Wrong – La kafkaïenne dimension

Après son très intéressant et audacieux Rubber, l’histoire d’un pneu tueur (il fallait oser), Quentin Dupieux, Alias Dj Mr Oizo, revient cette année avec Wrong. Une douce rêverie surréaliste entre absudrité Monty pythonesque et univers barré à la Michel Gondry, traité comme un drame intense. Pas facile d’accès aux esprits rationnels, mais un énorme pied pour qui aiment se laisser embarquer dans l’inconnu. Attention, voyage lunaire.

Synopsis : Dolph a perdu son chien, Paul. Le mystérieux Master Chang pourrait en être la cause. Le détective Ronnie, la solution. Emma, la vendeuse de pizzas, serait un remède, et son jardinier, une diversion? Ou le contraire. Car Paul est parti, et Dolph a perdu la tête.

Le film commence par une image improbable. Un pompier qui, accroupi par terre au premier plan, fait sa grosse commission avec ses collègues en arrière-plan qui éteignent une voiture en feu…
Bienvenue dans la quatrième dimension, là où tout cloche. « Something’s wrong » comme on dit en anglais. Le ton est donné
Dupieux prend un malin plaisir à nous installer dans un climat surréaliste en déréglant le quotidien juste assez pour créer son univers. Un univers dans lequel il pleut à l’intérieur alors qu’il fait beau dehors. Où l’on continue d’aller au travail après son licenciement pour faire semblant de travailler et où l’on débat avec la pizzeria pour savoir pourquoi le logo montre un lapin en moto.

Encore une journée banale sous une averse au bureau

Le plus hilarant dans l’affaire c’est que ce monde incensé à finalement une logique tout à fait cohérente. Après tout c’est vrai, pourquoi choisir un lapin comme symbole de vitesse de livraison de pizza, si c’est pour le mettre sur une moto, vu que la moto va plus vite que le lapin…ce n’est pas logique ça ! Non ? Et cette théorie sur le manque énoncé par Master Chang (énorme William Fichtner à contre emploi) , elle aussi est très juste.
Dupieux reste en fait de manière très habile sur le fil entre logique et loufoquerie, donnant naissance ainsi à un film dans lequel on se laisse glisser dans une douce dimension étrange, comme dans un rêve. Pour ce faire le réalisateur utilise des procédés de mise en scène certes classique mais efficaces : Plans passés à l’envers, ralentis, étendues désertes, ou encore réveil qui affiche 7h60 .

Ma vie, mon chien , ma force, ou comment Master Chang invite à la télépathie canine. Brillant !

Wrong a tout sur le papier qui puisse faire dire :  » n’ importe quoi ce truc ! ». Mais en traitant l’enlèvement du chien de Dolph comme un terrible drame pour ce dernier, Quentin Dupieux nous tient en haleine, et nous fait aussi compatir pour Dolph, dont le monde kafkaïen s’écroule dans l’absurdité la plus totale. Sa musique 100% Mr Oizo electro planante accompagne quand à elle à merveille ce voyage dans l’irréel.

Voici donc un film à la poésie surnaturelle caché derrière des dehors d’ ovni loufoque. Perdu entre Kafka, l’humour absurde anglais, et la quatrième dimension. On en ressort comme d’un rêve cotonneux où l’on se demande si on est dans la réalité ou si le rêve continu. Peu de film ont cette drôlerie et ce non sens assumé si ce n’est ceux de Michel gondry ou terry Gilliam. En un mot : Wrong is right !

Wrong un film de Quentin Dupieux avec Jack Plotnick, Eric Judor, William Fichtner
Au cinéma le 05 septembre 2013

Pr Wicked

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