Hell on wheels – saison 1 – Mythes de l’ouest

Hell On Wheels est née de la volonté d’AMC d’ajouter une corde supplémentaire à l’arc des genres qu’elle abordait déjà dans ses séries : celui du zombie avec The Walking Dead, de la chronique sociale avec Mad men et du Thriller avec Breaking Bad. Voilà donc celle du Western pour notre plus grand bonheur. Avec la même ambition visuelle et le même souci de construire des personnages profonds, AMC réussit encore son coup .Hell on Wheels est un concentré des mythes et figures emblématiques de l’ouest dans une ambiance très stylisée qui ravira les fans de westerns.

Synopsis : Cullen Bohannon, un ancien propriétaire d’esclaves et soldat, est déterminé à venger le meurtre de sa femme et de son fils en traquant et tuant les soldats de l’Union responsables. Sa chasse le mène dans le Nebraska à l’époque de la construction de la ligne ferroviaire transcontinentale. Une série d’événements vont le faire travailler sur cet énorme chantier pour mener à bien sa vengeance.

Ah, le retour du soldat de la guerre qui retrouve son foyer en flammes. Ce bon vieux traumatisme de la perte d’un être cher, ça nous en rappelle un paquet de westerns. Car s’il y a bien un genre qui a la vengeance dans la peau c’est bien celui ci.
De Et pour quelques dollars de plus à Impitoyable en passant par Winchester 73 jusqu’ à Josey Wales hors la loi sans oublier Il était une fois dans l’ouest ou encore Django (l’original comme le remake de Tarantino), tous ont en commun un héros anéanti par la perte d’un proche et bien décidé à faire justice lui même. Une figure romantique moderne qu’est celle du desperado, seul par nature, désespéré par définition, chevauchant dans le soleil couchant faute d’avoir un foyer d’attache qu’on lui à détruit. Poor Lonesome Cowboy…

L’efficacité de Hell on Wheels réside justement en ce que ces auteurs ont compris que le mythe de l’ouest et son antihéros étaient tant entrés dans l’inconscient collectif que pour réussir leur série, il fallait qu’elle soit le réceptacle de tout ces fantasmes sur l’ouest nés de décennies de films cultes. Hell on wheels est en quelque sorte un concentré de l’’essence pure du western après une longue distillation. Un héros solitaire, ayant perdu femme et enfant, agile de la gâchette, et tueur implacable, mais qui cache au fond de lui un homme brisé pris au piège de sa tristesse. Il ne répond qu’à une loi la sienne qu’il entend rendre balle par balle. Cullen Bohannon (Anson Mount ) répond à tous ces critères. Quant à sa dégaine, c’est un savant mélange de Django pour le regard bleu acier perçant, de Josey Wales pour les cheveux mi longs et la barbe, de l’homme sans nom (trilogie des dollars de Sergio Léone) pour son côté peu loquace, ou de Blondin dans Le bon, la brute et le truand par ses bottes et son manteau. Bref, Bohannon c’est la figure du cow boy ultime, et il a une sacrée classe.
Qui dit western dit forcement riche propriétaire. Ici il est incarné par Colm Meaney, dans le rôle de Thomas Durant, riche investisseur qui compte bien faire de la construction de sa voie transcontinental reliant New York au pacifique l’investissement le plus rentable de sa vie . Là on reconnait l’influence directe du mythique Il était une fois dans l’ouest. La construction de la voie ferrée à travers les terres sauvages d’un pays encore vierge de la main de l’homme, avec un paquet d’argent à se faire à la clé est le thème principale de ce chef d’œuvre du western. Durant nous renvoie au personnage de Morton l’homme d’affaire qui finance l’avancée du train dans le film de Léone.Même wagon capitonné et luxueux, même soif d’arriver quoi qu’il en coûte à ce satané océan, même homme de mains douteux à sa solde pour balayer les embuches. Sauf que là où Léone faisait de Morton un homme mourant et bon, Durant est un vautour qui à autant de morale que les hors la loi qu’il embauche. On est là encore en pleine réutilisation des images fortes de la mythologie du western.

De Morton à Durant, les figures de l’avancement du cheval de fer

La série s’articule principalement autour de ces deux personnages de Bohannon (et sa vengeance) et de Durant (et son chantier). Quelques arcs narratifs annexes sont mis en places mais d’une ampleur bien moins importante. C’est là que le bât blesse un peu. Hell on Wheels n’est pas exempte de défaut, et le principal est ce manque d’ambition narrative. On est bien loin de la complexité des scénarios d’un Game of thrones ou Boardwalk empire, avec des cliffhangers de malade, et une tension quasi palpable. La série brille (et c’est beau) plus par son travail sur l’image et sa capacité à recycler la mythologie de l’ouest que son travail scénaristique. On appréciera d’ailleurs tout particulièrement la fameuse ville itinérante de Hell on Wheels, peuplée de prostitués, marchands en tout genre et autre prêtre douteux. Un fief boueux et sale bien loin du cliché des rues ensablés des westerns des années 50. Par contre on retrouve beaucoup plus l’empreinte encore une fois de Django dans ce climat boueux

A gauche Django à droite Hell on wheels

La galerie de personnages secondaires de Hell on wheels vient compenser la maigreur narrative constatée en y apportant un enrichissement de la peinture de la vie de l’époque et quelques enjeux supplémentaires.

En tête de file il y a Elam Ferguson, (joué par le rappeur Common) chef des travailleurs noirs qui entend bien s’élever dans la société qui permet de montrer que malgré la victoire du nord sur le sud esclavagiste, l’égalité raciale en 1860 n’était pas gagnée. Exploités, sous-payés, victime de ségrégation, la série remet les pendules à l’heure sur la couleur des mains qui ont construit ces voies ferrées.

On appréciera aussi le caractère bien trempé de Lily Bell, veuve du cartographe massacré par les indiens, une demoiselle pas tant en détresse que ça et qui réserve quelques belle surprises

Il y a aussi ce personnage de Black Moon, ancien indien converti au catholicisme et rebaptisé Joseph, qui montre comment certains indiens étaient passés à l’ennemi et les conséquences sur la relation avec les deux camps. La série est évidemment ouvertement pro indienne et s’attache à nous montrer l’incompréhension des conquérants face à ces sauvages qui refusent la civilisation.

C’est d’ailleurs la confrontation des deux camps qui donne à la série sa plus belle scène . Une fulgurance de mise en scène où sur 3 minutes 30 de musique mélancolique est filmée au ralenti une bataille sanglante que beaucoup filmeraient avec frénésie. Il en ressort une puissance et une poésie énorme qui fait vraiment plaisir à voir.

Hell on Wheels est donc une série qui  arrive à digérer et réinterpréter toutes les grandes figures qui constitue le mythe de l’ouest au cinéma. Des images magnifiques, un héros torturé à souhait, du whisky qui coule à flot. Malgré de légères lenteurs en milieu de saison, le rythme se ressaisi vers la fin et nous laisse  face à l’inconnu, avec Bohannon partant dans le soleil couchant, vers où, lui-même l’ignore. Tel est le destin d’un desperado. Réponse dans la saison 2 !

Hell on Wheels, une série de Joe Gayton et Tony Gayton avec Anson Mount, Colm Meaney, Common
Saison 1 disponible en DVD et Blu ray 

Pr Wicked

Dans la même galaxie
Le trône de fer
Boardwalk Empire
The walking dead
Breaking bad

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4 réflexions au sujet de « Hell on wheels – saison 1 – Mythes de l’ouest »

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