Matrix – There is no spoon

Les Wachoswkis sont de grands faiseurs d’images, c’est un fait. Après un premier film bien trop méconnu, le thriller vénéneux en huis clos Bound, où ils faisaient déjà montre de leur talent pour la mise en scène, c’est avec Matrix que les frangins passent aux choses sérieuses. L’invention de nouveaux effets spéciaux, une thématique entre mythologie et religion, un style visuel ultra marqué. Bref de quoi donner naissance à un film qui en arrivant juste avant l’an 2000 posa les bases de ce que seront les films de science-fiction et fantastique de la décennie à venir.

Synopsis : Programmeur anonyme Thomas Anderson à pour Alias Neo la nuit venue. Sous ce pseudonyme, il est l’un des pirates les plus recherchés du cyber-espace. Assailli par d’étranges songes et des messages cryptés provenant d’un certain Morpheus, Néo est invité à aller au-delà des apparences et à trouver la réponse à la question qui hante constamment ses pensées : qu’est-ce que la Matrice ?

Le film parvient à convaincre dans son intrigue grâce au soin qu’on pris les frères à donner au film une dimension mythologique.
Une emphase religieuse tout d’abord avec cette histoire de prophétie délivrée par un Oracle que seuls suivent une poignée de croyants prés à se sacrifier pour un sauveur, appelé l’élu (Neo est l’anagramme de One, « l ’élu » en anglais). Face aux bons, les méchants : Cypher (Lucifer n’est pas loin) et le cultissime Agent Smith (Hugo Weaving, délectable de froideur avec son « Mr Anderson »).

L’élu renait, hallelujah

On y trouve aussi le schéma ultra classique du conte initiatique. Un jeune homme banal (« pourquoi moi ? je ne suis personne » dira-t- il) qui a travers les épreuves et l’acceptation du prix à payer, transcendera sa condition d’homme pour devenir un héros. D’ailleurs les références à des contes classiques sont légions : Alice au pays des merveilles (suivre le lapin blanc, ingérer quelque chose pour changer de dimension, l’image du miroir traversé), ou encore Le magicien d’Oz Accroches toi car tu vas partir du Kanzas » en V.O remplacé par une reference à Alice aux pays des merveilles en V.F). C’est ça aussi qui est fascinant dans Matrix. Sa capacité à faire naître à partir de mythes préexistants un nouvel univers cohérent.

Manges moi, bois moi. Néo aux portes du pays des merveilles

Du fait de ces multiples références, Matrix n’est pas forcément original . Sur le thème de l’homme connecté à une machine qui rêve sa vie virtuel, ou dépend des machines on pourra citer Existenz de Cronenberg , Dark City de Proyas ou Passé virtuel, trop peu connu, de Josef Rusnak, tous sortis entre 1998 et 1999, année de Matrix. Ces derniers ont un fond plus épais que Matrix, offrant d’avantage une réflexion sur nos vies que le film des Wachowskis qui lui se limite à installer des personnages archétypaux sur un mode mythologique mais qui n’est que surface. On aura droit tout de même à une réflexion intéressante concentrée dans le monologue de l’agent Smith qui de manière imparable démontre que l’humain n’est pas un mammifère mais un virus.
Le film au fond se limite à l’action pure et aux prouesses visuelles.
C’est d’ailleurs à cela qu’il doit son succès par rapport aux films précités. Matrix de sa première à sa dernière image scotche car il offre des images jamais vues auparavant.

La scéne culte du lobby, preuve de la domination de l’action et du visuel dans le film

De la vision glaçante de machines qui cultivent des champs d’êtres humains, en passant par l’univers à la réalité distordue de la matrice, jusqu’ aux hyper ralentis qui altèrent la perception de l’espace et du temps, ce film est une baffe visuelle discontinue de 120 minutes.

Vision de cauchemar. Un film bourré d’images marquantes

On ne soulignera jamais à quelle point le désormais mythique Bullet time qu’ils mirent 2 ans à mettre au point, et directement inspiré des mangas, fut un choc . Repris dans moultes films et même parodié, ces moments où l’action se fige et où l’on tourne autour des personnages défient littéralement toute les lois de temps, démontage et de cadrage jusque là utilisées au cinéma. Matrix c’est au fond l’avènement du jeu vidéo dans le cinéma.

La technique derrière le rêve

Mettre autant en avant l’action necessite par conséquent des combats d’une perfection irréprochable. Et là c’est Yuen Wo Ping, réalisateur de Fist of legend et ancien cascadeur pour les Shaw brothers (maîtres du film de kung fu en asie) qu’ils engage pour régler les chorégraphies de combats. Et ça se voit ! Rarement on aura vu aussi beaux combats, aussi bien filmés De l’action chorégraphiée au millimètre, avec une qualité d’exécution bluffante.

Une séance d’entraînement inoubliable

Malgré le choc que fut le film à sa sortie , le film brille donc plus pour ses qualités visuelles que pour le discours assez superficiel qu’il tient . Un déséquilibre qui sera à l’origine de la mondre qualité des deux suites, Matrix reloaded et Matrix Revolutions qui fautes de profondeur dans le premier film ne peuvent puiser dedans et se  reposent  sur le visuel. Reste que Matrix premier du nom tiens tant en haleine du début à la fin par ses prouesses visuelles qu’il demeure efficace même une décennie plus tard.

Matrix un film de Larry Wachowski, Andy Wachowski
Avec 
Keanu Reeves, Laurence Fishburne, Carrie-Anne Moss

Pr Wicked

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