Indiana Jones et le dernière croisade – Mon père, ce Graal

De retour après 4 ans d’absence, notre archéologue préféré revient dans « Indiana Jones et la dernière croisade ». Un opus qui loin du climat sombre d’ « Indiana Jones et le temple maudit » renoue avec le divertissement familial et tous les ingrédients du premier film. Avec une différence de taille : la présence de James Bond. Le tandem Sean Connery / Indiana Jones permet à Spielberg de livrer le film le plus drôle de la saga en délivrant en sous texte un message amusant et touchant sur les relations pères / fils, lui qui a la famille au centre de son cinéma. Attention, ne l’appelez pas Junior !!

Synopsis : L’archéologue aventurier Indiana Jones se retrouve aux prises avec un maléfique milliardaire. Aux côtés de la la cupide Elsa et de son père, il part à la recherche du Graal

James Bond reste la référence majeure de la saga. Spielberg s’étant lancé dans l’aventure Indiana Jones par frustration de ne pas avoir tourné de James Bond. Indiana Jones et la dernière croisade est le point culminant du parallèle Jones /Bond . Si on retrouvait dans Les aventuriers de l’arche perdue une base sous-marine digne de Dr No et dans Indiana Jones et le temple maudit le smoking blanc à fleur rouge de Goldifnger , ce troisième va plus loin. Non seulement il reprend la scène des catacombes, la bolonde traitresse et la chasse en hors bord à Venise de de Bons baisers de Russie, mais le film se paie en plus le luxe d’avoir james Bond lui-même : Sean Connery. Embaucher le vrai Bond pour jouer le père du héros qui lui doit tout, voilà une idée brillantissime d’un Spielberg lucide sur son cinéma. La métaphore est ainsi complète et le film follement divertissant

 » Passer entre les deux ? mais vous êtes dingue ! » Bon baisers de Russie 2, le retour

Spielberg a pour but d’humaniser Indiana Jones et de regagner la sympathie des fans déçus par la noirceur du temple maudit. Remonter à ses origines est un excellent moyen d’arriver à ses fins. Enfin révéler le pourquoi de la phobie des serpents, l’origine du fouet, du chapeau et de sa cicatrice sont autant de clins d’œil aux spectateurs qui engendrent d’emblée une connivence. Le retour des Nazis, de l’artefact religieux, de Marcus Brody, et de Sallam et son légendaire fez, sont là aussi autant d’ingrédients des Aventuriers de l’arche perdue remis ici pour renouer avec les fans du premier film.

Naissance d’un héros

Après avoir envoyé Indy en enfer dans Le temple maudit, film plus sombre de par la volonté de Georges Lucas, Indiana Jones et la dernière croisade est donc un retour au cinéma familial si cher à Spielberg. En fait, c’est le film le plus spielbergien des 4 Indiana Jones. On y retrouve l’éternelle figure de la famille brisée ou dysfonctionnelle si chère à son cinéma. E.T., La couleur pourpre, Empire du soleil, Le monde perdu, A.I, Minority report, La guerre des mondes, etc. Spielberg ne s’est jamais remis du divorce de ses parents et cela transpire dans chacun de ses films.
A la recherche perpétuelle du père dans toute son œuvre, Spielberg fait de cette quête du graal une métaphore : celle de la recherche du père par Indy. Lui qui est habitué à exhumer le passé doit se confronter à sa plus grande peur après les serpents : son père.

« J’aurais dû l’envoyer aux Marx brothers ! » Junior se fait gronder devant les Nazis

Le parallèle Dieu/Père est frappant dans la scène finale où s’écroule dans une destruction biblique le temple du Graal. Le plafond tombe en piéces, le sol se fend en deux, mais le temps d’un instant, les bruits cessent. Cet instant où Henry Jones senior reconnait enfin son fils comme un adulte et l’appelle « Indiana ». Le chaos semble cesser autour d’eux Indy abandonne sa quête de Dieu (le graal) et embrasse sa quête du père, alors que Jones Senior, lui accepte son fils comme il est.

Indiana réalise que son Graal, c’est son père, et laisse la coupe du christ derrière lui

Ce message sur les relations père fils ne rend pas pour autant le film dramatique. Au contraire, Spielberg, aidé par l’alchimie magique entre Ford et Connery fait de ce film le plus drôle de la saga. C’est d’ailleurs précisément cette relation du baroudeur increvable tout penaud devant son papa rat de bibliotéque qui fait le sel d ’Indiana Jones et la dernière croisade. Quoique notre héros fasse, même le tirer des griffes des nazis, rien ne sera jamais assez bien pour son père. De son « Oui monsieur ! » quand son père lui fracasse un vase sur la tête jusqu’à la moquerie finale où il révèle qu’Indiana à pris son nom du chien familial, Indy restera Junior dans les yeux de son papa pour toujours. L’humour nait aussi du décalage entre la vie tranquille de Jones Senior et celle mouvementé de Junior. Voir Sean Connery outré et décontenancé que tous ces gens tente de le tuer (« Mais c’est intolérable ! ») mais complétement stoïque devant des explosions infernales et absolument délectable.

Junior s’éclate, papa moins. Drôlissime

Indiana Jones et la dernière croisade renoue donc avec le côté lumineux entièrement, dédié à l’aventure du premier film, tout aussi dôle voir même d’avantage et ce grâce à un sous texte touchant sur l’éternel conflit père/fils. Quand James Bond se retrouve face à Indiana Jones, le cinéphile boit du petit lait pendant 2h d’amusement ininterrompu mâtiné de ce qu’il faut d’émotion et de surnaturel et qui se termine sur nos héros chevauchant dans le soleil couchant. Conclusion parfaite d’une trilogie inimitable. Dénaturé par le 4 malheureusement.

Indiana Jones et la dernière croisade un film de Steven Spielberg, avec Harrison Ford, Sean Connery,

Pr Wicked

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