Headhunters – Le chasseur venu du froid

Headhunters du Norvégien Morten Tyldum ne fait que confirmer que l’originalité et l’audace au cinéma est à présent en Europe. Ce film entre thriller et survival trash entraîne insidieusement dans une spirale vertigineuse de violence et de peur. Entre dénonciation métaphorique de la société moderne et pur thriller, Headhunters  fort d’un humour frappé glaçé, agrippe pour vous suspendre au-dessus d’un précipice. Une petite bombe qui a raflé le prix nouveau genre et celui du Jury à cet étrange festival 2012. Et on est bien d’accord !

Synopsis : Roger Brown, un chasseur de têtes accompli, voleur de toile maître à ses heures perdues, dérobe un tableau de valeur dont l’actuel propriétaire est un ancien mercenaire. Ce dernier, postulant pour un poste dans l’entreprise de Roger avec qui il a passé un entretien, le prend en chasse pour récupérer son tableau. Pourtant quelque chose d’autre semble le motiver.

Après Millenium la Scandinavie continue de s’inspirer de ses thrillers (Headhunters est à la base un roman).
Headhunters fait parti des films qu’il est difficile à ranger dans une catégorie. Ca commence comme une critique sociale acide portant sur le milieu du management, avec son héros antipathique dont on se demande combien de temps on va le supporter. Petit, malingre, arrogant, il se décrit en voix off, comme étant bouffi d’orgueil et d’ambition car atteint d’un complexe d’infériorité. La peinture de la classe dirigeante n’est pas tendre. Car en plus d’être assez méprisable, ce cadre dynamique utilise les informations qu’il choisit ses candidats en fonction de leur possession ou non de toiles de maîtres qu’il ira ensuite dérobé pour les revendre et assumé son train de vie mirobolant. Une belle petite ordure en somme.

Roger Brown, petit roi en sursis

La première grande réussite de Headhunters est de parvenir à renverser la vapeur sournoisement à mesure que le chasseur de tête se rend compte qu’il à pigeonné un ancien assassin à la solde de l’armée. C’est à ce moment où son univers d’apparence et de mensonges se referme sur lui que l’on s’attache à lui, contraint de respecter cette rage de survivre. Lui qui définissait les relations sociales comme un jeu d’échec, se retrouve de Roi à pion, traqué comme une bête. Forcé d’abandonner tout signe d’humanité et de détruire sa si chère « réputation », son mot favori, l’homme ultra sophistiqué se retrouve forcé de régresser à l’état animal pour rester en vie.

L’homme qu’ il ne fallait pas arnaquer

On le disait en début d’article, Headhunters n’appartient à aucune catégories précise, et alors que la chasse commence, le film parvient à nous faire passer sans qu’on s’en aperçoive de la critique sociale au thriller à suspens, et à mesure que les nombreux rebondissements s’accumulent, à une traque sans pitié quasi surréaliste et particulièrement trash .
De carambolage mortel, en planque dans une fosse septique, Roger Brown suit en fin de compte un parcours initiatique qui l’obligera à faire face à ses propres limites et à s’adapter aux règles du nouveau maitre du jeu qui le traque. Son seul salut possible réside comme toute proie qui veut s’en sortir, à penser comme son chasseur et à en devenir un miroir, un tueur lui même.

Changement de carrière, question de survie

Headhunters ne prend pas de pincette et laisse parfois perplexe tant il n’hésite pas à aller au bout de ses idées. Mais ce parallèle chasseur de tête d’entreprise/tueur professionnel est si futé et la réalisation si haletante, que cette course à la survie  débouche non seulement sur un film oppressant, mais aussi complètement dingue et  prenant, plein d’humour nordique en prime. On n’est pas loin du Duel de Spielberg et de sa poursuite insensée (même reprise du camion) le coté trash , la critique sociale et l’humour des fréres Coen du début en plus (Sang pour sang). Morten Tyldum est un réalisateur dont on entendra reparler c’est certain . La preuve ? Un remake américain est déjà sur les rails. Comme ce fut le cas pour Millenium. Prochainement au cinéma.

Headhunters un film de Morten Tyldum avec Aksel Hennie, Synnøve Macody Lund.
Prochainement dans les salles

Pr Wicked

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