God Bless America – Kill me, I’m famous

Mais dans quel monde vit-on ? Voilà la question posée par Bob Goldthwait dans God bless America. Un titre évidemment ironique qui égratigne au passage la sacro-sainte institution catholique américaine. Télé réalité, vulgarité de bas étage, xénophobie affichée sous couvert de faire de l’humour, comment une société si pieuse en théorie semble ne plus avoir de limite dans le nivellement par le bas ? Rions donc jaune, mes amis, car vous ne serez pas épargnés non plus !

Synopsis : Frank est un type normal. Divorcé, employé de bureau, insomnies. Rien d’original. Mais lorsqu’on lui annonce qu’il a une tumeur au cerveau incurable et que le même jour il se fait licencier pour avoir été trop gentil avec une collègue, Frank péte un plomb. Las d’une Amérique déshumanisée et cruelle qui le révolte, il laisse s’exprimer toute sa rancœur contenue jusque-là. N’ayant plus rien à perdre, il prend son flingue et assassine les personnes les plus viles et stupides qui font de la société moderne un modèle de bêtise et de méchanceté. Bientôt rejoint par Roxy, lycéenne révoltée et complice des plus improbables, c’est le début d’un road trip sanglant sur les routes de la bêtise made in USA.

« A quoi bon s’appeler civilisation si on n’est pas capable d’être civilisés les uns envers les autres ! » s’énerve Frank. Dans ce monologue dénonçant la bêtise crasse d’une société qui prend plaisir à se moquer d’un attardé qui chante mal à la « nouvelle star » mais qui se donne bonne conscience en lui faisant faire un disque, Frank consterne ses collègues bas du front . Dans cette phrase, il expose son mal être de vivre dans une société où se moquer et n’avoir plus aucun respect pour rien est devenu si tendance que c’en est devenu la nouvelle norme. Si vous êtes comme nous, à ce moment-là vous rirez jaunes en repensant à vos rires devant Cindy Sanders et ses « papilons de lumière, sous les projecteuuurs » ou devant l’amour est dans le pré.

Ah qu’il est marrant ce gros qui chante mal… . Le téléspectateur moyen en prend bien pour son grade

Le film ne se limite pas à une dénonciation de la télé réalité. Il est plus une déclaration de guerre à l’incivilité. Voisins bruyants, spectateurs de cinéma qui se croient sur leur canapé, conducteur qui se gare sur deux places, bimbo de télé réalité, ou prêcheur télévisuel jouant sur la peur de l’autre. Un vrai who’s who des plaies qui pourrissent la vie des gens polis et décents. Après avoir passé sa vie à subir, comme nous, Frank lâche les chevaux. Une révolte qui trouve un écho dans celle de Roxy la jeune adolescente (forcément en révolte elle aussi) . Vivant dans une caravane avec des parents pathétiques, Frank la prend sous son aile, elle qui n’a rien à perdre non plus.

On vous a pourtant demandé d’éteindre votre portable au cinéma…

On songe rapidement à des films comme Bonnie and Clyde, Tueurs nés, et même Lolita. Mais Bob Goldthwait évite les clichés en les désamorçant d’emblée avec par exemple ce monologue énervé contre Nabokov, ce détraqué qui a rendu l’inceste « cool » avec son roman. Encore un tabou dédramatisé par cette société moderne qui le révolte. Evidemment ses opinions sont manichéennes, et  coller une balle dans le crâne à un gus, ou apprendre à une gamine à faire pareil, ne fait pas franchement de Frank un modèle. Mais le tout est enrobé d’une telle verve, de répliques si drôles et percutantes et d’une telle énergie qu’on ne peut qu’adhérer. Avouer quand même trucider des jeunes cons qui foutent le bordel dans une salle de ciné on a tous déjà été tentés ! God bless America est un doigt d’honneur, un cri (notre cri) contre une société qui starifie des analphabètes et s’étonne que ses bambins n’aient plus de respect pour leurs ainés.

Bonjour madame, votre fille est une petite pouffe et c’est votre faute.Vous êtes le maillon faible. Au revoir !

Plus que de pointer du doigt les vices de notre société, ou de porter un jugement sur celle-ci, le film pose la question au spectateur : « Où allons-nous ? ». Et non seulement il pose des questions intelligentes mais il le fait avec énormément d’humour, de tendresse le tout sur une B.O du tonnerre. Cette gamine qui part en diatribe sur Alice Cooper, dieu vivant du Rock , en réponse à un Frank qui dit que les jeunes n’ont plus de goûts musicaux, est absolument inoubliable, et indispensable. Tout comme l’est la série de retournement final où Frank se retouve face à ses propres erreurs.

Cette petite est fan d’Alice Cooper et déteste les poufs de la télé. Bref on l’aime !

Avec God bless America, l’idée de Bob Goldthwait n’est pas de dire aux spectateurs : « ne regardez pas ces programmes« , mais plutôt de faire en sorte qu’ils se demandent : « est-ce vraiment le mieux que l’on puisse faire ? » ne méritons nous pas une société plus respectueuse. Sans doute un peu donneur de leçon mais tellement percutant drôle et rafraichissant qu’on prend notre tape sur les doigts avec une délectation ultime. Ajoutez du Alice Cooper par-dessus, on fond !

God Bless America un film de Bob Goldhwait avec Joel Murray, Tara Lynne Barr, Melinda Page Hamilton
Au cinéma le 10 Octobre 2012

Pr Wicked

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