Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal – Quand Lucas saborde Spielberg

21 ans séparent « Indiana Jones et la dernière croisade » d’ « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal ». Une période pendant laquelle Steven Spielberg à perpétuellement réinventé son cinéma, tandis que Georges Lucas se complaisait à se promener dans son musée Star Wars. Fatalement, quand Spielberg reconfie le script d’un indiana Jones à Lucas, lui qui n’a rien imaginé d’original depuis Willow , et bidouille ses anciens films en boucle, c’est une catastrophe. Lucas est comme Marcus Brody : il se perd dans son musée indiana jones, et nous endort au passage

Synopsis : 1957, Indy et son copain Mac viennent tout juste d’échapper à une bande d’agents soviétiques à la recherche d’une mystérieuse relique. Ses récentes activités l’ont rendu suspect aux yeux du gouvernement américain et le doyen se voit contraint de le licencier. A la sortie de la ville, Indiana fait la connaissance d’un jeune motard rebelle, Mutt, qui lui fait une proposition inattendue. En échange de son aide, il le mettra sur la piste du Crâne de Cristal d’Akator, relique mystérieuse qui suscite depuis des siècles autant de fascination que de craintes

La recette gagnante qui fait l’efficacité des trois premiers Indiana Jones est toujours la même : des références à James Bond et au cinéma classique Hollywoodien, de l’action ininterrompue à en donner le tournis, et beaucoup d’humour.
Or la grosse erreur que fait Lucas dans le scénario d’ Indiana Jones et le crâne de cristal, c’est qu’il prend la trilogie originelle elle-même comme point de référence, ce qui aboutit non pas à la création d’un univers d’aventure classique comme dans les films précédents, mais à un festival d’autocitations paresseuses. Ça commence avec l’entrepôt où est stockée l’arche d’alliance des Aventuriers de l’arche perdue. Arche que l’on nous montrera même façon clin d’œil appuyé genre « z’avez vu ? » au cas où on n’ai pas reconnu l’alignement de caisse qui fermait le premier film.

5 minutes de passées, et l’autocitation commence. On est parti pour 2 heures !

Ca continu avec le retour de Marion Ravenwood, première Indy Girl, écartée des deux suites pour ne pas refaire des films qui se ressemblent. On ne s’arrête pas là, Lucas nous met dans le même film une poursuite en moto (Indiana Jones et la dernière croisade) et une poursuite en camion de l’armée (L’arche perdue) qui finira même dans…des chutes d’eaux ! (Indiana Jones et le temple maudit).

Vous inquiétez pas les amis, avec Demi-Lune je l’ai déjà fait, ça ira !

Comme si cela ne suffisait pas le final est l’exact copie de celle des Aventuriers de l’arche perdue où la vilaine militaire fascinée de paranormal et de connaissance universelle à des faisceaux qui qui la consument. Preuve que Lucas voulait non pas faire une suite mais un hommage :il avait prévu la présence de Henry Jones Sr, Demi-lune, Sallah et Willie Scott au mariage d’indy avec Marion, à la fin du film. Une photo de famille plus qu’une aventure que refusèrent justement les acteurs ne voulant pas frustré le spectateur avec de simples caméos.

Et hop, une autre auto citation. Toujours aussi pratique pour lire dans le noir

Tout le film n’est pourtant pas un échec. A vrai dire la première heure qui met en place intrigue personnages et enjeux et même plutôt sympa. On est emballés par ce climat de guerre froide des années 50, où communistes ont remplacés les nazis. L’arrivée de Shia Labeouf en clone de Marlon Brando dans L’équipée sauvage est elle aussi délectable car elle nous rappelle qu’Indy lui descend de Bogart dans le Trésor de la sierra madre. Deux fils de rebelles cinématographiques. La poursuite infernale en moto à la clé même si pompée sur La dernière croisade est vraiment réussie et amusante.

