The Dictator- un Wadiyen dans la ville

L’irrévérencieux et provocateur Sacha baron Cohen  est de retour. Jouant à fond dans ses films sur les clichés et le politiquement incorrecte il a à ce jour malmené le milieu du rap ( Ali G in da place), les pays slaves ( Borat ) et les gays  (Brüno ). Des films sous forme  de pochades second degré qui éreintent joyeusement le puritanisme et l’hypocrisie des sociétés occidentales. « The Dictator » s’ajoute donc de manière très cohérente à la filmographie de Sacha Baron Cohen mais présente une nouveauté de taille : ce n’est pas un vrai faux reportage comme ses autres films mais une fiction .

Synopsis : Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen.  Dictateur mégalomane et stupide vouant une haine farouche à l’Occident, il ne voit le monde que par le petit bout de la lorgnette de ses envies personnelles. Raciste, misogyne, violent, il est épaulé par son fidèle oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité, qui fomente de le supprimer pour diriger le pays à sa place à travers un pantin qu’il compte mettre en place. Pour ce faire il organise un voyage à New York où Aladeen doit répondre aux invectives de l’ONU. C’est ainsi qu’Aladeen se retrouve pour la première fois de sa vie livré à lui-même,  seul perdu à Manhattan.

Tel un  Kuzco, empereur mégalo de son état, croisé avec un Ben Laden et un Saddam, Aladeen a des lubies qui valent aux personnes qui émettent des réserves dessus de réduire considérablement leur espérance de vie.
L’intrigue part donc de l’exigence du dictateur d’avoir une ogive pointue à son missile nucléaire parce que arrondi ça fait trop gonzesse. Le ton est donné, le dictateur est un enfant capricieux et cruel.

Explication sur l’égalité des sexes… du lard ou du cochon ?

Se retrouvant perdu et anonyme dans New York, c’est de ce comportement si normal pour lui dans son palais mais inadapté au monde réel  que le film tire sa force comique.
Dans notre monde qui a peur d’appeler une personne de petite taille un nain, ou un afro américain un noir, une personne qui sort des insanités sur les juifs, les femmes ou les noirs, tout le monde prend ça pour du second degré.

C’est là que le film de Larry Charles est très malin. A nous présenter des personnes qui assument leur intolérance, il prend à contre-pied  nos esprits pseudo ouverts en nous démontrant qu’au fond nous sommes tous complices d’une mascarade politiquement correcte mondiale. Tout le monde dit n’avoir aucun problème avec l’homosexualité ou les étrangers mais allez annoncer à vos parents que leur gendre sera algérien ou que vous êtes gays, et vous verrez très vite la jolie tolérance tomber en morceau.

Aladeen, en mission diplomatique…c’est pas gagné

Jouant sur l’image toute faite du terroriste barbu, Aladeen n’est plus un Ben Laden en puissance si on lui arrache sa barbe. Pas de barbe, pas de méchant arabe !
Le scénario de baron Cohen appuie donc là où ça fait mal: en pointant du doigt les idées toutes faites. Une critique qui culmine dans le discours de Aladeen qui encourage les États unis à devenir une dictature, ce qui leur permettra de mentir sur les raisons d’aller en guerre et de truquer leurs élections…Oh wait… Les dictateurs, seuls politiciens sans langue de bois du monde ? Ça c’est gonflé, et terriblement drôle !

Car au-delà de la satire sociale et politique, The Dictator est avant tout une comédie désopilante basée sur l’absurdité et  l’idiotie de son personnage. De gags surréaliste (le coup du banc de bananes dans les poches) en maltraitance de sale gamin qui l’a bien cherché, la forme de fiction choisit par le réalisateur marque le passage pour Sacha Baron Cohen à un humour pleinement assumé qui n’a pas besoin d’être édulcoré par un faux aspect de reportage. On rit beaucoup donc même si ce n’est pas toujours très fin (ah l’immanquable verre de pipi…).
Mais tout de même une romance qui se noue main dans la main dans le vagin d’une femme enceinte vous avouerez que c’est assez unique.
Si on ajoute à ça un Ben Kingsley parfait dans le registre de la comédie et un caméo très drôle d’une star hollywoodienne, on obtient au final un film absurde, provocateur et drôle. Ce que Kim Jong il confirme, pour lui : « ce film, c’est de la bombe » !


The Dictator un film de  Larry Charles Avec Sacha Baron Cohen, Anna Faris,
Ben Kingsley
Au cinéma le 20 Juin

Pr wicked

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