculaire… Le Nostromo aurait pu servir de nom en lieu et place de Alien1…

    En bref, Ridley Scott est passé a côté de son sujet. J’espère cependant une suite pour rattraper toutes les lacunes du film…

    • Point de vue très argumenté ça fait plaisir. Je pense que le gros de la déception des fans viendra de cette attente déçue à avoir peur. Mais retrouver l’univers alien est un vrai plaisir et quand on lit les arguments de ceux qui n’ont pas aimé le film, on se rend compte qu’ils s’en prennent aux incohérences…N’oublions pas que c’est de la S.F et qu’en matière de cohérence il y a des genre plus poussé !
      On ne s’est pas ennuyé une seule seconde nous en tout cas.

  3. Il y a quand même pas mal d’incoherence et de questions sans réponses. Pourquoi les ingénieurs sont-il morts ? qu’est-ce qui les a tué ? Pourquoi ont-ils des trous dans le corp ? que fuyaient-il ? Que représente la tête geante (divinité, avertissement…) ?
    Dans Alien, il n’y a pas les capsules cryogenes des ingénieurs dans la salle de commandes, le corp humain de Weyland aurait dû être retrouvé… D’ou vient le SOS capté par « Maman », de Shaw ???
    Et enfin, affront suprême, le pilote Ingénieur s’est fait défoncé la cage thoracique de l’intérieur SUR son siège et pas dans une capsule de survie humaine… Capsule d’ailleur que l’on ne retrouve pas dans Alien.
    Donc certe c’est un bon film de Science Fiction mais le raccord avec la saga ne me semble pas évident…
    Dernier point qui m’a déplu (avis perso), tout est propre et net, stérile… Pourquoi n’a-t-on plus la touche magnifique et reconnaissable du premier coup d ‘oeil de Mr H.R. GIGER, celebre artiste allemand qui a réalisé et imaginé la créature et les décors du 1er olet de la saga.
    Désolé mais pour moi le film est plus un « Reboot » qu’une Préquelle. Sans dénigrer le grand réalisateur qu’est Riddley Scott, je pense effectivement qu’il n’aura pas convaincu une bonne partie des fan de la saga Alien… Mais on lui pardonne. ;o))

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