Opération Tonnerre – Gogo gadget au Bond

Quatrième incursion de Bond au cinéma, Opération Tonnerre eut la lourde tâche de succéder au quasi parfait Goldfinger. Dans ce dernier la série entamait un virage vers plus de raffinement et de sophistication à tous les niveaux, atteignant ainsi le canon absolu de la franchise Bond. Fidèle à la recette qui fit miracle depuis Dr No, les producteurs continuèrent, confiants, à monter d’un cran dans la surenchère technologique. Erreur, car avec moins de classe et d’enjeux que son prédécesseur, Opération tonnerre , s’empêtre dans un début trop long, et un excès de technologie superflue.

Synopsis : L’organisation criminelle SPECTRE détourne un avion de l’OTAN transportant deux bombes atomiques et réclame une rançon au gouvernement britannique. L’agent secret James Bond est envoyé aux Bahamas à la recherche de Domino, la soeur du commandant Derval, qui pilotait le Vulcan. Celui-ci a en fait été tué et remplacé par un sosie. 007 découvre que l’instigateur de l’opération est un dénommé Emilio Largo, un homme riche et cruel passionné par les requins.

Dés la visualisation de l’affiche on est prévenus : « look up, look down look out ! »
Les producteurs de la série des Bonds veux en mettre pleins la vue, Comme si rajouter de l’action et de la technologie était gage de qualité. Et il ne perde pas une seconde. Dans la désormais classique scène d’action pré générique, 007 pour s’échapper va utiliser un jet pack, sorte de sac à dos propulseur. Un véritable engin fonctionnel prêté par l’armée à la production. A pein arrivé à son Aston Martin suréquipée, on s’empresse de nous rappeler qu’elle à un bouclier pare balle. Attention Bond est de retour et il à du matos !

Gogo gadget au copter !

Le souci c’est que cette débauche d’équipement moderne pour l’époque n’impressionne plus de nos jours, et montre les limites de baser un film principalement sur celle ci . A ce titre la poursuite en bateau finale est un exemple parfait de surenchère mal maîtrisée. Pour donner du,peps à cette scène, les images ont été accélérées, alors qu’un montage rapide aurait suffit à construire une tension suffisante. Mais il faut faire plus vite, plus fort. Malheureusement le procédé montre cruellement ses limites 50 ans plus tard, et trahi cette intention de surenchère.

Une poursuite accéléré dans benny hill c’est marrant. Dans un Bond, c’est moche !

L’affiche le dit « Look down ! », hop mettons James sous l’eau. Il est là aussi clair que la production mise tout sur cette bataille rangée sous marine armée britannique/ Membres du SPECTRE. Ce moment bien que visuellement marquant car inhabituel est au final une scène brouillonne où l’on est assez en peinde de dire qui fait quoi. Pire, action sous marine oblige, le tout est extrêmement lent, même si soutenu par une musique épique.

Affrontement sous marin. Unique, mémorable…Mais lent et fouillis !

Contradiction suprême, alors que le film veut envoyer du lourd dans l’action et le spectaculaire, la mise en place est laborieuse et limite ennuyeuse. Bond en convalescence qui découvre un homme au visage bandé, l’échange des corps, le crash de l’avion, le vol des missiles, tout cela est bien trop fouilli, là encore, pour nous emmener dans le film.

Mais cette classe ce Sean !

Bien entendu le film n’est pas un ratage complet. Les autres ingrédients qui firent la qualité des Bonds précédents sont toujours là pour notre plus grand plaisir. Sean Connery, à mesure que les films passent continue à effacer la limite entre lui et Bond, et devient littéralement le personnage. Toujours aussi obsédé, mais bien habillé, classieux et taquin, notre écossais préféré prouve là encore qu’il était né pour être Bond.
Niveau méchant, Largo lui est en dessous de Auric Goldfinger, mais tout de même au dessus du Dr No. Un bandeau sur l’œil, ce n°2 du SPECTRE perpétue la tradition du tueur aux bonnes manières dans son repère surprotégé, et facsiné de créatures aquatiques. Après l’aquarium de Dr No, le bassin de piranha dans Bons baisers de Russie, voici la piscine avec ses requins. Une tradition du SPECTRE sans doute, qui fait elle aussi partie intégrante de la légende bondienne.

Le lienj etrange entre gout pour les poissons et l’envie de tuer… SPECTRE style

On notera aussi la présence d’une nouvelle méchante, tout aussi sexy et séduisante que ces prédécesseurs, Fionna Volpe, une femme fatale, impitoyable qui a tendance à eleminer ses partenaires sexuels après l’acte. La scène de James dansant avec elle cerné de canon au milieu d’un carnaval est un incontournable des scènes mythiques de la série, tout comme l’est le reflet d’un assaillant dans l’œil d’une partenaire de Bond. Ah ces femmes finiront par causer la perte de ce coquin de James.

Des images si belles, c’est forcément un James Bond

Au final, Opération Tonnerre parvient à maintenir difficilement la nonchalance et la verve des opus précédents, et s’en sort principalement grâce à l’incarnation impeccable de 007 par Connery, Un quatrième film qui marque le moment où l’équipement spectaculaire devint prédominant dans la franchise. Malheureusement le rythme est pataud et le fait de trop se reposer sur cette technologie qui devait alors sembler cool à l’époque, mais qui est désespérément plate aujourd’hui . Raison pour laquelle Goldfinger bien plus basé sur la classe et l’intrigue à bien mieux vieillit

Opération Tonnerre, un film de Terence Young avec Sean Connery, Claudine Auger

Pr Wicked

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