Madagascar 3 – Du Red Bull pour les éléphants

Après le désastre absolu de Cars 2 qui, à vouloir courir autour du monde avec trop de personnages nous a énormément déçu, Madagascar 3, jouant sur le même tableau de l’escapade européenne et des nouvelles têtes, nous faisait peur. Moins porteur des messages positifs sur les racines et la liberté que les deux premiers films, cet opus n’a qu’un mot d’ordre : du délire, de la vitesse, de l’action, toujours plus et sans relâche. Ça passe mais ça casse aussi. Drôle tout autant qu’ éprouvant.


Synopsis :
Alex le lion, Marty le zèbre, Gloria l’hippopotame et Melman la girafe, après avoir retrouvé leur terre d’origine et goûté à la liberté, s’ennuient en attendant que les pingouins reviennent les chercher comme promis. N’y tenant, plus ils décident de prendre les choses en main et de se rendre par eux même à Monte-Carlo où se trouvent les pingouins. Leurs aventures les mènent en Europe où ils trouvent une couverture idéale : un cirque ambulant .

La lecture même du  pitch suffit à comprendre ses limites. Alors que le message des deux premiers films porte sur l’importance de retrouver ses racines et sur la liberté des animaux sauvages, on apprend dès le début que finalement, la liberté ça craint parce qu’on s’ennuie. Autre grosse incohérence, s’il est si facile de rejoindre à la nage Monte-Carlo depuis l’Afrique, pourquoi avoir attendu un an à s’ennuyer avant d’y aller ?
Des  alibis scénaristiques évidents et rapidement expédiés, qui font comprendre ce qu’on doit attendre de ce troisième volet: moins de cohérence, et plus de délire. Là-dessus c’est réussi. Madagascar 3 est de loin le plus survitaminé des trois films. Le plus fatiguant aussi.

L’agent Dubois n’est pas une femme…c’est un T1000. Increvable !

Alors que les deux précédents jouaient sur l’émotion et l’amitié, celui-ci n’a qu’un mot d’ordre : le fun. Avec  une exposition bouclée en 5 minutes chrono (celles vues dans la bande annonce),  le film commence  très fort,  et très vite avec  une scène d’ouverture hilarante digne d’un climax de fin de film. Une course poursuite endiablée avec sauts du haut d’immeubles, cris, suspens, blagues, ça part dans tout les sens, avec une myriade de références cinématographiques (Matrix, Mission Impossible) marque de fabrique Dreamworks s’il en est .
Le résultat est excellent.Par contre, une fois cette ouverture terminée, encore étourdis par ce moment, on se demande bien comment le rythme va être géré puisqu’ils envoient toute la sauce dès le début. La solution adoptée sera d’essayer de ne pas relacher le rythme une seconde.Le moteur de cette cadence ce sera  l’impitoyable Agent Dubois, qui rêve d’un trophée de tête de lion. Une traque infernale qui pousse les animaux à cavaler, sauter dans des trains, ou faire des numéros de cirques le tout à ne vitesse ahurissante.

Ca vous donne une bonne idée du rôle de la 3D

A dire vrai, sur une heure en 3D on ressort un peu fatigué. En revanche, on s’amuse beaucoup. Pour une fois tous les gags ne sont pas dans la bande annonce, loin s’en faut, et les scénaristes ( probablement sous speed ou cocaïne) nous bombardent de gags dans chaque coin de l’écran. Tout ce bruit et cette fureur se fait malheureusement au détriment des  personnages. Melman, la girafe hypocondriaque ou Gloria font quasiment de la figuration . Les Stars sont définitivement Alex et Marty.
Pour en mettre encore plus tout plein les mirettes, la 3D (tout à fait sublime) a été utilisée, comme très souvent dans sa forme la plus impressionnante visuellement mais inutile scénaristiquement : les effets de jaillissements ou de profondeurs.  Mais on aura beau critiquer les failles d’un scénario couru d’avance, la frénésie du rythme, ou les effets un peu faciles, ce n’est pas  réellement un problème car ce n’est pas le propos du film.
Madagascar 3 est fait avant tout pour les enfants (qui en ressortiront peut être épileptiques). C’est donc  un film coloré, délirants et survitaminés, à l’image des spectacles de cirques mis en scènes .De la romance de King Julian et l’ours en tutu à vélo, à la parodie de La môme, en passant par les pleurs de l’otarie dépressives italienne, doublée par Mr Martin Short (L’aventure intérieur) , Madagascar 3 est un gros, gros délire. Très fatiguant, pas profond pour un sous, mais tellement fendard.

Madagascar 3 : Bons Baisers D’Europe de Eric Darnell, Tom McGrath et
Conrad Vernon
Avec  les voix de Ben stiller, Chris Rock, Jada Pinkett , David Schwimmer, Martin Short
Au cinéma le 6 Juin 2012

Pr Wicked

Dans la même Galaxie :
Cars 2 – De la suite sans les idées

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