Savages – Le faux retour gagnant d’Oliver Stone

John Travolta, Salma Hayek, Benicio del Toro, chez Oliver Stone pour l’adaptation d’un roman sulfureux, ça fait envie.  Mais ça fait tout aussi fait peur, tant Oliver Stone depuis le début de son déclin en 2004 avec « Alexandre » semble être l’ombre de lui-même. Doté d’efficaces séquences musclées et de quelques acteurs convaincants, l’ensemble reste pourtant ultra déjà vu et très superficiel malgré son apparente provocation. Vide de toute charge politique ou d’un quelconque propos en sous texte, « Savages » n’a de sauvage que le titre et se contente d’essayer de faire de la provoc’ pour se donner l’air cool. 

Synopsis : Laguna Beach, Californie : Ben, botaniste bohème, Chon, ancien Navy Seal, et la belle O partagent tout. Ben et Chon sont à la tête d’un business de cannabis. Leur affaire marche tellement bien qu’elle attire l’attention du cartel mexicain de Baja, dirigé d’une main de fer par Elena. Face à leur proposition d’ »association », Chon est partisan de résister par la force, mais Ben préfère tout abandonner. Pour les contraindre à coopérer, le cartel kidnappe O. Elena

Mais qu’est-il arrivé à Oliver Stone depuis une dizaine d’année ? Francs-tireur d’Hollywood, cet ancien photographe du Vietnam était, fut un temps, mue par un dégout de la violence et des mensonges du gouvernement. De Platoon (1986) à JFK (1991) en passant par Wall street (1987), sans oublier Tueurs nés (1994), ou encore Né un 4 juillet (1989), Oliver Stone n’a eu de cesse de dénoncer une société qui le révoltait, et de se faire des ennemis. Mais depuis le bien moins polémique L’ enfer du dimanche (1999), et le décevant Alexandre ( 2004 ), le cinéaste nous laisse perplexe avec un cinéma convenu auquel il ne nous avait pas habitué.
Le pire exemple en est son dernier film en date Wall Street 2 (2010) où en pleine crise mondiale des banques il avait de l’or en barre pour sabrer le capitalisme comme il le fit avec le premier opus et nous livra à la place un pâle histoire de famille. Oliver Stone aurait-il complétement perdu sa révolte ?

Quand des jeunes pétait les plombs, et que la violence avait un message. « Tueurs nés », quand Oliver avait encore quelque chose à dire

Savages, malheureusement ne vient pas nous faire dire le contraire. Certes on y retrouve un punch qu’on croyait disparu depuis longtemps chez le bonhomme, et une mise en scène musclée qui n’a rien à envier à certains jeunes réalisateurs actuels, mais on cherche encore et toujours un discours frondeur .En l’occurrence Savages pourrait se résumer par « tout dans la gueule, rien dans le slip ».

Tout dans la gueule parce que le film fait tout et de manière bien trop evidente pour essayer d’être « trop cool, et sulfureux » .
Ça commence avec une promo ( bande annonce et affiches) qui crie haut et fort ce que veut être le film : « SULFUREUX » (c’est marqué en majuscule, comprenez : « attention va y avoir du cul !! »). Niveau soufre, on en est pour nos frais. C’est une histoire de coucherie à trois qui est la caution hot du film. Une potiche agaçante (Blake Lively) , un babos expert en botanique et physique (Aaron Taylor-Johnson , en bermuda et tong) et un grand nerveux (Taylor Kitsch , le décidément bien nommé). Ils font ça dans le bain sur le lit, dans la cuisine, a tour de rôle, bref l’amour libre quoi. Là on en a, mon vieux, du sulfureux ! Vous rendez vous compte ! Elle partage deux mecs la coquine! Houuu ! Filmons-les en train de faire des cochonneries, ça va être sulfureux ! Oui sauf que au cinéma et à la télé, ça fait un moment que le libertinage et des corps dénudés ne choque plus personne ; et quelques mouvement de fesses dans un bain n’y changeront rien.

Donc c’est sulfureux. Ok ? Compris ?

Toujours dans le côté grande gueule, Stone traficote l’image du film en saturant à mort les couleurs (histoire de rendre l’atmosphère plus moite). Fiasco là encore, des palmiers et des trafiquant en mode images flashy on en voit depuis 5 ans à la télé et ça s’appelle Les experts Miami, et plus récemment dans NCIS Los angeles. Chou blanc donc.

Vous êtes prévenus, l’image est retravaillée. Caliente… ou pas.

Au niveau des personnages, on voit bien aussi qu’Oliver Stone à voulu grossir le trait, et à dit à Benicio del Toro (qui sauve le film, comme d’habitude) de se lâcher dans le rôle du malfrat mexicains déjanté, et à Salma Hayek d’y aller à mort dans la femme de tête menaçante. Le problème c’est qu’en face la blonde qu’ils enlève est aussi charismatique qu’une brouette à pédale, et ses deux mecs aussi intéressants que deux ados à qui ont a volé un joujou.
Et si on dit « rien dans le slip ». c’est que le film manque de cran de manière flagrante dés le début  Le film s’ouvre sur O qui dit qu’elle ne sera peut être pas vivante à la fin, et pfuiiit, les images du film se rembobinent jusqu’à la première scène. Ok paye ton effet gratuit inutile, histoire de faire destroy. Pour la fin, sans spoiler, Stone n’a juste pas le cran d’aller au bout et désamorce ce qui aurait put être une fin un peu burnée pour basculer vers une fin alternative bien plus médiocre. Comme s’il n’avait pas eu le courage de choisir sa fin. Il nous en offre deux.

.On attend la crampe et Zed d’ une minutes à l’autre

La rage incendiaire de Tueurs nés s’est évaporée, faisant place à de l’action superficielle, vide de tout message. Un rideau de fumée fait de couleurs flashy, de personnages « hauts en couleurs » et de scènes provocantes faciles qui peinent à masque qu’Oliver Stone n’a plus rien à dire. Savages n’est pas désagréable en soit, et se laissent regarder. Ca à l’odeur de True Romance, le parfum de Tueurs nés, mais absolument rien dans le froc. Le faux retour gagnant d’Oliver Stone en sommes.

Savages, un film de Oliver Stone Avec 
 Taylor Kitsch, John Travolta, Salma Hayek , Benicio Del toro

Pr Wicked

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