Predator – Ennemi d’état

La science fiction est le genre qui de manière quasiment invariable traite en sous texte des malaises politiques de l’époque où il à été réalisé. Un biais détourné d’aborder des sujet qui sous couvert de fantaisie ne sont que des métaphores de sujets d’actualités. Predator ne déroge pas à la règle. Dés ce second film de sa carrière, John Mac Tiernan (Piège de Cristal) y fait montre de sa maitrise inouïe de l’espace, tout en évoquant les conflits militaires passés et présent des États Unis. Du grand art, dans un chef d’œuvre de la science fiction.

Synopsis : Parti à la recherche d’une équipe de conseillers militaires américains dans la forêt équatorienne, un commando de mercenaires dirigé par Dutch Schaefer est attaqué par un ennemi invisible et indestructible.

Predator parle en fait principalement des conflits armés américains en général, et plus particulièrement du Vietnam. Des hélicoptères, une musique rock 60’s, des militaires ultra virils, sur-musclés, tout y est . Une mission de sauvetage qui se déroule dans une jungle indéterminée, dans un pays dont on ne saura jamais le nom.

De cette manière, Mc Tiernan fait de son terrain de jeu une jungle universelle. Une manière futée de parler du Vietnam sans en prononcer le nom. Pourtant, tout les signes sont là.
Le predator n’est rien d’autre que le symbole du viet-cong, ces Guerilleros Vietnamiens qui ridiculisérent une Amérique si sûre d’elle avec toute sa technologie, grace à leur connaissance de leur jungle. Une déculottée mémorable preuve de l’echec de la technologie face à un ennemi quasi nvisible grace à sa maitrise du terrain.
Or invisible, le predator l’est littéralement. Quelle coïncidence non ? Et comme lors du conflit vietnamien, les armes ne fonctionnent pas. La preuve avec cette scène où tous les militaires canardent à l’aveugle à n’en plus finir un ennemi qu’ils ne voient pas, et qui leur échappe.

L’ennemi invisible qui maîtrise la jungle. Predator, ou le symbole des Viets congs

Évocation du Vietnam toujours, l’éclaireur est un indien, doté d’un sens du pistage aiguisé, qui fait écho à ses congénères utilisés dans tout les conflits armés américains, de la conquête de l’ouest, jusqu’au Vietnam, en passant par la guerre de sécession. La langue Navajo elle même était  utilisée comme code secret pour communiquer .

Billy l’éclaireur indien, un classique de l’utilisation des indiens par l’armée américaine

La raison  de la présence de l’équipe de Dutch (Schwarzenegger) rappelle elle aussi le conflit Vietnamien. Cette guerre où la jeunesse américaine s’est faite envoyée se faire massacrer sans que le gouvernement ne leur dise véritablement pourquoi. Ici, les hommes de Dutch sont envoyés pour une mission de sauvetage et prennent d’assaut une base avec succès. Au final ils se rendent comptent qu’on leur a menti pour qu’ils mènent une attaque sans le savoir car ils sont efficaces mais trop intégres , d’où le mensonge. Et zou, encore hello to Vietnam !

Pour se sortir des griffes de ce guerrier parfait qui connait si bien son terrain, il faudra abandonné la technologie. laisser tomber les flingues, les lances flammes, les grenades. Comme le disait James Cameron quand il parlait de son Aliens, le retour (1986):« je voulais montrer que comme au vietnam, la technologie ne marche pas ».
Même discours un an plus tard en 1987 donc, chez Mac Tiernan. Pour gagner il faut régresser à l’état animal. devenir une bête face à la bête, et abandonner ses armes. Dutch sortira victorieux de sa confrontation avec le Predator car il est le seul à l’avoir compris. Il troque son artillerie contre un arc fait main, un piège de son invention, et hurle à la lune un flambeau à la main pour appeler son ennemi dans une confrontation finale. L’homme est redevenue bête. Face à cette nouvelle stratégie, c’est le predator qui se met à son tour à tirer à l’aveugle, trahi par sa technologie basée sur la vision thermique. Et les rôles, sont inversés du fait que le predator à alors l’ascendant technologique.

Abandonnant ses armes au profit d’un arc, enduit de boue, l’homme qui survit au predator, au viet cong, est celui qui apprend à maîtriser la jungle, plutôt que la technologie

Mais Predator ce n’est pas uniquement un discours sur le Vietnam. Car le predator , en plus d’être un vietcong, est aussi un fanatique. Un terroriste obnubilé par la chasse à l’homme, sans raison, pour le sport. Tout est dit dans la toute dernière scène où la bête dans un rire de dément très humain, qui contraste avec ses grognements habituels, lance un compte à rebours pour se faire sauter, à la mode nucléaire. Un tueur, pêt à mourir pour achever sa victime, ça fait tout de même trop terroriste kamikaze pour que cela soit une coïncidence, surtout en 1987, à l’époque de la montée du terrorisme du moyen orient envers l’occident. On pense aussi très fort au kamikaze japonais de la seconde guerre mondiale, sentiment renforcé par l’image de ce champignon nucléaire.

En Predator, ça veut dire : 5,4,3,2,1 yark yark yark, je vais te sauter à la gueule !

Évidemment, tout Predator n’est pas que discours politique masqué. C’est aussi une merveille de science fiction et de suspens que Mac Tiernan gère à merveille. Il entame le glissement très lentement et parfaitement maitrisé de son film de l’action militaire vers la science fiction. Pour cela il décide pendant les 3/4 du film de montrer le moins possible sa créature. car comme Jacques Tourneur avec La féline, ou La malédiction des hommes chats, en son temps, Mc Tiernan sait bien que ce qu’on cache est plus effrayant que ce que l’on montre. Une main, un pied, une vision subjective, ou encore une silhouette invisible, le predator ne se dévoile que par petite touches, rendant la peur omniprésente du fait de son invisibilité.

vision thermique subjective. On voit ce que le Predator, voit, mais il faudra patienter pour le voir lui.

Quand à la mise en scène, c’est un bonheur. Déjà très à l’aise avec l’utilisation de l’espace (qui fera de Piège de cristal une autre partie de cache cache très efficace), John Mac Tiernan plonge a la verticale comme il le fera avec Mac Clane ses personnages dans la jungle. Une fois à terre, la partie de chasse sur deux niveaux s’engage, les hommes latéralement au sol, et le Predator verticalement qui utilise les arbres. La confrontation finale Dutch /Predator, se fera au sol, dans une tranchée, et le Predator péri par un piège tombé du ciel, à la vertical. Mac Tiernan est décidément très doué dans l’utilisation de son espace. Cerise sur le gâteau, les secours viennent par hélicoptère, et arrache Dutch de son enfer horizontal…à la vertical ! Aussi rapidement et simplement qu’ils l’y avait plongé avec ses hommes suspendus à des cordes.

Plongée verticale, dans un enfer horizontale, à deux niveaux : sol/arbre. Mac Tiernan et l’espace c’est du bonheur.

Pour toutes ces raisons, Predator est un sommet de la science fiction d’horreur. Une peur invisible, un discours virulent contre la politique militaire de son pays à travers tout ses conflits, saupoudré de la maitrise de l’espace hors norme de Mac Tiernan. Un classique, tout simplement intemporel du fait de son propos universel.

Predator un film de John Mac Tiernan, Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidia Carillo

Pr Wicked

Dans la même Galaxie:
Rocky 1
Piège de cristal
Commando
Aliens, le retour

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