The Raid – Yamakasi soldiers

The Raid, même si vous n’êtes pas le nez collé à l’actu ciné, vous en avez certainement déjà entendu parler. Précédé de tous les superlatifs après son passage dans plusieurs festivals, on nous parle de bombe, de grosse claque, de concentré d’action. Alors passé tout ce teasing alléchant, reste à savoir s’il s’agit juste de promo ou si The Raid est bien le phénomène qu’on nous décrit. Ce film est effectivement une patate visuelle, mis en scène avec talent et à l’outrance assumée, mais dont les qualités portent en leur sein les défauts, avec un scénario proportionnellement inverse à la quantité de castagne et une possible overdose de coups de tatanes.

Synopsis : Au cœur des quartiers pauvres de Jakarta, se trouve une citadelle imprenable dans laquelle se cache le plus dangereux trafiquant du pays. Une équipe de policiers d’élite est envoyée donner l’assaut lors d’un raid secret. Mais le baron de la drogue est déjà au courant et a eu amplement le temps de se préparer. Lorsque le groupe d’intervention pénètre dans l’immeuble, le piège se referme, et les policiers vont devoir se battre étage après étage pour avoir une chance de survivre.

On pourrait croire que The raid est un film indonésien (tourné en langue indonésienne, avec un casting 100% local) et pourtant son réalisateur Gareth Evans est bien Américain. Evans parvient pourtant à adopter un mode de mise en scène très asiatique, porté sur l’action pure, filmé de prés et sans complexe. Il est en cela à l’opposé d’un cinéma U.S qui joue avec les angles de vues ou le découpage pour rendre les choses plus aseptisées, et ne pas se choper le tant redouté Rated R (interdit au moins de 17 ans). Rares sont en effet les films américains à assumer leur violences à l’exception de ceux de Scorsese et de Tarantino, tous deux qualifiés d’ultra violents et fans de films asiatiques.

Gareth entend donc nous mettre sous pression dès le début et ne pas la relâcher d’un pouce pendant 90 minutes. Pour ce faire il filme ses personnages façon commando, caméra à l’épaule, posté derrière eux, embusqué, et nous fait nous sentir comme un membre de ce raid. Dans le filmage on pense souvent au Soldat Ryan de Spielberg, tant l’immersion est convaincante (l’image dé-saturée est d’ailleurs proche de la photographie de Janusz Kaminski dans le film de Spielberg). D’ailleurs The Raid ressemble plus à l’assaut d’un bunker allemand qu’a un film d’action classique. Parapets, talkie walkie, mitraillettes, citadelle imprenable, tous les éléments classiques du film de guerre sont présents.
Les fans de westerns que nous sommes n’ont pu s’empêcher de remarquer aussi des clin d’œil au western italien avec les gros plans sur les visages, sur les mains moites, ou les plans où la camera presque posée au sol laisse apparaitre l’arme au premier plan avec l’adversaire dans le lointain. Impossible au niveau de l’assaut du batiment de ne pas penser aussi à Assaut de Carpenter (déjà un remake de Rio Bravo de Howard Hawks, encore un western) ou à Léon de Besson.

Tout ça parce qu’ils veulent lui voler ses baskets !

La pression, Gareth Evans la maintient aussi en enchainant les combats si rapidement que ça en colle le tournis. Une énergie folle, assumée, et débridée (oui nous sommes très drôles !), ainsi que des chorégraphies d’arts martiaux absolument étourdissantes qui rappellent le dernier film à nous avoir autant emballé avec des combats : Ong Bak. Ca va donc très vite, ça saute, ça glisse sous une table pour s’accrocher à une fenêtre et marcher sur le mur pour attraper la tête entre les jambes…Bref du Jackie Chan version sur-dopée.
Evans toujours dans son optique de montrer les choses ne s’encombre pas de sur-découpage des scènes pour donner l’ impression que ça va vite. La caméra est souvent statique et filme l’action dans son ensemble, ce qui permet d’observer en plan large les prouesses martiales de ces acteurs extrêmement doués, et de se rendre compte de la vitesse à laquelle ils enchainent les mouvements.

Ouvrez la bouche et faites « AAAAAYEUUU ! »

Et ces combats ne font pas dans la dentelle. Le film est violent, sans concessions et l’assume entièrement. La preuve avec cette scène d’ouverture, où le Caîd en chef colle une balle dans la tête à trois mecs terrorisés les uns après les autres, pour finir le dernier au marteau. Là où un réalisateur américain lambda nous aurait filmé ça de loin avec les personnages dos à la caméra, Evans filme de front sans détourner sa caméra d’un iota comme le faisait Tarantino dans la scène d’ouverture de Kill Bill 1.
Le spectateur est prévenu on ne prendra pas de gants avec lui et tout peut arriver. Comme on dit chez AC/DC, « If you want blood, you got it ! ».

Visuellement impeccable, superbement mis en scène et tout à fait ébouriffant, The Raid pêche pourtant par son vide scénaristique. On nous colle vite fait une histoire de famille là-dedans histoire d’avoir un alibi, un semblant de fond social avec un discours niveau CE2 sur la corruption (genre « c’est pas bien ») mais concrètement c’est de la baston pour la baston. De la très belle certes mais tout de même.
Ne vous méprenez pas on s’y attendait un peu à ce qu’il n’y ai pas vraiment une histoire ne soyons pas dupe, c’est avant tout un film de bourrin. Mais sans doute question de goûts personnels, on aurait aimé un peu plus de substance, ne serait-ce que pour s’attacher d’avantage aux personnages.
Le résultat est qu’on est comme dans un jeu vidéo. On nous largue sorti de nulle part au pied d’une citadelle, et il faut monter les niveaux un par un pour arriver au boss de fin, en enchainant les prises surpuissantes.

Devant la pauvreté du scénario, les acteurs ont décidés de se petit-suicider !

Conclusion, on regarde avec ébahissement les pirouettes sublimes de Iko Uwais, le héros du film, mais au bout de la 70éme prise de jambe retournée avec rétablissement sur les cervicales accompagnés de AHYAAAA !!! et bien on se lasse un peu.
La promo ne mentait donc pas. The Raid est bien le choc annoncé. Un coup de tatane monumental dans la violence hypocritement suggérée par un cinéma américain qui manque souvent de coucougnettes. Non seulement c’est gonflé, mais c’est beau et ça défoule bien, par contre la prochaine fois si pouvais s’offrir un scénariste on arriverait encore un cran au-dessus.

The Raid un film de Gareth Evans avec Iko Uwais, Yayan Ruhian, Joe Taslim
Au cinéma le 20 Juin 2012

Pr Wicked

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