Blanche Neige et le chasseur – De la Fantasy sans fantaisie

Cette année nous a prouvé (s’il en était encore besoin) que l’imagination est en berne à Hollywood. Voilà donc la seconde adaptation de Blanche Neige, moins de trois mois après la première, cette fois-ci déclinée sur le mode Heroïc Fantasy. Radicalement opposé au traitement fantaisiste (et  complètement loupé) de Mirror, Mirror (avec Julia Roberts et Lily Collins) sorti en avril, Blanche neige et le chasseur est bien meilleur que ce dernier. Au revoir les couleurs flashy et l’humour pas drôle, bonjour la magie noire, les trolls, les fées et la forêt maudite.
Un film ultra référencé qui, même s’il est plutôt bon, ne masque pas assez ses clins d’œil pour être franchement une réussite.

Synopsis : Dans des temps immémoriaux où la magie était monnaie courante, naquit un jour l’unique enfant d’un bon roi et de son épouse chérie : une fille aux lèvres rouge sang, à la chevelure noire comme l’ébène et à la peau blanche comme neige. Sa beauté vient entacher la suprématie de l’orgueilleuse Reine Ravenna et déclenche son courroux. En quête de jeunesse éternelle, elle décide de tuer sa seule et unique rivale. Mais Blanche Neige s’enfuit dans la forêt maudite, là où la reine ne peut aller. Celle-ci envoie donc un chasseur aux trousses de Blanche Neige, mais tout ne se déroule pas comme prévu…

C’est une approche qui colle à la tendance actuelle, réinterpréter de manière moderne les personnages classiques, qu’adopte Rupert Sanders. Blanche Neige, une pauvre demoiselle sans défense ? Du tout ! C’est une jeune femme forte, combative, un leader, que si elle se fâche elle t’en colle une ! C’est les féministes qui vont être contentes.
En cela, le personnage de Blanche Neige rappelle toutes les femmes fortes de Cameron (Sarah Connor, Ripley, Rose) mais surtout la tendance actuelle à faire des héroïnes des cogneuses, dont une certaine Alice au pays des merveilles. Oh mais attendez, c’est marqué là ! Au bas de l’affiche: c’est le même producteur que pour Alice !
Enfin bon, même si cela n’est plus très nouveau, le traitement peut être intéressant.

Robert Patrick s’est déguisé en détraqueur ? Ah non c’est le miroir, pardon…

En avant donc pour l’Heroïc Fantasy et la magie. Devant l’affiche et la bande annonce, le spectateur pense immanquablement au Seigneur des anneaux, à Harry Potter, et, femme forte oblige, à Jeanne d’Arc. Petit soucis: apparemment Sanders n’a aucune vision propre de la chose, et truffe son film de références aux dits films. Commence alors le jeu pas très rigolo de « oh tiens c’est comme dans… ».
Un arbre qui bouge par ci, un archer à la Legolas par-là, un troll, des corbeaux maléfiques, des nains qu’on croirait sortis de la Moria, sans compter les plans d’ensemble  en hélicoptère à la Peter Jackson qui survolent les batailles…
Si à ça on rajoute un miroir magique qui joue au T1000 de Terminator 2, ou une scène de cheval dans la boue piquée à l’Histoire sans fin, ça vous donne une bonne idée du nombre de fois où on est sorti de l’histoire par ce mégamix de références certes cultes, mais qu’on aimerait moins évidentes.

Méthode coué, 1ére leçon : ceci est un hasard, ceci est un hasard, ceci est un hasard…

Aussi peu inspiré pour ses personnages que pour sa mise en image, Rupert Sanders ne fait pas non plus dans la subtilité pour traiter ses protagonistes. Comme il faut un costaud au cœur tendre qui sait manier un objet à manche, il fait appelle à Chris Hemsworth avec pour seul consigne de garder la même coupe, la même barbe et le même air de chien battu que dans Thor. Idem pour Kristen Stewart qui incarne une pucelle qui va à la bataille. Allez zou, l’armure de Jeanne d’arc, un bouclier avec l’arbre du Gondor dessus (si, si) et hop: voilà une guerrière! On ose à peine vous dire que Sanders reprend même une créature de Princesse Mononoké de Miyazaki… Là, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le naze !
Les seuls personnages qui sortent vraiment leur épingle du jeu sont les 7 nains, incarnés par de grands acteurs grimés en nabots (on reconnaîtra surtout Bob Hoskins et Nick Frost ). Buveurs, chanteurs, combatifs, voila bien la réussite principale du film. Charlize Theron est quant à elle toujours aussi belle et efficace, mais Sanders la laissant jouer sans direction d’acteur, elle se met à hurler à deux ou trois reprises en en faisant un poil trop.