Quelques moments réussis, mais toujours dans la citation

Le problème c’est que ces nouvelles idées tournent à vide. Labeouf n’a aucunement les épaules pour endosser la succession de Brando contrairement à Ford qui fit un excellent successeur à Bogart. Tout comme cette volonté évidente de transférer le tandem père/fils d’ Indiana Jones et la dernière croisade vers un indy qui serait à son tour papa. Sans l’opposition de caractères et la référence à james Bond, on a là juste un tandem de cogneurs, sans la truculence du modèle d’inspiration.

Un hommage à Brando, c’est bien, les épaules pour l’assumer s’eût été mieux

Outre le fait de confondre références et auto citation stérile, Lucas oublie le second ingrédient indispensable de la trilogie : Le rythme ! Mon dieu que c’est ennuyeux. La mise en place d’une heure est certes sympathique mais si lente qu’on  a l’impression que le tandem Lucas/ Spielberg à perdu la fougue de ses vingt ans. Si c’était assumé du début à la fin, et que le vieillissement était  au centre de la thématique ça irait. Mais des scènes comme la poursuites en camion militaires, en moto ou l’explosion nucléaire prouvent qu’ils voulaient en faire un film aussi punchy que les autres .Et c’est raté tant l’intrigue patine sur place. N’oublions pas le final avec les extra-terrestres où Lucas, après avoir ouvert son film sur une voiture d’American Graffiti (son second film) nous livre un vaisseau spatial. Bonjour Star Wars, et Rencontre du troisième type.

To be or not to be an alien… On sait pas pas mais qu’est ce qu’on s’emmerde !

Le plus navrant dans l’affaire c’est qu’on en vient à se questionner sur Spielberg (pour Lucas on savait déjà que c’était foutu depuis « La menace fantôme »). Heureusement il y a peu Spielberg debarassé de Lucas et sans doute frustré de cette cata, finit par le faire seul et de manière aussi réussie que ceux des années 80 son Indy 4 : En 2011, il bouclait intelligemment la boucle en revenant à l’autre origine d’indy à part Bond : Tintin. Même poursuite en side car, même avion qui s’écrase, même tandem mal assorti, et même rythme de folie.

Voila ! CA, c’est du indiana Jones ! Pas une seconde répis , de l’aventure et de l’humour. Spielberg à toujours la pêche. C’est Lucas qui plante tout.

Avec le vieillissement de leur héros, Lucas et Spielberg tenait un sujet en or qui leur aurait permis de traiter le vieillissement d’une icône de l’aventure. Au lieu de cela, Ils nous perdent dans une myriade d’auto citations creuses, dans un film tellement mou et peu amusant comparé aux autres, qu’on se surprend à regarder notre montre. Spieleberg n’aurait jamais dû faire confiance à Lucas. Deux cinéastes qui sont la preuve qu’on peut être intelligent et se réinventer , ou feignant et pourrir dans son propre musée.

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal un film de Steven Spielberg avec Harisson Ford, Cate Blanchett, Karen Allen, John Hurt et Shia LaBeouf

Pr Wicked

dans la même Galaxie
Les aventuriers de l’arche perdue
Indiana Jones et le temple maudit
Indiana Jones et la dernière croisade
Les aventures de Tintin

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6 réflexions au sujet de « Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal – Quand Lucas saborde Spielberg »

  1. Ce que j’aime bien dans votre analyse, c’est que vous ne faites pas comme 90 % des critiques. A savoir dire : Non mais le coup du frigo n’importe quoi ! Non mais l’autre là qui fait tarzan ! Et des extra terrestres n’importe quoi. Merci (même si c’est vrai que parfois ça choque).

      • Oui tout à fait. Parce que pour moi, le coup du frigo n’est pas plus invraisemblable que de tomber d’un avion avec un bateau pneumatique. C’est ce qui fait l’esprit Indy aussi. Bon après Tarzan faut pas pousser.
        Ce que je déplore un peu aussi dans ce 4eme volet, c’est la quête elle même qui manque d’ampleur, de mythologie et d’archéologie. On est loin du 1er ou 3eme opus. Ici pas de recherches, juste un jeu de piste suivant un archéologue qui a déjà fait le boulot. Du coup tout est juste esquissé, sans qu’on s’y attache. Sur le schéma il me fait penser au Temple maudit.
        Ensuite OUAIS, Tintin est le 4eme Indy.

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