Commando – Schwarzenegger et la réalité

Souvent considéré comme une série B moyenne qui prône le culte du corps de Schwarzenegger sur un scénario faiblard, Commando mérite d’être réhabilité. C’est en effet la toute première incursion de Schwarzenegger dans un rôle d’humain « traditionnel ». Mieux encore, son ton delibéremment humoristique, ses « one liners » chocs (petites vannes graves décontractés), et ses scènes d’actions improbables posent la base de bons nombre des films d’action de la décennie 80 et 90. Attention, gros plaisir coupable !

Synopsis : Après avoir mené de nombreuses missions périlleuses, le colonel John Matrix, un ancien combattant d’élite, coule des jours heureux avec sa fille Jenny, âgée de 12 ans. Mais le général Arius, dictateur déchu, fait kidnapper celle-ci et charge Matrix d’assassiner l’actuel Président du Valverde. Si il n’exécute pas ce contrat sa fille périra. Ce qui n’est pas dans les plans de notre héros…

En à peine 4 films, Arnold Schwarzenegger, « l’homme le plus fort du monde » , acquis une gloire mondiale en offrant son impressionnante plastique à des rôles de surhommes chez des réalisateurs doués.

Arnold, ou le corps mythique

Tout d’abord avec Conan le Barbare (1982) réalisé par John Milius, puis Conan le destructeur (1984) de Richard Fleischer, Terminator (1984) de james Cameron, et Kalidor (1985) toujours de Fleischer . Quatre films coupés de la réalité dans laquelle les réalisateurs ne conçoivent pas d’ intégrer une stature aussi colossale que celle de Schwarzy.

La manière de faire jouer au colosse autre chose qu’un robot monstrueux, ou un barbare d’heroïc Fantasy viendra de Mark L. Lester. Son idée : jouer la carte du second degré et de l’humour. Car ne nous voilons pas la face des gars comme ça dans la réalité, ça n’existe pas. Alors autant y aller à fond dans l’improbabilité. Schwarzy sera John Matrix, plus qu’un ancien commando, un surhomme.Et un surhomme dans le vrai monde, ça donne lieu à bien des situations cocasses. Lester s’amuse comme un petit fou avec son superman réel et fait de son film une bande dessinée d’action second degré.
Première scène, premier rire : Matrix va couper du bois en forêt…enfin du bois, un tronc d’arbre plutôt. Et quoi de plus normal que de ramener le tronc entier sur son épaule ? C’est vrai quoi aprés tout !

Quoi ? Vous n’avez jamais vu quelqu’un porter un tronc ou quoi ?

Cette scène est le symbolique de la manière dont Lester va jouer avec Schwarzenegger. Matrix en bon Superman fait tout un cran au dessus de la normalité. Pour se cacher dans une voiture, il en arrache le siège plutôt que de se mettre sur la banquette arrière. Pour déloger quelqu’un d’une cabine téléphonique, il n’ouvre pas la porte il arrache la cabine entière et la retourne. Un comique de situation hyper efficace et voulu pour faire de Commando plus un comics qu’un film. Un comics où le gentil est vraiment très gentil (il faut le voir hurler de rire quand sa fille lui met de la glace sur le nez), face à des méchants super méchants, qui vont regretter amerement d’avoir provoqué le gentil.

Poussant l’amusement jusqu’au bout, Mark L. Lester bourre son film de one liners désormais cultes, ces répliques qui prisent au remier degré sont ridicules, ais tellement drôles quand on sait que le film est juste une grand récréation. Un florilége s’impose :
Matrix : Tu te souviens Sully j’t’ais promis que je te tuerais le dernier.
Sully : C’est vrai Matrix c’est ce que t’as dit.
Matrix : J’t’ai menti.

Sully : Aaaaaahhhh.(splotch, mort douloureuse)
Suivi de : Qu’est ce que vous avez fait de Sully ?
Matrix : J’l’ai laissé tombé.
et notre préféré : Matrix : Crache ta vapeur sale pourriture ! (en anglais « let off some steam », qui signifie « détend toi ». Dire ça à un mec qui est empalé c’est plutôt drôle !)
Des comme ça il y en a des dizaines toutes à se bidonner tant c’est énorme.

Let off some steam ! u l’art de la vanne après le massacre

En guise de moreau de bravoure, le réalisateur décidément très en forme choisit de mettre en scène un sommet de l’improbabilité cinématographique d’action qui reste encore inégalé sauf dans des parodies comme Hot shots 2. Les 20 dernières minutes accumulent en effet la série la plus ridicule de morts à la chaine, infligé par un héros qui regarde à peine où il tire et dégomme tout, tandis que ces idiots de méchants font rien qu’à louper leur cible ! C’est idiot un méchant tout de même ! Et Matrix de déclarer aux renforts qui arrivent un peu tard, après s’être farci une armée à lui tout seul,  » Je ne vous ai laissé que des morts ! » Cassés  qu’ils sont les mecs !.

« Des bêrets verts, j’en mange deux tout les matins. Et là j’ai trés faim! » J. Matrix

Avec son Commando, Lester réalise un pur film d’entertainment assumé, un laisir coupable indéniable. Il offre aussi à Schwarzy l’occasion de jouer dans la réalité tout en s’adaptant à sa musculature avec l’astuce efficace de jouer sur le décalage qu’implique ce corps extraordinaire dans un monde ordinaire . Un parti pris si malin qu’il en est marque de fabrique de la filmographie de Schwarzy. Chaque futur film de Arnold Schwarzenneger se jouant dans la réalité sera traité sur mode comique ( Double détente, Jumeaux,Junior, un flic à la Maternelle, True Lies, Last action Hero, L’effaceur, Expendables 2), alors que les flms hors de cette réalité ourront eux être traité sérieusement (Predator, Running man,Total recall, Terminator 2,La fin des temps, A l’aube du 6éme jour).
Sorry Arnold, you’re just to big for the real world !

Commando un film de Mark L. Lester avec Arnold Schwarzenegger, Rae Dawn Chong, Dan Hedaya

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