Oui juste un poil trop

Et pourtant… Pourtant on serait de mauvaise foi en disant qu’on s’est ennuyé. Sanders vient de la pub et a été choisi pour réaliser ce film par Universal grâce à son trailer live très efficace pour Halo 3 (visible ici). Il s’y connaît donc en rythme. Et c’est ce rythme qui sauve le film. Le suspens est là quand Blanche Neige tente de s’échapper, la magie opère quand elle découvre des endroits enchantés, et les combats sont tout ce qu’il y a de prenant. Quant aux images et aux effets visuels, même s’ils ne réinventent rien, ils donnent naissance à un monde extrêmement agréable à découvrir dans sa noirceur comme dans sa luminosité.

Un très joli monde , dommage que ce soit une scène de princesse Mononoké.

Blanche Neige et le chasseur est donc un film sans aucune personnalité ou audace, qui emprunte à peu près tout ce qui est empruntable aux références filmiques du genre. Pour autant il n’en n’est pas moins distrayant et prenant. Un bon moyen de voir de l’Heroïc Fantasy de bonne facture si on a la flemme de se refaire les 12 heures version longue du Seigneur des Anneaux. Rupert Sanders, lui, serait inspiré (ça changera) de retourner à la pub. Mais vu les rumeurs sur une suite, on a des doutes. Nous on a qu’une hâte : retrouver papa Jackson et son Hobbit en décembre !

Blanche Neige et le chasseur, un film de Rupert Sanders, avec Charlize Theron, Kristen Stewart, Chris Hemsworth
Disponible en Blu ray/DVD

Pr Wicked

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8 réflexions au sujet de « Blanche Neige et le chasseur – De la Fantasy sans fantaisie »

    • Ah mais qui aime bien chatie bien 🙂 on adore la fantasy sur le canap’. On précise quand même qu’on a passé un bon moment et que le rythme est bon. Ce film s’adresse aux fans de Fantasy et pompe tout les codes des chefs d’œuvres du genre. Forcement la comparaison est inévitable et c’est ça qu’on regrette. l’entreprise est louable, on aurait juste adoré voir Burton ou Del Toro aux manettes
      Pr Wicked

      • Oui j’aurai bien aimé voir Tim Burton aux commandes. D’ailleurs au tout début je pensais que c’était un de ses nouveaux films. Ceci-dit je trouve que Joe Roth, le producteur du dernier Alice au Pays des Merveilles ne s’en sort pas trop mal. Pareil pour le réalisateur qui vient de l’univers de la pub apparemment. C’est vrai que ça pompe sur beaucoup de films du même genre. C’est vrai qu’en tant que vraie critique-analyse, c’est bien de le préciser ; ce que je n’ai pas fait dans la mienne. ^^ Peut-être le réalisateur n’avait-il pas trop d’inspirations pour ses débuts au cinéma. En tout cas j’aimerai bien que ça reste lui pour la suite, histoire de voir sa progression. =)

        Sinon, très chouette ce blog ! =)

      • Merci pour votre compliment ça fait bien plaisir 🙂 Il est vrai qu’on peut toujours éspérer une évolution. cela dit des réalisateurs de talents n’attendent pas leur 2 ou 3éme film pour montrer qu’ils ont une identité (Burton, Del toro, fFncher, Cameron, Spielberg,…)Pourtant Fincher venait du clip. Ce qui nous a surtout chiffoné c’est que ce soit plus un film de studio qu’une vision personnelle.
        merci de votre soutien et à demain pour notre critique de The raid :))
        Pr Wicked

  1. Vous évoquez des similitudes (réelles) avec Princesse Mononoke… mais Princess Mononoke ne serait pas également une adaptation de Blanche Neige ? Le dessin animé de Myazaki et le conte populaire ont de trés nombreuses similitudes … dans les personnages, les thèmes, la morale …

    • Je ne trouve pas spécialement de ressemblance entre le conte de blanche neige et le conte médiévale et naturaliste de Miyazaki. Et Quand bien même ressemblance il y aurait, c’est plus l’overdose de références qui gêne dans le film, plutôt que cette référence . comme on l’à écrit, c’est juste que c’est la goutte d’eau.

  2. J’ai bien capté les références aux autres films du même genre ( franchement les forteresses c’est de la merde niveau sécu)
    Je trouve toujours débile les transpositions de nom en vf ( sérieux ravenna pour la reine c’est naze)
    Après il y a aussi un peu de Légend , un peut de Gladiator, il manque juste les mecs en kilt de Braveheart
    J’ai même pensé à kaamelott ( mais ça c’est mon esprit tordu)
    Les créateur de parodie vont s’en donner à cœur joie pour leur prochaine pitrerie pipi/caca/ pouet pouet cinématographique

  3. Je n’ai aimé ce film que pour Theron et sa blanche noirceur. Après j’y ai trouvé d’énormes absurdités, mode le frère qui balance au chasseur « ahah, t’es qu’un con, tu ne reverras jamais ta femme » juste pour bien l’énerver ou Ravenna qui se roule sur le cadavre de Banche Neige en attendant que les gentils débarquent pour la sortir de ses griffes au lieu de lui bouffer le coeur -___- Vive les méchants, de nos jours.

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