L’attaque du requin à deux têtes – Ou La mort cérébrale du spectateur à une tête…

Amis voyageurs de l’infini, bonjour à vous. Voilà quelques mois que nous sommes restés éloignés de la nébuleuse Nanardus Maximus. Et puis la vision d’une créature hors norme sur le périscope du canap’ a eu raison de notre curiosité. Et là: stupeur ! Nous nous sommes retrouvés devant un objet filmique si calamiteux qu’il en est devenu hypnotisant. Entre des effets spéciaux à plusieurs millions de centimes de roupies, jusqu’aux jeunes filles dénudées, en passant par un jeu d’acteur qui ferait peur à Francis Huster (c’est dire), « L’attaque du requin à deux têtes » se pose, à ce jour, en mètre étalon  du nanard absolu. Une prouesse !



Synopsis :
Le professeur Babish et ses élèves, en excursion en pleine mer, se retrouvent bloqués sur leur bateau après qu’un mammifère mort en ait endommagé l’hélice et la coque. Ils décident de patienter sur une petite île à proximité pendant que les techniciens réparent le bateau. Mais ces derniers se retrouvent attaqués par un gigantesque requin à deux têtes. A présent coincés sur l’île, celle-ci se met à être secouée par des tremblements de terre.

Après leurs deux films déjà cultes ayant pour star Megashark, le requin à taille variable (contre Giant Octopuss et contre Crocosaurus), Asylum s’est demandé ce qui serait encore plus fort qu’un requin géant.  « Mais c’est bien sûr ! » crièrent les scénaristes, « un requin à deux têtes ! ». Ah ouais, quand même…
Bon et bien allons y alors. Après tout, un aileron, deux têtes, 2000 dents, c’est de l’or en barre cette créature ! Un concept que l’on doit donc à Edward DeRuiter et H. Perry Horton, les fameuses deux têtes du projet, qui manifestement se sont saoulés sévère avant d’écrire (en tout cas c’est la seule explication plausible).

La véritable innovation de ce film par rapport aux autres, c’est l’importance du casting féminin. Triées sur le volet, ces jeunes aspirantes à la célébrité ont été recrutées selon leur capacité pulmonaire, dont l’énormité n’a d’égale que leur formidable capacité à interpréter la peur.

… La peur donc.

Merci mesdemoiselles c’était parfait, signez là… Et n’oubliez pas votre bikini pour demain, hein !
Mais alors, comment réussir à montrer des filles en petites tenues et des mecs torses nus pendant 90 minutes sans que ça se voit trop quand même qu’on veut aguicher ?
Facile ! On n’a qu’à dire que c’est pour un « semestre à la mer » ! C’est courant ça, les semestres à la mer, non ? Ça passe tout seul ! Allez zou, fous moi tout ça en maillot !  Organisé par un prof en tongs, qui apparemment se fout que ses étudiants se tripotent plutôt qu’ils n’étudient,  le cours de ce vrai loup de mer se limite à la découverte d’un sextant… Bon c’est  un programme vite emballé vous en conviendrez, mais du coup ça laisse plus de temps pour se tripoter ! Et ça, ça colle bien à l’esprit du film.

Donc le gars accroupi c’est le prof et les jeunes à moitié à poils sont des étudiants…Tout va bien.

A moins qu’on ne soit mauvaise langue… Si ça se trouve, le film se déroulant en milieu maritime, la capacité à faire de l’apnée est primordiale.  D’où les gros poumons, donc gros lolos. CQFD !
Bien sûr, les esprits critiques diront « ouiii, mais si c’est pas pour montrer des nichons, que vient faire cette scène où les scénaristes se sont crus dans un porno lesbien à la plage ? »…. Euh et bien… C’est une licence poétique: la fougue de la jeunesse étant la métaphore évidente de la fureur bestiale du requin tueur à deux têtes !

Toute la détresse d’une génération dans un plan d’une beauté folle… Si, si !

Vous voyez bien que ça n’a rien de gratuit tout de même! D’autant plus que les filles vont se faire bouffer ! Punition classique qui ajoute au drame shakespearien qui se joue sous nos yeux.
Cette scène  révèle une autre facette du génie des scénaristes. Ils rendent un vibrant hommage aux production Asylum en nous refaisant  le cou du « requin Barbapapa à taille variable ». Mais si, souvenez-vous, dans Megashark contre Giant octopuss, la bestiole faisait un coup 15 mètres de long, et un autre 300 mètres, selon ce qu’elle avait à bouffer. Et bien là, pareil. On ne change pas une aberration qui marche. Donc tandis que nos deux coquinettes allument un ado en rut avec de l’eau seulement à mi taille, le golgothe à deux têtes débarque et les bouffe toute crues. Mais attendez… Juste avant, on l’a vu et il avait l’air énorme non ? Il tient pas dans si peu de flotte, si ?! Non mais regardez sa taille quand même !

On ignorait qu’il y avait autant de sang dans une seule personne. C’est donc aussi un documentaire !

