Rambo – Frankenstein dans le miroir de l’Amérique

Rambo premier du nom souffre du même syndrome que l’autre franchise stallonienne : Rocky .Trop de suites qui ont dénaturées le message du premier film. Rambo est devenu une sorte d’adjectif à lui tout seul pour qualifier un gros bourrin neuneu bien ricain qui fait tout péter. Erreur. Car ce premier film, First Blood en V.O., est avec Predator et Voyage au bout de l’enfer, un des films qui témoigne le plus clairement du traumatisme post Vietnam d’un pays encore sous le choc. Le retour du monstre de guerre que son créateur refuse de regarder en face.

Synopsis : John Rambo est un héros du Vietnam. Après avoir remplit son devoir au front il rentre au pays, et décide de rendre visite au dernier survivant de son bataillon. Mais celui ci est mort d’un cancer. Cherchant un endroit où dîner, Rambo arrive dans une ville de province, où le sheriff réactionnaire rebuté par son apparence l’arrête pour vagabondage. Les traumatismes de Rambo se réveillent et la machine à tuer se remet en marche.

On a tendance à l’oublier, mais ce premier opus de la saga Rambo est un plaidoyer anti américain assez magistral. L’Amérique est symbolisée par des ploucs. Un patelin de bouseux réactionnaires des montagnes, qui semble vivre dans les années 50 où une coupe de cheveux longs, et une allure non conforme sont signes de menace de la tranquillité. En nous montrant les forces de l’ordre faire la sourde oreille à tout dialogue censé et refuser d’admettre ses erreurs à mesure que Rambo les met en échec, le film de Ted Kotcheff entend pointer du doigt un pays qui refuse de se regarder dans le miroir.
John Rambo est le symbole d’une période que l’oncle Sam voudrait oublier. Mais il est là, sous leur nez, Cette machine à qui l’on a appris à tuer sans poser de questions est de retour, et n’a plus d’usage au yeux de ses créateurs, qui font tout pour l’éliminer. Mais le monstre du Dr Frankenstein s’est échappé.

Un vagabond ? Non un vétéran de retour au pays

A cette police locale qui ressemble d’avantage à une milice sauvage et stupide donc est opposé le soldat, méthodique déterminé efficace. Un Terminator deux ans avant celui de James Cameron. Contrairement à ces fous de la gâchette anarchiques , lui à un code d’honneur et sait suivre des ordres. Un honneur qu’il ne retrouve nulle part dans la société américaine, où à son arrivée à l’aéroport, une populace crétine le traite de tueur d’enfants et de violeur, plutôt que de remettre son gouvernement en question. Preuve de ce mépris, l’adjoint au sheriff qui voyant les cicatrices de tortures de Rambo dit « on s’en fout de ce que c’est », tout comme le pays se moque des cicatrices psychologiques de ses Vétérans et préfère les conspuer pour se donner bonne conscience.

Remerciements pour services rendus au pays

Rambo 1 n’est décidément pas tendre avec les civils. Mais ne nous méprenons pas il y va aussi assez fort contre l’armée. Cette dernière à transformer un homme normal en une machine à tuer bourrée de traumatismes . Pire elle l’a fait sans lui expliquer pourquoi (le cultissime « c’était pas ma guerre ! ») et l’a complètement déshumanisé. Les répliques du colonel Trautman censé être le gentil qui vient secourir Rambo de Ploucville dénoncent clairement ce mépris de l’humain. « Je l’ai formé ! C’est moi qui l’ai fait, il est donc à moi ». Cerise sur le gâteau de la dénonciation de cette guerre, quand les soldats n’en reviennent pas tués, ou déshumanisés, ils sont tués par le propre napalm des Américains (voir le cancer de son ex compagnon d’armes).

Le Dr Frankenstein vient récupérer sa créature… un peu tard

La construction du film est elle aussi bougrement intéressante.. Elle se compose de trois partie : Ville (où Rambo se fait arrêté)/Forêt (où il s’enfuit et se cache)/Ville (où il revient se venger). Alors qu’au départ la ville est le terrain du Sheriff qui malmène John Rambo, puis la forêt le train de Rambo qui met en échec la police, le dernier acte lui indique clairement la supériorité du militaire sur la police. Incapable de s’adapter, la police se fait dérouiller dans les bois. Dans la ville en revanche, Rambo revient et s’est adapté, ce qui lui donne l’avantage.
Cette supériorité est d’ailleurs bien symbolisée par la lâcheté du sheriff qui se planque sur le toit de son commissariat et tire à l’aveugle, face à un Rambo armé jusqu’au dent, marchant sans peur au milieu des rues, semant la destruction.

Après la forêt, Rambo se rend maître de la ville

Ainsi donc, Rambo peut sonner comme l’antithèse de Rocky tourné 5 ans auparavant, en ce qu’il dénonce l’Amérique, alors que Rocky était le film du rêve américain. Antithèse toute relative tout de même, car Rocky dénonçait aussi, à coup de poings dans le drapeau américain porté par Appollo Creed, le combat des immigrants pour se sortir de la précarité dans un pays qui les ignore.

Rambo, First blood est donc bien plus qu’iun film d’action. C’est surtout l’histoire d’un home transformé en machine par son pays, et traqué ce dernier pour ce qu’il incarne la mauvaise conscience de ce pays. Le colonel Trautman n’est autre que Victor Frankenstein qui a créé la bête, et la société qui le traque les villageois avec leurs fourches et leur torches. La preuve, il le font sauter dans une gallérie, comme Frankenstein périssait dans un moulin incendié. Rambo ou la mauvaise conscience de l’Amérique

Rambo, First blood un film de Ted Kotcheff avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy

Pr Wicked

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