Ah pardon ! Barba-sharka hulahup ! Il se transforme à volonté et zou, format mini !
Le requin, parlons-en. Alors on ne sait pas combien ils ont mis dans la conception du bestiau mais je pense qu’en économisant un mois d’argent de poche, un enfant de 10 ans peut se fabriquer le même. Non parce qu’on rigole, on rigole, mais là tout de même il y a des limites au-delà desquelles le second degré ne parvient plus à masquer la médiocrité abyssale (dans la mer ça tombe bien) de ce film. Jugez plutôt

Après la valise, le requin en carton. Pour info la nana essaie d’allumer son zippo pour faire péter un baril d’essence… Là dans la tête de gauche… Le baril… Voila…

De bout en bout la créature est un désastre. Les gros plans révèlent sa confection de papier mâché avec yeux en plastiques et  dents découpées dans du papier Canson, tandis que les images de synthèses  ont été générées par un Amstrad de 1986. Mais le plus fort du plus fort, ce sont les scènes où ils ont oublié de lui coller ses deux têtes au machin. Si, si sérieusement ! On le voit à quelques reprises avec une seule tête…Non mais, oh les gars ! C’est dans le titre quand même qu’il a deux têtes !  Un truc comme ça c’est à hurler !

Oui comme ça, hurler dans sa main ça marche aussi

Bon, c’est sans doute la faute au budget attribué au cachet de LA star du film. Oui, ami lecteur je t’ai ménagé une surprise ! Dans leur grande ingéniosité, les scénaristes ont cherché une actrice qui ait à la fois les atouts mammaires indispensables au film, mais aussi un CV où il y ai marqué « diplôme de requin – mention assez bien » .
Et fatalement, ils ont choisis Carmen Electra !! Mais oui ! L’ex bombe d’Alerte à Malibu, qui a pris 20 kilos, dont 10 de botox, est donc de la partie, et incarne la femme du Pr Babish (joué par Charlie O’ Connell, frère de Jerry, et très, très mauvais acteur). Ce serait hilarant si ce n’était pas si pathétique. Pour rentabiliser Carmen, qui n’est là que pour que son nom au générique rameute du bonhomme, on ne lui a pas écrit de rôle, mais on la filme façon spot de pub pour le téléphone rose, ça fait l’affaire.

La caméra tourne autour d’elle entre deux plans de requin qui bouffe des jeunes. Pourquoi ? euh…ben…

On vous passe  les tremblements de terre où les acteurs titubent pour simuler le déséquilibre devant une caméra qui elle ne bouge pas, les plans inutiles sur des actions sans intérêts, et tant d’autres aberrations, car on n’en finirait pas !

Car rien, vraiment rien, n’est à sauver dans L’attaque du requin à deux têtes. Autant les autres productions Asylum nous laissaient hilares, autant là le jeu des acteurs est tellement mauvais (mais tellement mauvais !) qu’on n’arrive pas vraiment à s’amuser. En fait ça donne envie de demander au ciel « Pourquoi seigneur pourquoiii ? ! »

« ‘WHY, GOD ! WHYYY ! » . Si, si, ils ont osé…

Toujours aussi cheap sur ses effets spéciaux, sa  mise en scène et son scénario pondues par des mecs bourrés, ce nouvel opus aquatique d’Asylum brille par ses jeux d’acteurs  affligeants, et ses lolos tout partout. On ne vous garantit pas que vous vous marrerez, mais ne serait-ce que pour relativiser sur un mauvais film, L’attaque du requin à deux têtes  peut être utile. Car comme le disait un gars cité dans Abyss : quand on regarde les abysses, les abysses vous regardent. CQFD !

2 headed shark Attack, une bouse de Christopher Ray avec Carmen Electra, Charlie O’Connell, Brooke Hogan
Disponible en DVD et Blu ray

Pr Wicked

Dans la même Galaxie
Megashark Vs Giant Octopuss
Megashark contre Crocosaurus
Mongolian Death Worm

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10 réflexions au sujet de « L’attaque du requin à deux têtes – Ou La mort cérébrale du spectateur à une tête… »

  1. J’ai vu ce film , et comble du comble , le beau gosse du film , sur un bateau , et suivit par un requin au milieu de l’eau . Pour sauver sa peau , idée génial , IL SAUTE DANS L’EAU !! et bim bam boum , manger tout cru … Bizarrement , je conseil ce film parce que seul , dans mon salon , j’ai rigoler comme peu de fois …

    • Merci de ce commentaire Nicolas. On aime rencontrer d’autre sadiques de la pellicule qui aiment rire des mauvais films !! Si ce film t’as fait marrer, les Megasharks (« vs giant octopuss », et « vs crocosaurus, ») devraient te filer des crampes aux ventres ! ils sont dans nos ovnis aussi.
      Enjoy your nanard !

  2. Mais comment avez vous pu oublier la scène ou, comme si un tremblement de terre ne suffisait pas, un tsunami est sur le point de détruire l’île (décidément, sacré journée de m***** pour ces jeunes ^^)
    La, sur le point de mourir emporté, carmen et son cérébrale de mari décide de s’embrasser en attendant la fin… MAIS CELA AURAIT ETE TROP FACILE ! car notre cher ami à 2 têtes est justement en train de surfer le tsunami (oui oui) et bouffe nos 2 héros au moment de l’impact…. MAGIQUE !

  3. je ne sais pas si vous le connaissez déja mais « Ninja Terminator » est l’un des meilleurs Nanard de tous les temps. C’est un chef-d’oeuvre absolu, vous pourrez vous arreter sur chaque détail pendant des années. Je le regarde quand je veux me muscler les abdo, ça veut tout dire : )

  4. J’ai mis le lien de votre chronique sur un forum, chronique qui a mon avis devrait être livrée avec le DVD 😉
    à ce propos, hier j’ai regardé Primevil, et sur une échelle de 10 de 2 headed shark attack il atteint …….les 10 😉

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